‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 48 sur 70 · CXXVII · texte numérisé non relu

CXXVII

Mo :ur,

J'eusse bien désil pouvoir servir monsieur de Pedamont' dans le désir qu'il avoit de garder sa compagnieau régimentde Picardie et le gouvernement de Lislers tout ensemble, tant par ce qu'il mérite de luy mesme qu'à VOStre considération. Mais la résolution dans laquelle Sa Majesté demeure ferme d'obliger les officiers des vicils corps d'infanterie a v servir en personne en quittant les autres employs qu'ils peuvent avoir ou bien en se démettant de leurs compagnies, sans en excepter aucun, m'en a OSté le moyen. Au contraire j'av esté oblige de luv faire COngnoistre que si entrecv et la tin de la semaine prochaine ledit -ieur de Pedamont ne se déliait de sa compagnie ou ne déclare qu'il

' Roulette, Lettres du Cardinal itafs- lettres du Cardinal M.ijjrm,

nn, t. Il, : t. III, p

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y servira et abandonne le gouvernement de Lislers. Sa Majesté y pourvoira. Il est certain, Monsieur, que si l'on n'en uze ainsy, les plus anciens cappitaines des vieux corps en estant absents a cause des autres employs qu'ils ont, ils ne se restabliront jamais.

Comme personne n'a plus d'interest que le Roy que les troupes soyent bien traictées, parce que selon l'advantage qu'elles reçoivent elles sont plus ou moins fortes, aussy Sa Majesté voudroit pouvoir donner plus que les deux monstres qui ont esté promises à la cavallerie et les trois mil livres pour les recrues de chaque compagnie, mais la nécessité présente de ses affaires ne luy permettant pas d'y rien adjouster, il faut nécessairement que les officiers et cavalliers s'en contentent. Si celles qui sont en garnison à Arras ne reçoivent que les simples ustancilles en espèces ordonnez par le règlement, je vous asseure que celles qui sont à Amiens, Abbeville, Saint-Quentin, Guyse et autres places de la frontière de Picardie n'en ont pas davantage : le traictement pour cela n'est pas plus mauvais que l'année passée, car si chaque cavallier logé dans les places advancées avoit dix sols par jour de surtaux en la précédente, aussy n'avoyent-ils qu'une monstre et cette année ils en recevront deux. Je voudrais nonobstant cela que vous puissiez de concert avec M. Le Vayer trouver quelque moyen de donner quatre sols par jour à chaque cavallier (outre le bois qui luy doibt estre fourny règlement de celuy des contributions et, lorsqu'il manquera, de celuy qui sera achepté des deniers de ladite contribution), pourveu que ces quatre sols ne vinssent pas des deniers de l'Espagne ny de ceux des habitants d'Arras qui ne sont pas en puissance de les fournir et que Sa Majesté désire maintenir dans leurs privilèges, mais par quelqu'autre voye que vous pourrez mieux juger que nous, estant sur les lieux.

Quant à l'infanterie vous sçavez qu'on a résolu de n'entretenir à la garnison que quatre cappitaines et quatre lieutenans en chaque régiment, le fondz a esté envoyé sur ce pied-là et pour le surplus des officiers des compagnies et de Testât- major ce qui leur

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est ordonné par ledit règlement est es mains du trésorier de l'exercice de la guerre, les commis duquel le peuvent advancer aux officiers supernuméraires estons dans les garnisons parce qu'estant icy ils le retireront des mains de leur maitre ou le luy compteront. Si j'eusse reçu le mémoire desdits officiers estant à Arras qui devoit estre joint à vostre despesche, j'en eusse envoyé le fonds, mais l'affaire se peut accomoder entre lesdits officier-, et les commis de l'exercice estans par delà sans aucune difficulté.

Quoy qu'on ait mandé aux officiers du régiment de Picardie de se rendre icy pour recevoir les ordres et l'argent de leurs recrues, néantmoins ils ne se sont point encore présentés; je m'en estonne veu l'advantage qu'ils auront dans les quartiers d'assemblées OU il est ordonné cinquante sols par jour a chaque cappi t. îi ne et aux autres officiers .1 proportion, depuis [e jour qu'ils y entreront jusques à ce que leurs recrues en partent.

J'ay envoyé expies le sieur Hallot à Amiens pour conduire de Ki .1 \n\is les habits, bonnets et souliers qui doibvent estre

distribue/ aux soldats, ainsy ils recevront bientost ce soulagement.

Je suis. Monsieur, VOStre très humble et très ail serviteur,

A Paris, ce premier janvier 1648.

M, de Villequier.

