Le oomta da Montlosier à M* de Serre
Randanne, lA juin 18â0.
Je viens de relire dans le Moniteur, qui arrive plus tardivement, cette fameuse séance où il y a eu tant de bruit. M. Corbière et vous, vous avez très-bien répondu tout ce qu'il fallait répondre. Je trouve seulement, si vous me permettez de vous le dire, que vous avez trop répondu. Cet empressement à dénier des paroles que vous n'aviez pas dites leur montrait trop le désir de les apaiser et leur donnait en cela même trop d'importance. Vous avez été très-éloquent; votre dédain l'eût été davantage. Pauvre campagnard, je ne sais plus où vous en êtes relativement à un certain public , j'ai des inquiétudes du cortège où vous vous trouvez, et où je sais que tout le monde n'est pas de vos amis; j'ai des inquiétudes aussi pour votre santé. On m'a mandé de Paris que vous aviez passé quelque temps à la campagne pour vous remettre. L'Assemblée me paraît un mauvais préparatif pour les eaux du Mont-Dore Le temps m'est bien long de vous y revoir. Et la septennalité,que devient-elle? Si vous ne la présentez pas, je serai inquiet des prochaines élections. Et les deux mille jeunes gens rassemblés pour la mort de leur jeune Lallemand ? Ce n^est pas un grand inconvénient, c'est seulement un symptôme de per-
ANNÉE 1820. !Sl
sîstance et d'obstination. Pour effacei' les restes de ce virus qui me paraît invétéré, vous faites beaucoup ; je crois qu'il faut faire encore plus que vous ne faites. J'avance mon supplément ; il est presque fini. Prochainement, je vous enverrai la liste des chapitres. Je ne vous écris pas assez, ou je vous écris mal, parce que dans ce cas je ne peux pas me détourner.
Adieu, monseigneur. Continuez vos services au Roi et à la France ; ils sont grands assurément. Si nous devons être sauvés, ce sera par vous. Vous voyez à quel point je vous porte mes espérances, mes vœux et mon respect.
• Le comte de Montlosier.