M. de lia Boulaye à M. et à M™® de Serre
Paris, samedi 25 mars 1820.
J'écris au rez-de-chaussée et tout va bien au premier étage. Les fillettes sont admirables. Le faubourg Montmartre n'offre rien à dire. Si la santé do Nice valait les nôtres, nous serions heureux. Nous revoyons encore poindre aucun bourgeon; l'année ^t tardive. Notre malheureux prince nous aurait-il ^Dîporté le printemps? Mes bons amis, notre ciel ^stbîen nébuleux.
Caanille a prononcé hier, avec beaucoup d'onction 6t de grâce, le manifeste du triumvirat; il a admi-
2i»6 CORRESPONDANCE.
rablement parlé; c'est, à mon avis, le saint Chrysostome des niaise Vous verrez son discours. Je vais lui répondre; vous trouverez chez moi quelques-unes de vos inspirations.
Notre côté droit joue un pauvre rôle, et en est honteux et embarrassé. Les virtuoses, les la Bourdonnaie, les Castelbajac, ne s'engagent que traîtreusement; les politiques se taisent. Nous verrons Pour ma part, je ne leur céderai rien qui touche l'honneur.
Mille tendresses , mes bien chers amis.