AV£C LE PRINCE DE
tique réchauffé. M. Sénirier (I) est paraît croire que si la guerre continu l'Angleterre, Vous recevrez par le mi munication d'une note relativement l'Etat. Ils veulent être payés intéf me disait : dans le moment où votr»
négocier un emprunt avec nous, ce i queroute aux anciens prêteurs.
Adieu, mon prince, l'abbé est méc de vous, il craint cependant que vo II est question parmi certaines pcrsoi ce ministère, de M. de Grosbois (3) ausi la police, mais le roi ne l'a pas trouvé M. de Chateaubriand s'étonne de m penses. Mme de Staël est toujours d gnent. Benjamin, lui, loue beaucoup, ses lèvres. Voilà noire Paris! La Frai Belgique. Mathieu (4) jouit dans sa b^ va faire.
Je vous salue avecmillesentiments
Un général arrivé hier chez le mar gement de la Saxe définitivement f très satisfait, l'affaire de la Pologne coup d'autres choses qui, suivant se
(1) Ministre plénipotentiaire à Washin:
marérhal de France, gouverneur des Inval
(2) De Bruges {Henri -Alphonse, vicomtt Révolution, servit .tous Condé, puis dans division à Waterloo, fut créé chancelier Ixmis XVIII.
(3) Conseiller d'Etat honoraire, ancien ; de Besançon.
(4) Mathieu de Montmorency, qui devin.1 étraogères.
succès et la gloire pacifique du roi. J'ai envoyé au maréchal la lettre en réponse à ses prétentions Guilleminot. Vous aurez votre jeune Sincti suivant votre désir, le roi ayant approuvé votre proposition pour M. Bogne (1), ainsi que vous me l'avez prescrit et que vous l'aviez vu.
Je vous ai écrit en détail et envoyé toutes les pièces sur l'affaire d'Espagne. La manière dont vous avez pris la chose m'enchante, car je redoutais votre manière de voir sur notre procédé vis-à-vis M. le comte de Casa Florès : quant à la conduite de l'affaire, il me semblait qu'il ne pouvait pas y avoir deux manières de faire. Au surplus, je vous rends un compte assez détaillé de notre marche par la correspondance du secrétariat pour ne pas vous en envoyer par ma lettre particulière.
Nous sommes loin de faire aussi rondement et aussi bien ici que vous à Vienne. L'enterrement de cette pauvre Raucourt (2) a été une mauvaise et ridicule malencontre, ce curé de Saint- Roch a le malheur d'être toujours une occasion de trouble. On avait demandé au roi ce qu'il jugeait convenable; le roi, avec sa prudence et sa raison parfaite, avait répondu : « Je ne trouve nullement mauvais que le corps de Mlle Raucourt soit présenté à l'église, mais je ne veux pas donner d'ordre au clergé. » Ni l'officialité, ni le ministre des cultes, ni les amis de Mlle Raucourt n'avaient prévenu d'André, et d'André pieusement s'attendait que la cérémonie ne se ferait que le lendemain et que l'on viendrait l'en informer. Ni Maison (3), ni Grundler(4), ni aucune autorité
(1) Bc^ne de Faye (Pierre-Nicolas- Jean), diplomate, né à Clamecy (Nivernais), le 5 octobre 1778, secrétaire de Tambassade française à Vienne (1814), mort en juillet 1831.
(2) Raucourt (Françoise-Marie-Antoinette Saucerotte, dite Mlle), tragédienne française, née à Nancy le 3 mars 1756, morte à Paris, le 15 janvier 1815. Protégée par Bonaparte, elle obtint de lui, sur sa cassette, une pension considérable, et en 1806, elle fut chargée d'organiser et de diriger des troupes de comédiens qui devaient parcourir Tltalie. Elle ne rentra définitivement à Paris qu'en 1814.
(3) Maison (comte), pair de France, lieutenant-général, gouverneur de la première division militaire.
