Le comte Germain à M. de Serre
Paris, 27 «vrîer 1830.
Monsieur,
Permettez que je vous adresse l'opinion que j'ai émise devant la Chambre des pairs sur le projet de loi relatif à la suspensicm des écrits périodiques. Il a fallu toute la conviction dont j'étais pénétré pour m'opposer à une mesure à laquelle le gouvemement
attache une grande importance. Je sais que jamais il ne fut plus nécessaire de le seconder et de le défendre ; mais je sais aussi qu'il n'est pas une arme plus funeste que la censure et qu'elle est surtout dangereuse pour ceux qui veulent s'en servir à leur profit.
J'ignore, monsieur, quel est votre avis sur cette question; mais, accoutumé comme je le suis à le compter pour beaucoup dans les motifs qui déterminent ma croyance politique, j'ai cru devoir vous apporter le faible tribut de mes lumières. Je désire que vous voyiez dans ma démarche une preuve nouvelle de la profonde estime que vous m'avez inspirée et que vous me permettiez d'y joindre l'assurance de la haute considération et du dévouement
que je vous porte.
Comte Germain.