M. Bourdeau' à M. de IVendel
Rennes, le SJ!i juillet 18â0.
Mon cher ami,
J'ai vu Nantes plusieurs jours, je suis à Renues, et partout je trouve un pays travaillé d'une façon diabolique. A Nantes et à Rennes vous aurez des choix très-sûrs au département et plus que probables dans ti-ois arrondissements sur quatre. Corbière fera tout ce qu'il voudra dans Tllle-et- Vilaine ; les élections y sont dans sa main. Nous avons eu ensemble une longue conférence.
Avant-hier soir, douze ou quinze jeunes gens du droit et autres ont tenté de me donner une sérénade à la façon de barbari. Au premier coup de trompe, deux ont été saisis et les dix ou douze autres se sont dispersés. Je ne suis pas du tout fâché qu'on ait voulu me traiter à l'instar de Corbière. Vous voyez donc, mon cher Wendel, que la démonstration judiciaire, énergiquement faite contre les antécédents de même espèce, est aussi infructueuse que la faîl>lesse antérieure a été nuisible. La corruption est au fond des cœui's, et il n'y a plus qu'une extrême vigueur capable de l'extirper.
* Voyei t. II, p. /«BD.
ANNÉR 1830. 5M>
Si ma lettre vous trouve encore à Paris, rappelez-moi au souvenir de notre l}on président^ , de Froc la Boulaye et de nos amis.
Je suis tout de cœur
Bourde AU.