‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 149 sur 241 · M. de Hézy à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de Hézy à M. de Serre

Paris, mercredi 19 avril 1890.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous envoyer deux lettres de MM. Siméon et de Broglie.

On vous aura donné des détails sur la séance d'avant-hier. Je n'en ai pas encore vu d'aussi scandaleuse ; elle a fini par une pasquinade de Girarilin. Royer a été très-hostile pour le gouvernement et d'ailleurs assez maladroit, car il a donné à Corbière moyen de lui répondre avec beaucoup d'avantage. En somme, l'effet de cette séance a été d'inspirer à quelques députés encore plus d'aversion pour les libéraux. Je ne doute pas que la loi nouvelle ne passe ; elle a une grande lacune, le renouvellement intégral, mais on compte l'obtenir Tannée suivante, et l'exposé dès motifs n'y met pas d'opposition. Il y a une douzaine de niais qui n'auraient pas voté l'autre loi à cause de l'attaque à la. •Charte et qui voteront celle-ci. Les libéraux entasseront amendements sur amendements et remueront ciel et terre pour gagner du temps ; les doctrinaires, choqués (Je n'avoir pas été consultés, sont très-mal disposés, mais leur nombre est fort réduit. Le meilleur article, selon moi, est celui qui ne permet pas d'être candidat dans deux arrondissemeats.

Il amènera à la candidature des personnes de plusieurs opinions, et le choix des collèges supérieurs restera libre. Sans cette disposition, partout où une opinion aurait dominé absolument, elle aurait fait élire les mêmes candidats dans tous les arrondissements. En somme, je ne doute pas que la loi ne passe à une bonne majorité. Produira- t-elle de bons effets ? Je Tespère ; au moins donne- t-elle bien plus de chances que celle-ci. Elle ne sera pas discutée avant le 15 mai. Au reste, dès qu'on pourra juger à peu près l'époque, je vous en instruirai; îl est impossible d'avoir des aperçus justes à cet égard avant la fin du mois. S'il y avait urgence, ou vous préviendrait par estafette.

J'ai vu ce matin le Roi, qui va très-bien. Il n'écrit encore que de la main gauche, mais la droite fait des progrès, et le beau temps achèvera de le rétablir.

Recevez de grâce la nouvelle assurance de tous les sentiments que je vous ai voués pour la vie.

DUPLEIX DE Mézy.

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