‹ Correspondance du cardinal Mazarin avec le maréchal d'AumontChapitre 56 sur 70 · CXI. VIII · texte numérisé non relu

CXI. VIII

Mon Cousin,

\ tre zèle singulier a mon service est fondé sur de-; preuves trop asseurées que vous en avés faut paroistre pour laisser le moindre lieu d'en doubler, aussy la continuation que VOUS m'en faictes au suject de ma majorité n'adiouste rien à l'opinion que j'av tousiours eu de VOStre fidélité, non plus que de celle des officiers de mon armée que vous commande/ dont ils ont chargé le sieur de Puységur ' de me donner des nouvelles asseun vous pouvés taire estât en vostre particulier, et les ;i^curcr de ma part que je ne perdray jamais d'occasion de VOUS donner des marques de l'estime et considération que je fais de \o>ire personne, et de la bonne volonté que je tesmoingneray auzditZ officiers, d<mt je suis persuadé que si l'atfcction pouvoit s'augmenter, ce serait a vostre exemple. Sache/ que ces sentiments partent d'un Roy et d'un maistre qui sçaura taire une distinction

1 Jacques de C.hnMenet de Puységur, m de /' .. iir, t 11, |

seigneur de Busancy, Bernoville, etc., — Puységur donne le teste de la lettre mcMre de camp du Régiment de Piémont, que le Roi lui a écrite i sep-

puis i. . auteur des me- letnbre il

moires souvent cites dans ces noies.

AU MARÉCHAL D'AUMONT i85

véritable des services qui luy seront rendus et les récompenser aux occasions qui s'en offriront ainsy qu'ils le pourront mériter. C'est ce que je vous diray par cette lettre priant Dieu qu'il vous ayt, Mon Cousin, en sa sainte et digne garde,

Escrit à Paris ce 18 septembre 1 65 1 .

Louis.

Adresse :

A Mon Cousin,

Mon Cousin le Mareschal Daumont, mon lieutenant gênerai en mes armées de Flandres.

Cachet royal rouge; lac de soie blanche.

Mon Cousin,

Je n'ay pas plus tost eu advis des bruitz qui courent du desseing qu'ont les ennemis de venir prendre leurs quartiers d'hiver sur les frontières du Royaume et que pour vous y opposer vous avez faict rassembler les trouppes de vostre armée, que j'ay commandé aux chefs et officiers tant de mon Régiment de cava ■ lerie que de celuy de mon fils le duc de Valois de se rendre en toute diligence près de vous pour y continuer leur service. Mais comme, si cette nouvelle n'est pas véritable, il est important que lesdits régimens aillent dans les garnisons qui leur sont destinées, j'ay bien voulu vous faire cette lettre pour vous prier de leur donner les ordres qui seront nécessaires pour s'y acheminer sans aucune perte de temps conformément à ceux qu'ils ont receus du Roy mon seigneur et neveu. C'est ce que je me promets que vous sçaurez bien considérer et que vous me donnerez

186 LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC

en cette rencontre les preuves d'affection qu'attend de vous, Mon

Cousin, vostre bien bon cousin,

Gaston.

De Paris, ce xiii« de décembre 1 6 5 1 .

A Mon Cousin le Mareschal d'Aumont.

Mon Oncle et mon Cousin,

Ayant advis que les ennemis sont entrez dans mon Royaume et voulant ne rien obmettre pour les empescher de s'v advancer. Je mande au sieur de Vaubecourt' en cas qu'il ne vous ayt pas joinct avec les trouppes qui sont soubz sa charge, de partir du lieu ou mes ordres luy seront rendus et de marcher droict avec toutes lesdites trouppes a Montereau-faut- Yonne * OU il recevra mes ordres de ce qu'il aura à taire et, en cas qu'il soit avec vous, je luy ordonne de faire ce que vous luy commanderez pour mon service. Ce que j'ay bien voulu vous faire sçavoir par cette lettre et vous dire que vous ayez à marcher avec toutes les trouppes que vous commandez, mesmes le corps qui sera soubz la charge dudit sieur de Vaubecourt, pour suivre les ennemis jusques à la rivière de Vane3 et les incommoder le plus que vous pourrez.

Que si les ennemis passent ladite rivière de Vane et que vous ne les en puissiez empescher mon intention est que vous destassiez le corps commandé par ledit sieur de Vaubecourt et que vous lui ordonniez de le faire marcher en diligence à Mnntereaufaut- Yonne ou il recevra mes ordres de ce qu'il aura a taire, luy

1 NicoUl de Neltancourt. comte de • M >ntercau-faut-Yonne, au confluent

Vaubecourt, maréchal de camp depuis de la Seine et de l'Yonne, à vingt kilo-

1641, fait lieutenant général en 16S1 metres est-sud est de Fontainebleau.

[Lettres du Cardinal Matarin, t. III, «La Vanne, affluent de droite de

t. V, pp. 5oi, etc.) l'Yonne, qui coule entre Troyes et Sens.

ordonnant de prendre soigneusement garde à la seuretté de sa marche en sorte que les ennemis ne puissent prendre aucun advantage sur luy.