Monsieur,

J'ay reccu voz lettres des iiii. xi et xii* du courant, sur lesquelles je me sens obligé de VOUS dire, que ceux qui ont escrit

icy sur les courses que des troupes de la garni son de Bethune ont faites d.uis l.i chastellenie de Bailleul n'ont eu vraysemblablemenl

aucun dessein d 'offenser ny de nuire a personne en ce faisant,

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puisqu'ils n'ont nommé qui que ce soit. L'on n'a pu moins faire sur cela que de vous en donner advis, afin d'y aporter à l'advenir le remède convenable sans qu'on ayt eu pensée qui peut estre l'auteur de cette course et il seroit impossible que Sa Majesté pûst estre informée au vray de ce qui se passe si l'on avoit la liberté a un chacun de faire sçavoir ce qui vient à sa cognoissance et qu'on les descelat. Enfin je vous asseure, Monsieur, que cela ne vous regarde en aucune façon et que ceux qui ont escrit de cette affaire n'ont rien dit du tout qui vous regarde.

Comme M. de Paluau pourra avoir à faire d'autres voyages en vos quartiers, il est bien à propos, Monsieur, que vous lui mandiez le chemin que vous croyez qu'il doibt tenir pour la plus grande seureté et le soulagement de ses troupes, et mesme que vous l'aydiez de ce que vous pourrez, vous asseurant que comme la conservation de Courtray est de la dernière importance, aussy ce que vous y pourrez contribuer par ce moyen sera très agréable à Sa Majesté.

Je feray mettre es mains de M. l'evesque d'Avranche1 les ordres que vous demandez touchant le commandement dans Boulongne lorsque le sieur de Colambert en sera absent.

On travaille présentement au traicté d'eschange général des prisonniers de guerre par la conclusion duquel on trouvera moyen de faire passer la rançon du sieur Desnoyers, cappitaine au régiment de Picardie, dans le compte qui sera à faire avec les ennemis des rançons et nourritures des prisonniers de part et d'autre.

Pour ce qui est du maior dudit régiment, je scay qu'il est homme de mérite et de service, estant outre cela appuyé de vostre recommandation, je vous asseure que je luy feray tout le plaisir qu'il me sera possible.

Nous avons envoyé à Lens avec le sieur de Langre, ingénieur, douze mineurs pour travailler, avec ceux qui y sont déjà, à la

1 Roger d'Aumont.

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démolition de ladite place, le plus tost qu'il se pourra suivant ce qui vous est mandé de la part de Sa Majesté par sa despesche cy-jointe, après toutesfois avoir fait accommoder le chasteau en Testât, auquel Sa Majesté vous a fait sçavoir qu'elle desiroit qu'il fust laissé, conformément à vostre bon advis.

On a donné rendez-vous aux recrues des troupes de la garnison de Courtray à La Bassée, ou quelques-unes arriveront au premier jour el parce qu'il importe de songer de bonne heure aux expédiens de les faire passer à Courtrav en toute seurel mesure qu'elles se rendront à I .a laissée ou elles ne manqueraient pas de se ruiner si elles y séjournoient quelque temps, je vous suplie, Monsieur, de vouloir penser de faire sçavoir sur cela vostre sentiment à M. de l'aluau et de nous en donner part.

Le fond/ de vos appointeraens de lieutenant-général pour l'hyver sera tait et envoyé par delà le plus tost qu'il se poui au moins vous puis-je asseurer qu'il n'y sera pas perdu de temps de mon COSté et que je su:-. Monsieur, vostre très humble et tl ail serviteur,

I 1 i ; i U \ Paris, ce 17* janvier 1648.

M. de Villequier.

M> nisieur.

.1 .iv receu vos lettres des xiiii et xvii' du courant. L'estat de

la distribution du pain de munition aux troupes logées en

Flandres avant esté résolue en plein conseil en présence de la

Royne sur les extraits des reveues d'icelles, dans lesquelles vous

H compris les vallets des officiers, il û'esl pas

possible d'y rien changer ny leur accorder aucune augmentation.

M 1 este ne peut au- sentir qu'il en s,,it donné à la

allerie, soub/ quelque prétexte que ce soit, a cause de la conséquence.

Il sera pourveu au payement de la compagnie restante du régiment de Vandy qui est à Eterre s'il se trouve qu'elle ayt eu ordre de subsister (ce que je ne croy pas) ne me souvenant point d'en avoir expédié aucun ordre, au contraire je croy qu'elle s'est maintenue d'elle mesme et sans adveu '

Le Tellier.

