CLVII
Monsieur,
Suivant ce que vous ave/ désire, j'ay présente au Roy la lettre que vous avez escrite à Sa Majesté. Elle a veu avec plaisir la continuation des soins que VOUS prenez de visiter la coste et le compte que vous luy en rende/. Kl pour proffiter de VOS bons advis elle en a donne un mémoire .1 M. Colbert pour en tirer toutte l'utilité qu'il se pourra pour -on service.
.le ne suis point surpris d'aprendre que M. le marquis de Montpezat1 et tous ceux qui commandent dans les places ou VOUS ave/ passe, ne vous ayent rendus de grandes civilité/. Ils le doibvent a VOStre personne et à vostre mérite. El en mon particulier qui prends beaucoup de part a ce qui vous touche, je me resjouis avec vous de la satisfaction que vous en avez, je vous baise très humblement les mains et suis toujours. Monsieur,
vostre très humble et très atl '"' serviteur,
li I 1 1 1 1 1 A Paris, ce 1" novembre 1 665 .
M. le Mareschal d'Aumont.
' Jean François de Trcmollct de Ha- 16S1 Cl Lettres du Cardinal Mj^jrin, cully, marquil de Mnntpc/at. maréchal t. I. de camp (1646), puis lieutenant général
AU MARÉCHAL D'AUMONT ig5
Monsieur,
Il n'est pas raisonnable que les officiers et les soldats de la garnison de Monthulin soyent destituez de consolations spirituelles, ny que vous leur entreteniez a vos despens un aumosnier. Aussy des que j'ay reporté au Roy ce que vous m'aves fait Thonneur de m'escrire sur ce subject. Sa Majesté a eu bien agréable de faire employer sur Testât général des garnisons qui s'expédient pour Tannée prochaine, Tentretenement d'un ecclésiastique dans la place et cependant pour vous indemniser de la despense que vous avez faite durant cette année cy, de faire expédier une ordonnance de fonds pour sa substance, je Tenvoyerai à M. Colbert et j'en feray solliciter le payement.
Les sentinelles du chasteau de Boullongne et du Monthulin auront des capots1 et pour cela j'ay escrit au commissaire Aubert d'en faire taire la quantité qui sera nécessaire lorsqu'il se rendra sur les lieux. Je m'assure que vous l'y verrez bientost arriver et qu'incontinent après les soldats recevront la commodité qu'il plaît au Roy leur accorder. Je suis tousjours avec une très forte passion, Monsieur, vostre très humble et très
affné serviteur,
Le Tellier2.
A Paris, ce xv* novembre 1 665.
M. le Mareschal d'Aumont.
1 Capotes. « que le Roy a eue pour vous, en vous
2 Quatre lignes de félicitations ajoutées « accordant des lettres de duc et de pair. » de la main de Louvois « pour la bonté
LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC
Monsieur,1
J'ay receu des mains de M. de Gersé2 la lettre dont vous l'avez chargé pour le Roy laquelle ayant leu a Sa Majesté elle m'a commandé d'avoir l'honneur de vous dire qu'elle n'aprouve point du tout que l'on tesmoigne aucune deffience aux habitans de Tournay mais bien que sans faire semblant de croire qu'aucun de ladite ville sceut l'endroit ou sont les caves et ruelles aboutissent que l'on les fasse murer et rompre de manière que ce ne soit plus un lieu dont les ennemis peussent se prévaloir quand mesme ils auroient intelligence dans !a place. Vous donnerez, s'il vous plaist, vos ordres en cette conformitfé] à M. de Renouard qui, quoyque les gardes sortent de Tournay, ne laisse pas d'y rester pour y commander jusques à nouvel ordre. Je suis, Monsieur, vostre très humble et très affné serviteur,
Au camp devant Lisle, le 1 5e aoust [1667].
Louvois.
Monsieur,-'
Le Roy vient d'avoir présentement advis que les Espagnols ont invcsty avec de la cavallerie la ville d'Oudenarde, mais comme Sa Majesté, avant que de prendre sur cela aucune resolution ny de faire aucune démarche, désire de sçavoir bien
1 Autographe.
* Le Chevalier de Gerzé. — Cf. Lettres du Cardinal MtUfCtrin, t. III, p. 947.
3 Autographe.
positivement ce qui en est, elle me commande de vous faire ces lignes par cet exprès pour vous dire de sa part qu'elle désire que vous destachiez incontinent deux partis de vingt maistres chacun commandés par des officiers capables de vous faire un fidelle rapport de ce qu'ils apprendront, que vous envoyés ces deux partis l'un en-deça de l'Escault et l'autre au delà, pour aller le plus près d'Oudenarde qu'ils pourront, avoir des nouvelles des ennemis et vous les rapporter ensuitte de quoy il vous plaira, Monsieur, de me donner en dilligence advis de ce que vous aurés appris afin que j'en puisse informer Sa Majesté. Cest le seul suject de ces lignes et pour vous asseurer que je suis tousjours vostre très humble et très affné serviteur,
Louvois.
Au camp devant l'Isle, le 17 aoust 1667. M. le Duc d'Aumont.
Monsieur,
J'ay receu les lettres que vous m'avez faict l'honneur de m'envoyer par ce cavallier, elles ne meritoyent pas que vous preniez la peine de me les addresser, estant de gens qui ne parlent que de leurs affaires particulières. La contrescarpe a esté emportée cette nuit et l'on y a perdu quelques officiers, des gardes fran çoises et assez de soldats. Je suis toujours, Monsieur, vostre très humble et très affné serviteur,
Louvois.
Au camp devant Lisle, le 25 aoust 1667.
196 LETTRES DU ROI, DE LA REINE, ETC
Monsieur,'
J'ay reoeu des mains de M. de Gcrsé- la lettre dont vous l'avez charge pour le Roy laquelle ayant leu a Sa Majesté elie m'a commandé d'avoir l'honneur de vous dire qu'elle n'aprouve point du tout que l'on tesmoigne aucune deffience aux habîtaas de Tournay mais bien que sans faire semblant de croire qu aucun de ladite ville sceut l'endroit ou sont les caves et ruelles aboutissent que l'on lestasse murer et rompre de manière que ce ne soit plus un lieu dont les ennemis peussenl se prévaloir quand mesme ils auroient intelligence dans l.t place. Vous donnerez, s'il vous plaist, vos ordres en cette contormu é a \l. de Renouard qui, quoyqiM les gardes s. .rient de Tournay. ne laisse pas d'y rester pour v commander jusques à nouvel ordre. Je suis, Monsieur, rostre très humble et très al!'" serviteur.
Loyvots.
Au camp devant Lille, le i 5' aoust [1667I.