‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 2)Chapitre 229 sur 241 · M. dtt la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. dtt la Boulaye à M. de Serre

Paris, mardi 95 juillet 1890.

C'est bien. Vous êtes à Clermont et sans trop de fatigue; il n'y a plus qu'à gravir le mont Dore; et j'ai votre lettre du SI qui répond aux miennes des 18 et 19. Les aimables personnes que ces courrierâ qui voyagent jour et nuit pour nouer nos fils .'

M. le duc de Richelieu est maintenant en grande conférence avec M. Roy et probablement sur cette terrible affaire des directions générales. Je lui ai écrit quelques mots. Il m'enverra chercher à ia chancellerie dès qu'il sera libre. Il saura, ainsi que M. Portails , tout ce que vous pensez de l'affaire liallemand et de celle des gardes du corps.

Je causerai du reste de votre lettre (de Guizot et des élections) avec le président du Conseil et M. Meunier. Chacun sa part.

Les mouvements de notre diplomatie font que le marquis de Rivière^ revient de Constantinople, où

* Charles-François de Riffardeau, marquis de Rivière, né »n château de la Ferle (Berry) le 17 dc^cembre 1763. Il ^tait, en 1789, officier aux gardes françaises. 11 ëmîgra et devint aide de camp de M. le comte d'Artois, qui lui confia plusieurs missions délicates et pe'rilleuses. Arrête à Paris en même temps que le gënëral Pichegru et Georges Cadoudal, il fut condamne à mort le 10 juin ISOh ; mais, grâce à l'intercession de l'impératrice Joséphine, cette peine fut commuée en celle de plusieurs années de détention. Ma-

il sera merveilleusement bien remplacé par Florimond de Latour-Maubourg\ qui a déjà £ait ses preuves sur ce théâtre: Le marquis de Rivière sera capitaine des gardes de Monsieur : toute sa vie a été dévouée au prince. J^aime tendratnent M. de Rivière ; c'est la fleur des preux, l'honneur même, mais rhonneur accessible à la raison; je suis channé de le voir là.

Hier, dînant chez Becquey avec l'abbé André*,

rëchol de camp en 181/i> lieutenant gënëral et pair de France eu 1815, ambassadeur à Constantinople de 1816 à 1820i il fut nomme', à son retour, capitaine des gardes de Monsieur*. Il devint, en 18Sb, duo hërëdi taire et, en 18St5> gouyernenr de M. le duc de Bordeaux. Il mourut à Paris le 31 avril 1838. — Voyez les Mémoires posHiumes touchant la vie et la mort du duc de Rivière, Paris, 18S9.

* Jean-Pierre-Florîmond de Fay, marquis de Latour-Maubourg, né le 9 octobre 1781. Entre dans la carrière diplomatique peu après le 18 brumaire, il devint, en 1806, second secrétaire, et, en 1809, chargé d'affaires à Constantinople. Il fut nommé, en 1812, piinistre plénipotentiaire à Stuttgard. Jl fît comme volontaire la campagne de 181ii. Ministre à Hanovre en 1816, à Dresde en 1819, il retourna en 1823 à Constantinople comme ambassadeur » mais, n'ayant pu obtenir du Grand Seigneur les concessions qu'il jugeait indispensables, il partit sans remettre ses lettres de créance, ce qui ne fut pas approuvé de son gouvernement. Il obtint en 1830, après la révolution, l'ambassade de Naples et, en 1831, celle de Rome, oïl il mourut le fOt mai 1837. 11 faisait partie de la Chambre des pairs à titre héréditaire depuis 1831. Son éloge a été prononcé par le comte Philippe de Ségur le 31 janvier 1838.

* A l'époque du Directoire, l'abbé André avait servi d'agent entre le Conseil royal et Louis XVIII. Nous lisons dans la Vie politique de M, Royer-Collard par M. de Barante : « M. Royer- Collard voulut qu'aucun intermédiaire ne fût placé entre eux [les membres du comité] et le Roi, pas même M. d'Avaray, qui avait

j'ai pu savoir que Royer était profondément blessé de ce qu'on appelle ingratitude et légèreté de jeunes gens et d'une ingratitude phis haute. C'est, dit-on encore, attenter à la dignité du caractère du maîti-e que de lui conseiller de pareilles mesures.

On parle d'une longue suite de lettres entre Royer et Tabbé André. Ce recueil ne doit pas paraître encore, mais on le publiera plus tard.

Je quitte le duc. R vous a écrit il y a trois ou quatre jours. Vos nouvelles sont attendues par lui comme par moi.

Germeau vous donne les détails du ministère et expédie les journaux.

Jacquinot se rappelle à votre bon souvenir.

Sans adieu, très-cher ami; tâtez ces eaux; ménagez-vous ; ne compromettez rien de cette santé que nous ne saurions faire trop bonne et trop forte,

et aimons-nous.

alors toute raffection et la confiance de Louis XVIII. Un homme subalterne, mais raisonnable, spirituel, dëvou^ et courageux, Tabbf^ Andrë, devait être charge' de porter les lettres du comité et les réponses écrites ou verbales du Roi. Le comité n'acceptait point une autre mission que d'observer les événements, Tétat de l'opinion publique, la marche du gouvernement. Il était autorisé à assurer les hommes importants par leur position ou leur influence qui sembleraient bien disposés et sincères que les intentions dû Roi étaient conciliantes et nullement réactionnaires, sans leur faire ni offres ni promesses. »> (T. I®', p. 55.)

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