‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 195 sur 241 · M. de Wendel à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de Wendel à M. de Serre

[9 juin 1830.:

Je croîs les esprits bien disposés; la droite votera ce que vous voudrez; je viens de voir Marcellus, Salaberry, Chabrillan^ Beaurepaire*; vous savez

* Hippolytc Cesar-Guigucs de Moreton, cinquième marquis de Chabrillan, ué à Paris le 6 novembre 17C7,ëtait fils de Joseph-Dominique de Chabrillan et d'Innocente-Aglaë du Plessis-Richelieu d'Aiguillon. 11 ëpousa en 178/i Antoinette-Françoise-Marie de Caumont la Force. Après avoir servi dans les chevau-lëgers» il fut nomme, en 1786, capitaine aux carabiniers de Monsieur, Il e'tait aussi premier dcuyer de M™® la comtesse d'Artois en survivance de son pdre. Pendant la Révolution, comme il cherchait à gagner l'Angleterre sur un navire espagnol avec sa femme, ses enfants, sa belle-mëre et une vingtaine d'autres ëmigrants» une frëga(e française les captura et les mena dans le port de Toulon. La po* pulace les voulait engorger (12 mars 1795), mais le gëoëral Bonaparte les fit entrer, de nuit, dans des caissons censés chargés de munitions de guerre pour l'armée d'Italie, et les fit conduire à Grasse. M. de Chabrillan resta dans les prisons de cette ville jusqu'en mars 1797. 11 se rendit alors dans le Valais, revint en France dés que les circonstances le lui permirent, et s'établit à Mont^li* mar pour y recueillir les débris de sa fortune. En 1815, 1816 et 18!Ui, les électeurs de la Drôme le choisirent pour député : il siégea sur les bancs de la droite. Gentilhomme d'honneur de A/onsieur en janvier 1815, il devint, en octobre 18â/*, gentilhomme de la chambre du Roi. 11 est mort à Paris le 16 octobre 1835.— Consultez la Biographie des premières ctnnées de Napoléon Bona^ parte, par le baron de Coston, p. 358-360. Valence, IS/iO.

' Le marquis de Beaurepaire» député de Saône et-Loire depuis 1815, siégeait sur les bancs do la droite.

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ce qu'il faut dire pour rallier la droite et les deux centres : voilà la ligne * .

* Voyex les Discours de M, de Serre, t. II, p. 178-18A.

u Le 9 juin, la Chambre, à la majorité de 185 voix contre 66^ vota raraendement de M. Boin. La minorité se composait de l'extrême gauche, de M. de la Bourdonnaîe, de M. de Castelbajac et de

deux autres membres de l'extrême droite On fut gënëralement

surpris de la force de cette majorité. Elle s'explique par le caractère que prenait peu à peu l'agitation à laquelle Paris citait livré depuis le commencement du mois et par l'effroi qu'en éprouvaient

tous ceux qui ne désiraient pas une révolution Depuis deux

jours, les rassemblements étaient devenus bien différents de ce

qu'ils avaient été d'abord Le 8, à neuf heures du soir, un grand

nombre d'ouvriers s'étaient montrés sur les boulevards, entre la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, formés en groupe, la plupart armés de -bâtons ferrés et criant Vive la Charte L,.., Ils avaient résisté à Faction de la gendarmerie et de la garde nationale, mais quelques escadrons de cavalerie, arrivant au trot, les avaient dispersés sans peine Le 9, quinze ou vingt mille individus, appartenant pour la plupart aux plus basses classes de la population, se trouvèrent réunis sur les boulevards vers neuf heures du soir, criant Vive la Charte! A bas les Chambres! A bas les royalistes, les émigrés, les missionnaires! Quelques-uns ajoutaient : Vivent nos frères de Manchester ! et même Vive VEm,"

pcrear! Tous les efforts de la police, de la gendarmerie et de

la garde nationale furent impuissants â rétablir l'ordre. Les émeu-

tiers n'y répondaient qu'en lançant des pierres Le général

Defrance, commandant de la division militaire de Paris, vint prendre la direction des mouvements de la force armée et ordonna

une charge de cavalerie qui eut bientôt dispersé le rassemblement. Quelque^ pelotons envoyés successivement contre ceux des^ séditieux qui tentaient d'en réunir les débris épars complétèrent sa déroute. » {Histoire de la Restauration, par M. de Viel-CasteU t. Vni, p. 599-602.

klà CORRESPONDANCE.

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