Monsieur,

J'ai receu vostre lettre du 2e du courant laquelle a esté leue dans le conseil de guerre en présence de S. A. R. La pensée que vous avez de faire rassembler en un mesme lieu sur la frontière vers Doullans les recrues des troupes de la garnison de Courtray, a mesure qu'elles arriveront de se costé la, et de les faire toutes passer en mesme temps en ladite place de Courtray, avec un corps considérable de cavallerie en sorte que les ennemis ne puissent empescher leur entrée dans ladite place, a esté trouvée fort bonne, et l'on convient avec vous, Monsieur, que ce seroit la voye la plus asseurée pour esvitter qu'il ne leur arrivast quelque eschecs. Mais comme d'un aultre costé il seroit impossible d'esvitter que les nouveaux soldats, dont ces recrues sont pour la pluspart composées se desbandassent durant le secours qu'ils feroyent sur la frontière, on estime plus a propos de les faire passer à Courtray a mesure qu'elles arriveront à Arras,en prenant toutes les précautions qui se pourront pour empescher que les ennemis ne les rencontrent, et vous servant pour cet effect de vostre régiment de cavallerie, si vous jugez en avoir besoin, avec la cavallerie que vous pourrez tirer des places de l'estendue de vostre commandement, après toutefois avoir concerté la chose

1 Quatre lignes de chiffres avec cette note : « dépêche chiffrée non traduite. Le chiffre ne se rapporte pas. »

i6S LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC.

avec M. de Paluau, qui vous pourra donner la main en se mettant avec sa cavallerie en campagne pour aller à vostre rencontre, ou pour divertir les ennemis de tomber sur vous, selon que vous le concerterez tous dei M igesté envovera le sieur Danisv.

l'un des officiers de sa maison à Amiens, pour vous advenir à point nomme du jour que ces recrues arriveront à Doullans, afin que vous puissiez envoyer par advance l'escorte que vous leur destinez, et qu'elles ne soyent pas obligées d'y séjourner et ail en esvitter le depperissement. On a aprouvé la distribution que vous ave/ fait faire au régiment de Picardie des habits qui estoyent destinez pour ceux de Francieres et d Heudicourt. Je parlera? avec M. le mareschal de Rantsau de la demande que fait le sieur de Bouillon pour obliger les babitans de la châtellenie de Cassel d'aller travailler aux fortifications de La Motte aux B et vous feray -.avoir ce qui sera juge a propos de taire sur cela. I VOUS envoyé une lettre du Roy pour faire mettre dans La Ba sée les munitions de guerre qui sont à présent dans Lena |ue la place sera desmolie.

J'ay fait mettre es mains Je madame vostre femme quatre moiz de vos appointemens de lieutenant-général et lui feray toucher le fond des recrues de vostre régiment de cavallerie ou le fi

envoyer à Amiens selon que j'aprendray que vousle désirerez.

Les depputez du pays du BoÙlonnois seront très bien receus.

i puis vous asseurer qu'on ne leur auroit pas donne la peine de taire ce voyage s'il y avoit eu lieu de descharger le pays des deux monstres de vostre régiment de cavallerie. et que \ostrc considération plus tost que toutes leurs remonstrances auront fait cet ellect là. El comme il importe que cette levée se fasse au plus tostet que M de Clermont n'y peut travailler que suivant les mémoires que vous luy ferez fournir, il vous plaira. Monsieur, de les luy faire envoyer en diligence, et de croire que je suis toujours, Monsieur. VOStre très humble et tr<s ail - rviteur,

Le Texlixr.

A I s l'cbvrier II

Monsieur,

Ayant fait entendre dans le conseil ce qu'il vous a plù m'escrire par vostre dernjère lettre, que vous estes d'advis de faire passer les recrues de la garnison de Courtray par petites troupes et d'en donner la conduitte à ces meneurs de partis, autrement volontaires, parce qu'il sçavent les chemins, et la chose ayant esté bien examinée pour estre de très grande conséquence, l'on a jugé plus à propos, pour ne pas tant hazarder de recrues qui ont cousté tant d'argent et de soins, et lesquelles doibvent notablement contribuer à la conservation de Courtray et assembler toutes celles qui doibvent aller en ladite place pour les faire passer toutes à la fois, soit lorsque les ennemis se seront retirez des; places ou ils sont sur le chemin, soit en mettant ensemblr le plus grand corps de cavallerie que vous pourrez pour escorter les recrues en sorte qu'il neîleur arrive aucun eschec ; ce qu'on remet à vous, Monsieur, d'exécuter quant vous le jugerez plus à propos. Mais afin que celles qui sont desjà à Lens, et celles que y arriveront incessamment, puissent commodément subsister et se maintenir, Sa Majesté ayant fort aprouvé l'ordre que vous avez donné de, faire fournir quatre sols par jour à chaque soldat, outre le pain, je mande à monsieur Le Vayer de faire mettre es mains du commis de l'exercice de la guerre du fondz des contributions ce qu'il conviendra, tant pour remplacer ce qui a desjà esté employé à cet ettect que pour continuer cette despense, jusques à ce que lesdites Recrues partent de vos quartiers, qui sont celles des régiments de Rambures, d'Harcourt et de Paluau, et les hommes de la levée fait en Anjou par le sieur du Mont, laquelle doit estre à présent arrivée, ayant eu advis qu'elle estoit le xne du courant à Doullans, composéje] de sept

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