M. Guisot à M. de Serre
Paris, 18 juillet 1820.
J'attendais votre lettre ; j'aurais dû la prévoii' et je Tavais prévue quand j'ai manifesté hautement ma désapprobation des actes et des discours du ministère ^ Je me félicite de n'avoir rien à changer à ma conduite. Demain conmie hier je n'appartien-
ie loyal d^put^, celle de servir le Roi et la France. Ce témoignage que j'ose me rendre est en ce moment le soulagement de ma faiblesse» et il il relève aussi» messieurs» la dignité de vos suflrages : il ne s'agit plus de moi ; quelque imparfaits que soient mes tilres, il vous a plu d'y voir» par une indulgente fiction» ceux de la tribune française ; et, en m'adoptant» c'est avec elle que vous contractez, au nom des lettres, une solennelle alliance. » — Voyez la Vie politique de Af. Royer-Collaf^dy par M. de Barante» t. II, p. 336. Comparez, p. /tôQ.
* u N'appartenant ni à l'une ni à l'autre Chambre, en dehors de toute action obligée, j'aurais pu, si j'avais voulu, dit M. Guizot, me renfermer dans mon rôle de conseiller d'État, la réserve et le silence, après avoir donne au gouvernement mon avis ; mais, en entrant dans la vie publique, je m'étais promis de la prendre au sérieux, c'est-à-dire de manifester toujours hautement ce que je pensais et de ne jamais me séparer de mes amis. M. de Serre me comprit, avec raison, dans la mesure qui les élimina du Conseil
d'État Les meilleurs honmies prennent bien aisément les
mœurs et les allures du pouvoir absolu : M. de Serre ne manquait assurément ni de dignité personnelle, ni de dévouement à ses convictions ; il s'étonna que j'eusse, dans cette circonstance, obéi aux miennes sans autre nécessité, et il me le témoigna, en m*annonçant ma révocation, avec une rudesse naïve.» (Mémoires t. P% p. «».)
draî qu'à moi-même, et je m'appartiendrai tout entier.
Je n'ai point et je n'ai jamais eu aucune pension ni traitement d'aucune sorte sur les Affaires étrangères; je n'ai donc pas besoin d'en refuser la conservation. Je ne comprends pas d'où peut venir votre erreur. Je vous prie de vouloir bi«i l'éclaircir pour vous et les autres ministres» car je ne souiTrirais pas que personne vint à la partager.
Agréez, je vous prie, l'assurance de ma respectueuse considération.