‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 228 sur 241 · Le comte Portails à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le comte Portails à M. de Serre

Paris, co'Sô juillet 18^.

Monseigneur,

J'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire de Fontainebleau et l'omission du nom de M. Desclaux a été réparée. M. le ministre des Affaires étrangères a fait hier signer au Roi une ordonnance qui accorde à ce magistrat la décoration de la Légion d'honneur*. Il paraît que,

1 M. Bourdeau veut sans doute designer M. Ravez, président de la Chambre des dépxiiéé,

* « Par ordonnance en date du 15 juillet présent mois, le Roi a nommd officiers de l'ordre royal de la Légion d'honneur :

« MM. Bbllart, procureur général prés la Cour royale de Paris; Allent, conseiller d'État ; Goupil de Préfeln, procureur g ^néral prés la Cour royale de Caen ; Try, président du tribunal de première instance de la Seine.

c( Par la même ordonnance ont été nommés chevaliers de l'ordre royal de la Légion d'honneur :

M MM. DE SÈZB, premier président de la Cour de cassation; de Bastard, premier président de la Cour royale de Lyon; Athalin, président de Chambre en la Cour, royale de Colmar ; Mousnier- Buisson, président de chambre en la Cour royale de Limoges;

BSe CORRESPONDANCE.

malgré le soin que j'avais pris de m'assurer que M. Lasagni^ n'était point encore déeoré, il Tavait <}té lors d'un dernier travail qu'avait fait Votre Excellence. Vous pouvez en conséquence disposer <rune croix de plus.

Je viens de recevoir votre lettre de Clermont. Je <lonnerai à MM. Varin* et de Martîgnac^ les in-

'RiviÈREi procureur général prés la Cour royale d'Agen ; Dubo( rg, •président en la Cour royale d'Amiens; Philippe d'Ellevillb, conseiller en la Cour royale de Caen ; Desclaux, président de chambre en la Cour royale de Corse ; Recuis^ procureur du Roi prés le tribunal de première instance de Marseille; Dkville, juged'instruction au tribunal de première instance de Strasbourg; Jauffret, maître des requêtes. » (Moniteur du VQ juillet.)

' Barthélémy-Vincent- Joseph Lasagni, né à Rome le SK5 aoôi n773. D'abord membre du tribunal de la Rote, il fut nommé, en 1809, conseiller à la Cour d'appel de sa ville natale et, en 1810, -conseiller à la Cour de cassation. Frësîdent de la chambre des requêtes en I8/16, il obtint sa retraite le 19 décembre 1850 avec 1« grand cordon de la Légion d'honneur. Il mourut à Rome le 91 octobre 1857. Ci M. Lasagni, disait M. Dupin, a toutes les qualités qui font aimer l'homme et toutes les vertus qui font estimer le magistrat. ^^ (Audience du h novembre 1850.)

* Par ordonnance du 15 juillet, M. Varin, premier avocat général prés la Cour royale de Rennes, avait été nommé procureur général près la Cour royale de Motz.

3 Jean-Baptiste-Sylvère Gay de Martignac, né à Bordeaux le 20 juin 1778. Il était le fils d'un avocat distingué et devînt lui-même l'un des orateurs les plus brillants du barreau de sa ville natale. Clief lies volontaires bordelais au mois de mars 1815, il négocia avec le général Clausel le départ de M"*® la duchesse d'Angoulême. Il fut nommé avocat général près la'Courde Bordeaux en 1819 et procureur général prés la Cour de Limoges le 15 juillet 18>K). Les électeurs de Marmande le choisirent pour député en 182^1. Deux ans plus tard, il. accompagna Tarmée d'I^spagne en qualité do commissaire civil. En 182i!i, il obtint la direction générale de Tcnregistreiuent

ANNÉB 1890. . 551

stmctioQS qu'elle contient. Aucun de ces messieurs n'est encore arrivé. M. d'Hannoncelles^ est à Paris depuis deux jours, reconnaissant, comme il doit Têtre, de vos bontés. J'ai vu également M. de Ma-

lerille ^. Il m'a paru trèsHBatisfait

J'ai donné communication au Conseil des ministres de la grande circulaire de Votre Excellence^;

et des domaines ainsi que le titre de vicomte. Il reçut le portefeuille de rintëriear le h janvier 1838 et le garda jusqu'au 9 août 1899. Après la révolution de 1890, lors du procès des ministres, il prêta à M. de Polignac le secours de son éloquence. Il mourut k Paris le 3 avril 1899. Son ëloge a été prononce dans la conférence -des avocats, à Bordeaux par M. Paul Girard le h décembre 186ât, à Paris par M. Léopold Toussaint le 10 décentibre I86/1.