(4) Grundler (baron), maréchal de camp, commandant la subdivision de la Seine et la place de Paris.
n'était prévenue. Le corps cependant allait au cimetière, quand une vingtaine de personnes l'ont fait rebrousser chemin devant Saint-Roch. Une demi-douzaine de gendarmes envoyés par la police ont fait passer le convoi. Mais à la rue de l'Echelle, quatre ou cinq cents personnes se sont réunies, l'ont ramené, trouvant la grande porte fermée, sont entrées par la porte latérale. On n'a commis aucune impiété, aucun scandale. Seulement, l'officier de police est monté chez le curé qui avait envoyé chez un vieux grand vicaire, M. de Lespinasse, qui, comme le curé, avait pensé qu'il ne fallait rien accorder. L'officier de police a prouvé facilement le danger de cette résolution et le curé a lâché un petit prêtre, quatre assistants, un serpent, et l'officier de police ayant mis son écharpe bleue a monté sur une chaise et a annoncé qu'on allait venir dire ou chanter (je ne sais lequel) l'absoute et le De profundis. A la vue de l'homme de police, l'église a retenti du cri de vive le roi, le prêtre a expédié l'affaire, le convoi s'est remis en marche et tout a été fait. Mais l'on dit que M. le curé avait trouvé Mlle Raucourt assez catholique pour recevoir d'elle le pain bénit, et, il y a un mois, une bourse de trois ou quatre cents francs pour des bonnes œuvres. Hier jeudi, nous avons dîné chez d'André. Je dois dire que l'abbé, M. Ferrand ont été parfaits et que nous n'avons trouvé de difficultés que de la part du chancelier. Ce qui nous manque, c'est l'esprit d'homme d'Etat, le chancelier n'en a rien. C'est une idée puérile et rétrécie de laisser discuter les questions d'affaires publiques aux corporations, aux professions, et ce misérable homme non seulement fait cela, mais encore se place dans son parquet royal pour examiner des affaires d'administration et de haute politique. D'André nous a annoncé des inquiétudes pour le 21, causées par ces MM. uUraroyalistes qui veulent le soir, a-t-il dit, faire porter des crêpes, tendre en noir, même faire faire des actes expiatoires d'après leurs idées. Je me suis mis, je l'avoue, dans une grande vivacité. J'ai demandé ce que c'était que des royaUstes et quel droit avaient ces royalistes de se grouper et de faire imprimer en leur nom, pourquoi l'on arrêtait pas qui que ce fût qui oserait, au nom du
i«0 CORRESPONDANCE DU COMTE DE JAUCOURT
roi, troubler le silence profond et le deuil paisible de cette auguste et funèbre journée, à qui la perte de Louis XVI avait été plus cruelle ou de ceux qui dehors héritaient d'espérances, ou de nous qui dedans, après avoir compromis cent fois notre vie pour le roi, voyons l'opprobre de ce funeste événement atteindre notre génération et la liberté et toute espérance de bonheur public s'ensevelir avec le roi. Que la folie des émigrés devenait aujourd'hui un oalcul et que quand nous perdions, nous, la royauté, la fortune leur rendait un roi. Qu'enfin, pour dire le vrai, j'étais las d'entendre parler d'émigrés, de royalistes, de gens bien pensants, etc., que si l'on craignait quelques freluquets ou quelques mauvaises têtes exaltées, les maréchaux de l'empire, les lieutenants-généraux, les pairs de France autour du char, la garde nationale, les troupes de ligne en cortège et, au retour, des pelotons de gendarmerie rossant les groupes, quels qu'ils fussent, assureraient l'ordre et le repos de la ville et de la journée. J'avais la chance d'avoir Ferrand pour moi, car, après avoir été fort de mon avis, nous avons arrangé ensemble le petit morceau qu'il a écrit d'un trait, que nous avons envoyé aux journaux à minuit et qui était bien nécessaire pour mettre le public au fait de ce qui doit tant l'intéresser et de ce qui, en effet, va au cœur de tout le peuple. Il faut, mon prince, bien compter sur votre amitié pour me mettre ainsi en scène, mais je pense qu'en ce moment, vous êtes tout entier à une auguste cérémonie à laquelle vous attachez votre nom, qui est politique, monarchique, européenne, qui est peut-être un traité entre le passé et l'avenir, et je m'efforce de vous prouver que je sens et comprends vos principes, vos idées, et que je les partage. L'affaire de Rennes a été cause de la destitution du préfet (1), homme de mérite et qui peut-être devait être sacrifié, mais qui ne sera pas remplacé par un homme ni si capable ni si utile; son tort est d'être lié depuis longtems avec des gens qui ne veulent pas s'appeler Chouans. Le général est aussi rappelé. Moi, je ne conçois pas pourquoi l'on n'informe pas contre un homme qui
(1) M. Bonnaire de Forges, parent de M. Pasquier, préfet de police, auprès de qui il remplit une mission secrète à l'entrée des alliés à Paris.
