‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 107 sur 241 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Paris, mercredi S9 mars 1890.

J'ai médité votre lettre, cher ami ; elle sera remise aujourd'hui. Il peut y avoir de l'avantage, je n'y vois pas d'inconvénient.

Vous serez tenu très-exactement au courant. La

* Eêscii sur le principe générateur des Constitutions politiques et des autres institutions humaines. Saint-Pétersbourg, 1810.

loi sur les journaux rendue et pendant la discussion des comptes, nous nous occuperons des élections.

Si, après les lois de sûreté et de journaux et les discussions qu'elles ont amenées, on est contraint de sortir, sur les élections, de votre système et de se résigner à de l'insignifiant ou à de ïultracisme^ je crois, comme vous, que vous n'aurez plus de terrain. Vous le saurez à temps, et vous vous déterminerez alors à prolonger votre absence. J'y dispose les esprits. Certes, je n'entends pas que vous vous compromettiez pour des vétilles, ou que l'on vous engage dans un mauvais défilé. Vous êtes trop précieux.

Ce qui complique notre situation, c'est, d'une part, l'ignorance et la folie, et, de l'autre, une haine violente et des engagements pris. D'un côté, on craint avec raison de donner à des prétentions folles l'arme des lois , et , de l'autre , on veut des éloges de journaux, la faveur populaire, la dictature du centre, et l'on ne s'aperçoit pas que le généralat de la cavalerie est ainsi dévolu à ï'exLréme gauche, dont l'influence arrache des lois plus ou moins attentatoires à l'autorité royale.

Dans la situation actuelle des esprits, la droite vous accorderait confiance, et vous trouveriez ailleurs des forces suffisantes. Mais vous n'êtes pas ici, et chaque jour, sur cette loi d'élection, des coml3ats d'avant-poste gâtent les troupes.

Nos petits enfants jouent sur le gazon. Le docteur Auvity les voit de temps à autre. Tout va mei*veilleusement à la chancellerie et dans le faubourg.

Mille tendresses, mes bien chère amk.

Vous verrez le discours de Brigode^ .

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