‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 55 sur 70 · CXI. III · texte numérisé non relu

CXI. III

Mon Cousin,

.1 av sceu que VOUS avez ordonne au régiment de mon 61s Je Valois, de camper au delà de la rivière de Somme, en attendant qu'on luv eusl envove les armes dont il a besoing pour se mettre en estât de servir. Et comme elles ne sont point encore arrivées et que s'il alloil joindre l'armée avanl que de les avoir recettes, il se dissiperait entièrement, j'ai bien voulu VOUS taire cette lettre pour vous tesmoigner que j'auray ires agréable que vous Le laissiez

encore pour quelques jours camper aux lieux ou il est et que vous donniez ordre qu'on luy fournisse le pain de munition affin qu'il puisse subsister. C'est à quoy je me prometz que vous scaurez pourvoir. Aussy devez-vous croire que je suis, Mon Cousin, vostre bien bon cousin,

Gaston.

A Paris, ce xxix» de juin i65i.

Mon Cousin,

Vous verrez par l'ordre du Roy, mon seigneur et neveu, qui vous sera présenté, comme Sa Majesté désire que le sieur Hébert1, surintendant et commissaire général des vivres, face maintenant l'entière fonction de sa charge et je vous escris cette lettre pour vous prier de la luy faire exercer dans l'armée que commandez tant conformément audit ordre qu'aux autres règlemens et arrestés qui y sont énoncez. C'est une personne qui m'est en considération et que j'affectionne, aussy vous assurerai-je que vous me ferez plaisir de luy donner en ce rencontre la satisfaction qu'il espère et que dans ceux qui s'offriront pour la vostre, je vous y tesmoigneray tousjours volontiers que je suis véritablement, Mon Cousin, vostre bien bon cousin,

Gaston.

A Paris, le 5e juillet 1 65 i .

1 Hébert, trésorier de France, surintendant et commissaire-général. (Cf. Mém. de Puységur, t. II, p. iiy).

i82 LETTRES DU ROI. DE LA REINE, ETC.

Mon Cousin,

Je ne seau roi s asses louer le zèle avec lequel vous api

dans le commandement que vous avés de Tannée. Comme il ne

se peust rien désirer en vostre bonne conduite, il ne se peust rien

adiouster aussy a l'estime que ien fais, ny à l'affection que

pour vous et ie vous prie de croire que ie vous le feray paroistre

en toutes rencontres, je n'ay point encore d'ordre particulier à

vous donner sur le contenu en vostre dernière lettre. Je vous

dira y seulement, en gênerai, qu'il est important que vous ayei

l'œil incessamment a ce qu'il ne se fasse point de caballes dans

l'armée, ny rien qui puisse préiudicier au service du Roy et me

remettant du surplus à la lettre du sieur Lelellier. ie demeure

VOStre bonne cousine,

A Paris, le xxvii' juillet i65i.

Petit cachet iT>ir en cire aux armes de la Reine ; lac soie noire.

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Mon Cousin.

I s nouvelles que m'a apporté de VOStre part le comte de I ! incey ' de la fidélité inébranlable et du zèle de toute l'armée pour le service du Roy, monsieur mon 61s, m'ont este i

ables, mais elles ne m'ont point du tout surprise tant pour la bonne opinion que iav de tous «.eux qui y commandent &

ordres que parce que ie suis tout-a-laict persuadée que les

1 Le comte de Quincé. (Cf. Lettres du Cardinal Afdfdrïn, 1. 1, p. i~i

AU MARÉCHAL D'AUMONT i83

choses iront tousiours fort bien ou vous aurez la première authorité. Comme cette action de l'armée est de grand esclat et de la dernière conséquence en ces conjonctures cy, je ne puis ce me semble vous tesmoigner assez combien ie vous suis obligée des senti mens que vous inspirez par vostre exemple à tout ce grand corps que vous commandez. Aussy me contenteray-ie de vous asseurer que ien conserve en mon cœur tout le ressentiment possible, et que le Roy monsieur mon fils et moy, recognoistrons particulièrement ce service par des marques solides de nostre estime et bonne volonté. Je me remets pour le surplus à la depesche du sieur de Brienne et à la vive voix dudit comte, vous priant de me croire tousiours vostre bonne cousine,

Anne.

A Paris, le premier jour d'aoust 1 65 1 .

Publiée par M. G. Saige dans l'appendice du tome II de l'Histoire des Guerres civiles de Dubuisson-Aubenay, i885, in-8", p. 359.

Mon Cousin,

Les services considérables que le sieur chevalier des Cartz1 me rend journellement dans toutes les occasions qui se présentent m'obligent de m'intéresser si passionnément en tout ce qui le touche que je n'ay pas plus tost sceu qu'il a esté pris par les ennemis que j'ay bien voulu vous faire la présente pour vous prier d'employer vos soings et vostre crédit pour le faire sortir par eschange et d'agir en telle sorte qu'il puisse retourner en diligence servir dans mon régiment de cavalerie. Je vous conjure si vous avez besoing de quelques ordres pour cet effect de m'en

1 Annetd'Escars, seigneur delà Mothe, Il devint lieutenant général et gouverd'Aucanville, Saint-Cézert et autres lieux. neur de Honrleur.

LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC

informer et de croire que je ne souhaite rien davantage que de vous faire paroistre que je suis, Mon Cousin, vostre bien bon cousin,

Gaston.

De Paris, ce vi' de septembre i65i.

Adresse :

A Mon Cousin,

icur le Maieschal Daumont, lieutenant gênerai de l'armée de Flandres.

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