Que, quant à vous, vous ayez a demeurer au delà de la rivière de Vane avec toutes les trouppes que vous avez assembléez en Picardie et Soissonnois, soit que ledit sieur de Vaubecourt vous ayt joinct ou non, pour observer la marche des ennemis, et lorsque vous verrez qu'ils se seront esloingnez vous retourniez en Picardie pour pourveoir à la seuretté de ma frontière et faire ce que vous estimerez plus advantageux pour mon service. Et la présente n'estant pour autre fin, je prie Dieu qu'il vous ayt, Mon Oncle et Mon Cousin, en sa sainte garde,

Louis.

Le Tellier.

Escrit à Saumur, le xxix" de febvrier i652.

Adresse :

A Mon Oncle,

Monsieur le duc d'Elbceuf, pair de France et mon cousin le sieur Daumont, mareschal de France, mes lieutenants généraux en mes armées de Flandres.

Mon Oncle et mon Cousin,

Ayant advis certain que les Espagnols ont résolu de ne s'engager à aucune entreprise jusques à ce que le Prince de Condé leur fasse sçavoir qu'il n'a pas besoin d'estre assisté par eux de plus grandes forces que des deux mille chevaux qu'ils luy ont promis de destacher de leur armée, ainsy que je vous l'ay faict sçavoir, pour les faire entrer dans le Royaume avec quelques

188 LETTRES DU ROI, DE LA RKINE, ETC

Régiments de cavallerie de nouvelle levée que ledit Prince de Condé a faict mettre sur pied en Lièges lesquelz il doiht taire joindre a ladite cavallerie des Espagnols, J'ay bien voullu vous donner part de ce que j'apprends au vray du dessein des ennemis et vous dire que vous ayez a observer ce qu'ilz feront vers la Picardie et qu'en cas que leur armée marche pour entrer dans le Royaume, vous joingniez ensemble toutes les forces que vous pourrez assembler, que mesmes vous tiriez tous les f m-

mandez que vous pourrez des places don les Espagnol^ s'esloingneront et vous fassiez assister de la noblesse et des communes du pays pour leur faire tout l'obstacle et les dommages que vous pourrez.

Et qu'en attendant que VOUS voyiez de quel costé les ennemis tourneront avec leur armée, vous, mon oncle le duc d'Elbeuf, vous employrez pour empescher l'entrée desdits deux mille chevaux dans le Royaume avec les trouppes que vous aurez tirées du Soissonnois, la noblesse et les communes et vous, mon cousin le maréchal Daumont. a faire ce qui sera nécessaire pour

urer les places du COSté de la mer suivant la despesche que je vous av adressée du vu' du présent mois à laquelle je me remets de ce que je pourrois vous dire sur ce subjeci. ainsy qu'à vostre prudence de tout ce que je pourrois vous prescrire sur une conjoncture de cette conséquence, dans laquelle la conservation de la province et l'empeschement de l'entrée des forces des Espagnols dans le Royaume dépendent principalement de VOStre vigilance, soin et pouvoir. Et me tenant très asseuré que VOUS n'y obmettrez rien qui dépendra de vous, je ne vous feray la présente plus longue que pour prier Dieu qu'il VOUS a\i. Mon Oncle et mon Cousin, en sa sainte et digne garde.

Li li 1 1 n

I rit h Corbeil, le xiV m a y ^2.

Mcmc adresse.

Mon Oncle et mon Cousin,

Ayant advis que les ennemis s'assemblent vers ma frontière de Picardie avec dessein d'entrer en mon royaume et ne voullant rien obmettre pour les en empescher, je mande à mon cousin le mareschal d'Estrée d'envoyer toutes les trouppes qui sont en Soissonnois, tant d'infanterie que de cavalleiïe, droit au pont Sainte Maxences', et à mon cousin le mareschal d'Hocquincourt de vous assister tant des trouppes réglementaires qu'il a avec luy que de la noblesse qu'il pourra assembler. Ce que j'ay bien voullu vous faire sçavoir par cette lettre et vous dire qu'en cas que les ennemis entrent en France par la rivière de Somme; je remets à vous d'agir avec les trouppes que vous commandez ainsy que vous estimerez à propos.

Que si les ennemis passent l'Oyse et marchent entre ladite rivière d'Oyse et celle de Marne vous ayez à vous rendre avec les trouppes réglementaires qui sont soubz vostre charge audit pont Sainte Maxence pour y joindre mon armée qui sert présentement près de ma personne suivant les ordres que je vous en envoyeray par advance. Et doubtant qu'il pourroit estre nécessaire pour la conservation de ma province de Picardie et pour en asseurer le repos que vous, mon oncle le duc d'Elbœuf, ne vous en esloingniez point sur les occasions présentes, je remetz à vous d'y demeurer si vous le jugez plus utile à mon service et à la province que de venir avec ma dite armée, ne doubtant pas que vous ne fassiez ce qui sera le plus advantageux sur une occasion si importante. C'est ce que je vous diray par cette lettre priant Dieu

' Pont Sainte-Maxence, sur la rive gauche de l'Oise, à dix kilomètres au nord-est de Senlis.

ion LETTRES l>t ROI, DE LA REINE, ETC.

qu'il vous ayt. Mon Oncle et Mon Cousin, en sa sainte et digne garde.

Louis.

Il IH LIER.

Escrit à Saint-Denis, le v* juillet i652.

Adresse :

A Mon Oncle.

oncle le duc d'Elbœuf. pair de France, gouverneur et mon lieutenant central en Picardie, et à mon cousin le sieur d'Aumont, mareschal de France, mes lieutenants généraux en mon armée de Flandres.

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