* Une ordonnance da.9 juillet avait nommé M. d'Hannoncelles, président de chambre à la Cour royale de Metz, premier président de cette même Caar.

Une antre ordonnance* du 15 juillet» remplaça M. d'Hannoncelles, comme président de Chambre, par M. de Julvécourt, conseiller à la Cour de Metz.

* Le comte Pierre-Joseph de Maleville,fils du marquis Jacques de Maleville, Tun des rédacteurs du Code civil, naquit à Domme (Dordo9ae)le là juillet 1778. Il devint sous-préfet de Sarlaten I8O/1 et conseiller à la Cour impériale de Paris au commencement de 181 1 . Le I^ avril I8I/1, il se déclara, dans une adresse au Sénat, pour le rappel des Bourbons et la monarchie constitutionnelle. Député de laDordogne àla Chambre des représentants, il s'opposa, le 93 j uni 1815, à ce que le fils de Napoléon fût reconnu empereur. Il obtint» le 7 juillet 1819, la première présidence de la Cour royale de Metz, le 9 juillet 1890, celle de la Cour d'Amiens, et le 20 mars 18S8, un eiége de conseiller à la Conr de cassation. La mort de scu père, eurvenue le 91 novembre ISiU», lui avait ouvert les portes de le Chambre haute. Il mourut à Paris le IS avril 1839. — Voyez la Biographie universelle (Michaud}, nouvelle édition, t. XXVI, p. 939.

3 Yoyea l'Appendice n<» XXIIl.

668 CORRESPONDANCK.

elle a été fort approuvée, et chaque ministre en a réclamé une copie pour pouvoir écrire dans le même sens aux fonctionnaires qui sont placés sous son autorité.

J'ai déjà reçu plusieurs rapports fort intéressants de M. Bourdeaii; ils contiennent divers renseignements importants concernant les élections dans les départements de Maine-et-Loire et de la Vendée.

M. Dlanquart de BaîUeul m'invite à rappeler à Votre Excellence qu'il l'avait priée de penser à lui pour la place qui demeure vacante à la Cour de cassation.

M. Aréna insiste toujours pour être placé. Il accepterait les fonctions de substitut près la Gour royale d'Aix, mais il préférerait une place de cobseiller dans une Cour royale, quelle qu'elle soit. Je lui ai promis de vous faire connaître ses dispositions.

Je ne parle pas à Votre Excellence des affaires générales; elle a sur ce chapitre des correspondants plus au fait que moi. Toutes les pensées se reportent sur les futures élections. Les libéraux semblent reprendre courage, et je crains fort que l'obstination de certains royalistes exagérés à porter des noms trop fameux ne ser\'e beaucoup les ennemis du gouvernement. Il faudrait convenir de ne tenir à aucun individu, mais d'insister avec énergie sur la couleur et la direction d'une opinion. Il peut être dangereux de prétendre faire triompher un nom propre,

il sera aussi facile qu'utile de faire arriver des hommes dévoués et sûrs, quoique nouveaux.

On s'est occupé, dans le dernier Conseil, des projets de loi à proposer pour la session prochaine. De ce nombre sont une loi sur la répression des délits de presse et une autre sur la dotation de la Chambre des pairs. Si Votre Excellence avait .à ce sujet quelques directions à me donner, je les recevrais avec reconnaissance.

Vous ne m'avez pas parlé de votre santé ; j'en conclus qu'elle est bonne et telle que nous pouvons la désirer. Je vous serai obligé néanmoins de m'en dire un mot une autre fois.

Je prie M"* de Serre d'agréer mon respectueux hommage.

J'ai l'honneur d'être avec un sincère attachement' et une respectueuse considération.

Monseigneur, De Votre Excellence le très-humble et trèsobéissant serviteur,

Comte PoRTALis.

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