M. Germeau à M. de Serre
Paris, samedi 19 février 1820.
Monseigneur,
11 est trois heures et demie de l'après-midi, et rien n'est encore décidé sur le ministère ; ce qui paraît le moins douteux, c'est la retraite de M. Decazes ; lui-même, assure-t-on, la demande instamment au Roi. Si j'en crois quelques personnes qui doivent être bien informées, on fait de nombreuses tentatives pour déterminer M. de Richelieu à accepter la présidence du Conseil, qu'il refuse positivement, surtout si elle doit être attachée à un portefeuille ; ce qu'on pourrait obtenir au plus de sa part serait la présidence pure et simple ; et, dans cette hypothèse, il y aurait à nommer au ministère de l'Intérieur, soit qu'on le remît aux mains d'une seule personne, soit qu'à cause de son poids, on le partageât en deux. Dans le cas où M. de Richelieu accepterait, il n'y aurait rien de changé dans les ministères que
ANNÉE 1820. hl
celui de l'Intérieur. On avait assuré jusqu'ici qu'il i-ésistait d'une manière absolue ; on m'annonce maintenant cpi'il commence à être ébranlé.
Dieu veuille qu'il accepte ! car son refus renverserait l'administration actuelle, et qui peut savoir où nous mènerait celle qui lui succéderait?
Demain j'aurai peut-être des choses plus positives à annoncer à Votre Excellence.
Je suis avec respect, monseigneur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Germeau.