AVEC LE PRINCE DE ÏALLEYflANU Ifll
insulte aujourd'hui un citoyen par ce nom de faction ou qui manque de re3pect au gouvernement en se déclarant d'un parti dans l'Etat. Je pense qu'il en sera question aujourd'hui au conseil du roi.
M. Beugnot travaille d'abord l'esprit de son absurde bureaucratie, avant de nous réunir pour causer de Saint-Domingue. Si le duc de Wellington est de bonne foi, comme j'ensuis persuadé, on pourra s'entendre d'une manière favorable aux vues des deux nations et je ne pense pas que sans eux nous puissions établir un système, je ne dis pas bon, mais possible pour Saint-Domingue. Le retour du Lys — goélette je crois, — a annoncé la remise de la Martinique et de la Guadeloupe, mais la chose n'était pas consommée, et nous attendons la confirmation. Louis a dtné chez le duc de Wellington è un grand diner d'anniversaire pour la naissance de la reine. Il a eu à se défendre contre l'ambassadeur qui l'a fortement attaque sur la question du remboursement intégral des créances particulières. J'en ai été bien aise, car je passe assez tristement mon temps à débattre cette question avec lui. il en a écrit à son gouvernement et vous devez en avoir connaissance par lord Castlereagh. Du reste, nos rapports sont bons. Le duc de Wellington est droit et net en affaires. II y a ici M. Villers, ami et intimede M. Pitt. Je l'ai vu, je pense qu'il ne sera qu'un moment à Paris. L'ouverture du parlement fait déjà préparer leur départ à ceux des membres qui sont ici. L'on dit beaucoup que le roi nommera le comte de La Châtre à la place du duc de Fleury. J'en ai parlé au comte de Blacas pensant que ce serait chose utile au ministère de mettre là quelqu'un do fort, et agréable pour vous d'avoir à disposer d'une telle ambassade, surtout après le congrès.
V'os dames vous écrivent. Je n'avais pas grande raison de faire partir le courrier, la meilleure a été que samedi 21, je ferme notre porte, que dimanche est un jour où l'on n'aime guères à me voir tenir le cabinet et que lundi serait trop loin. Adieu, je vous respecte comme notre maître à tous, je vous aime par mille raisons et puis nous sommes camarades de temps, de lieux, de circons-
lei CORRESPONDANCE DU COMTE DE JAUCOURT
tances et d'opinions politiques, en voilà plus qu'il ne faut pour
être amis pendant une génération.
Talleyrand à Jaucourt
Vienne, le 21 janvier 1815.
Monsieur le comte.
Le courrier Augustin, qui avait porté les instruments originaux du traité du 3 janvier, est arrivé ici le 19, et m'en a rapporté les ratifications. Je vous fais tous mes remerciements de la célérité qui a été mise à l'expédition de ces actes. Je ne pouvais guère espérer de la recevoir aussi promptement. Quoique l'échange ne puisse être consommé, le plénipotentiaire anglais ne pouvant recevoir que dans quelque temps les ratifications de sa cour, il ne peut être que fort utile pour la conservation et l'accroissement de notre influence, que l'-^utriche et l'Angleterre sachent que le roi n'a pas hésité un instant à ratifier les engagements que j'avais pris en son nom, et il m'a été bien agréable de trouver dans l'empressement avec lequel Sa Majesté l'a fait, la preuve que j'avais parfaitement rempli ses intentions.
Recevez, etc.
Vienne, le 21 janvier 1815, Monsieur le comte,
La lettre que j'écris aujourd'hui au roi lui rend compte de la cérémonie qui a eu lieu ce matin à l'église cathédrale de Vienne, Une courte et simple notice que j'adresse à Sa Majesté en fait connaître les détails. J'y ai joint le discours qui a été prononcé par le curé de Sainte-Anne (Vabbé Zaignelins, français). Je pense qu'il est convenable que l'une et l'autre soient imprimés dans le Moniteur, et je l'ai proposé au roi qui, probablement, voua les remettra pour que vous les y fassiez insérer.
La réunion de tous les souverains et de tous les princes de familles souveraines qui sont en ce momçnt à Vienne, et des ambas-