‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 183 sur 241 · M. Jacwinfn ot-Pampelune à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. Jacwinfn ot-Pampelune à M. de Serre

Paris, le 5 juin 18il0.

Monseigneur,

M. le comte Portalîs m'ayant fait connaître hier que rîutentîon de Votre Grandeur était que je lui envoyasse aujourd'hui un rapport sur l'état des infomiations auxquelles ont donné lieu les événements <iui se sont passés à Paris les 2 et 3 juin présent mois, je vais avoir l'honneur de satisfaire àcetordre.

Instruit le 2 juin au soir de ce qui s'était passé au moment où M. de Chauvelin, membre de la Chambre des députés, était sorti de la séance de cette Chambre, et sachant que les commissaires de police Lesage et Monestier avaient été présents à

élection fut annulée. Sous-prëfet de Bergerac en 18C9, il devînt, en 1812, membre du Corps législatif; il suivit la même ligne que M. Laîn^, et fit partie, en décembre 1813, de la cdlébre commission. Sous la Restauration, il fut depuis et sic'gea au centre droit. Depuis 1816, il fut conseiller d'État. 11 mourut à Paris le 16 juillet 18!Ui. «A côte de ces deux ëminents professeurs (MM. Laromiguiéreet Royer-Collard], j'eus l'avantage, dit M. Cousin, de trouver un homme sans ^gal en France, par le talent de l'observation intérieure, la finesse et la profondeur du sens psychologique : je veux parler de M. de Biran M. de Biran est le premier métaphysicien français de mon temps. » (Fragments philosophi ^fues, t. IV, p. 71 et 395, quatrième édition.)

JM CORRESPONDANCE. .

cet événement, je leur ai écrit sur-le-ehanip de m'adresser le procès-verbal qu'ils avaient dû dresser conformément à la loi.

Le lendemain 3 juin, M. le préfet de police^ m'a effectivement remis le procès -verbal que ces officiers de police judiciaire avaient dressé et qu'ils lui avaient transmis.

Ce procès-verbal porte en substance :

Que, vers l'heure où finissent les séances de la Chambre, les deux commissaires de police ont vu des groupes qui paraissaient s'occuper avec chaleur de la délibération, et que dans ces groupes se trouvaient plusieurs jeunes gens qui paraissaient appartenir à l'École de droit et à l'École de médecine;

Que, parmi les personnes plus âgées qui semblaient prendre part à la vive discussion politique dont les groupes étaient occupés, ont été remarqués le colonel Dufay* et le sieur Saint-Simon^;

* M. Angles.

' Guillaume-Mîchel-Étienne Barbîer-Dufay ëtaîi fils d'un contrôleur de la maison de M.^^ la comtesse de Provence. Ëntr^ de bonne heure dans les gardes du corps, il passa comme sous-lieutenant dans le rdgiment de Dauphin-Dragons, puis comme capitaine dans la lëgion de M. de Lafayette : il reçut sa première blessure le 10 août en dëfendant Louis XVI. H n'Jmigra point. Après avoir fait les guerres d'Italie, d'Allemagne, d'Espagne, de Russie, et de France, il parvint au grade de colonel. Sous la Restauration, il se signala par une haine opiniâtre contre le Roi et les royalistes Il mourut à Pantin le l®'' janvier 183l(i. Il était officier de

la Légion d'honneur et chevalier de Saint-Louis. — Voyez la Biographie nouvelle des contemporains f^ar MM. Arnault, Jay, etc., t. VI, p. 127. Paris, 18î«.

' Claude-Henri, comte de Saint-Simon, né à Paris le 17 octobre 17G0, appartenait à la famille du célèbre auteur des Mémoirest

ANNÉE 18S() kU9

Qu'au moment où la délibération de la Chambre fut tenninée, des cris de Vive la Charte! se firent d'abord entendre et partaient des groupes ; que peu de moments après on entendit : Vive CJmuvelin! Vive la Charte! .qu'on a cru aussi entendre, sans être bien certain, un seul cri de Vive V Empereur!

Mais que tous ces cris furent bientôt couverts et presque étouffés par celui de Vive le Roi ! qu'ensuite le tumulte s'accrut, surtout au moment où M. de Chauvelin, porté ou aidé par quelques per-* sonnes, sortit de la salle des Pas-Perdus et traversa la cour pour gagner sa voiture ;

Qu'alors il n'y eut plus que confusion, tel qui criait Vive Chauvelin! se trouvant arrêté par d'autres qui voulaient le forcer à crier Vive le Roi ! et qui le criaient eux-mêmes ;

Qu'au moment où M. de Chauvelin fut monté dans sa voiture, il y eut un redoublement de cris de Vive Chauvelin! d'un côté et de Vive le Roi!

mais non à la même branche. Entre au service à l'âge de dix-huit ans, il fit les campagnes d'Amérique et obtînt la médaille de Cincinnatus, la croix de Saint-Louis et le grade de colonel. Pendant la Révolution, il acheta les biens nationaux de tout un département, celui de TOrne. Frustré de ses bénéfices (du moins il l'a prétendu) par un associé, le comte de Redern, ancien ministre de Saxe en Espagne, puis de Prusse en Angleterre, il conçut le projet de réorganiser l'ordre social, de réformer le genre humain; il publia des livres et finit par être entouré de disciples, dont plusieurs ont marqué dans les sciences, les arts ou l'industrie. Il mourut à Paris le 18 mai 18â5. — Voyez SainUSimont ta vie et ses iravauxy par G. Hubbard. Paris, 1857. Consultez aussi la Nouvelle biographie générale (Didot), t. XLIII, p. 1 17.

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