III
au Conseil par les censeurs et d'où résulterait la nécessité d'une convocation extraordinaire ; que ce rapport n'existait pas et que rien n'avait encore établi régulièrement la nécessité de la convocation. On ne put pas ne pas se rendre à ces raisons, et l'on décida que les censeurs seraient invités à faire au Conseil le rapport dont il s'agit * .
Cet événement, rapproché de ce qui est relatif à M. Raoul Rochette, conduit à une foule de réflexions tristes : il dénote un système de résistance et d'opposition qui demande de prompts remèdes et surtout une grande fermeté. On s'explique maintenant comment la destitution de M. Laffitte avait d'abord fait si peu de sensation dans les journaux et dans les Chambres ; le mot était donné et l'on préparait mieux que des discours.
En somme, les esprits, surtout ceux des jeunes gens, sont travaillés d'une espèce de fièvre ardente* Dans toutes les réunions, dans les spectacles, on cherche partout des allusions ou applications injurieuses au gouvernement et au Roi. J'ai assisté di-* manche à la représentation du Mariage de Figaro^ et toutes les hardiesses libérales de cette pièce, surtout celles du dernier monologue, étaient accueillies avec des bravos furibonds qui faisaient pi-esque trembler.
Je lis dans la Gazette d'aujourd'hui que des lettres d'Angleterre annoncent que le ministère britannique se propose de demander au Parlement des
* Voyez VHisioire de la Reatauraiion^ par M. de Viel-CasteU t. VIII, p. /*52-A55.
lois d'exception pour suspendre la liberté de la presse.
Je lis dans le Censeur : a On annonce aujourd'hui, c(Hnme une chose à peu près certaine, que le gouvernement va demander aux Chambres l'autorisation d'instruire contre ceux de MM. les pairs et de MM. les députés qui ont pris part à la souscription ouverte en faveur des personnes qui seraient arrêtées en vertu de la loi suspensive de la liberté individuelle. ^
Agréez, monseigneur, mes honmiages respectueux.
Germeau.