‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 170 sur 241 · M. Guizot à M. de 8«rre · texte numérisé non relu

M. Guizot à M. de 8«rre

PariBf mardi 16 mai 1890.

On m'assure, mon cher ami, que vous arrivez ce soir. Je vous conjure de me dire à quel moment je puis aller vous chercher et passer une demi-heure seul avec vous. C'est dans Tintérêt de tout et de tous^ comme dans le nôtre, comme dans le vôtre, que j'en ai besoin. La situation est si grave et la conduite que vous y tiendrez si importante qu'il est de devoir comme de nécessité pour vous de ne prendre aucun engagement avant de tout savoir, d'avoir tout vu. On vous dira, j'en suis sûr, des choses qui ne sont pas ; on vous en taira qu'il faut que vous connaissiez. Au nom de Dieu, ne vous précipitez pas. Si vous regardez bien autour de vous, si vous vous y obstinez, vous verrez, je crois, que tout est réparable, mais sur le point de devenir irréparable^ Vous pouvez, en un instant, manquer ou saisir une immense destinée. Le duc de Broglie et moi, nous sommes certainement les deux personnes qui avons le plus à vous dire. Je serai à vos ordres ce soir, si vous le pouvez, demain matin à l'heure et aussitôt que vous voudrez. J'enverrai à huit heures savoir votre réponse. J'espère que vous êtes mieux.

Adieu. Je vous embrasse du fond du cœur.

GuizoT.

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