M. de la Boulaye à M. de Serre
Paris, vendredi 2/» mars 1850.
La discussion sur les journaux prend un violent caractère. Vous me verrez injurié, ne m'en aimez pas moins.
Notre Royer est sur les charbons ardents : sa figure exprime le trouble de son âme. C'est un galant homme ; mais je pense, comme vous, qu'il a tï*op sucé le lait de la Révolution ; il en a des nausées dès que certaines cordes vibrent à son oreille. Très -puissant pour ameuter les opinions, pour exci- ^^ les craintes, pour irriter l'opposition, il faiblit ^ès qu'il faut se mettre à sa tête et la conduire. A droite, à gauche, on s'empare de ses idées ; je les ^oîs poindre et se dénaturer selon les bouches par où. elles passent. Déjà ce ministère-ci est, selon nos ^c^ctrinaires, frappé d'une maladie mortelle ; déjà ^Is lui voudraient des successeurs. Ils ont désiré ^I- de Richelieu, mais autrement encadré, comme ^^ le duc pouvait s'accommoder de tous les cadres. Je croîs que notre discussion so terminera au-
^h CORRESPONDANCE.
jourd'hui et que je répondrai demain. Je suis ex de tous ces discours. Celui de M. de Salis ^ est] d'esprit.
Sans adieu, chers et bons amis. Ménagez-\
M. de Puymoisson et tant d'autres me pai
souvent de vous. Je vous entretiens dans les bo
pensées.