‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 108 sur 247 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Paris, dimanche 26 mars 1820.

La Marinette, gaie toute la semaine, l'est plTtJi^ encore le dimanche ; la nourrice est toute réconfîc^-'tée de vos souvenirs. Louise et sa dame d'honne^i-*^» dont je suis fort content, vont visiter les grands J>^^ rents, qui se portent bien. Nous dînerons ensencii^^ chez Rover; car j'y dîne toujours, et, jusqu'^^ ^ qu'il me chasse , je ne négligerai rien pour ^^

* Voyez V Histoire de la Restauratiouy par M. Nettemeot» **- - ^* p. 318, et YHistoivc du gouvernement parlementaire y par '^^'^ llaiiranne, t. V, p. htj7.

ANNÉE 18â0. fiil

Tendre de bons offices. A^ous verrez dans les gazettes que notre ami est entré dans la tranchée ouverte par Camille^ .

Ressusciter le centre de la Chambre est chose

difficile. On croit être neutre, on ne l'est pas. Dans ia situation actuelle des opinions, les moindres nuances sont saisies. Les bravos du côté gauche et le silence du centre droit et de la droite devraient désabuser Royer, qu'on ne désabuse pas. La raison voudrait qu'il n'y eût qu'une majorité royaliste et qu'une opposition populaire. Les fractions de fractions rendent cela presque impossible, mais il faut y tendre. J'éprouve tous les jours que les premières impressions produites par la Révolution sont ineffaçables : ma haine pour les jacobins est encore toute jeune, et, dans d'autres têtes, les idées révolutionnaires ne sont pas plus vieilles ; on tient pour Ma^rius ou pour Sylla parce qu'on a jadis suivi leui?s drapeaux.

A^ous verrez dans le Moniteur d'aujourd'hui mon résumé de la discussion, ou plutôt mes réponses à ^^ qui avait fait le plus d'impression. Les journaux ^^ tronquent, me travestissent et m'injurient. Je ^^îs à mille lieues des beautés antiques ; mais, si ^^s Callots de la littérature faisaient la caricature de ^ A^poUon du Belvédère, ils le rendraient hideux.

Je reçois, cher ami, votre lettre du 16. Reposez- ^'0\xs, écrivez peu, c'est fort bien fait. J'expliquerai

^oyez la Vie politique de M. Royev-Collardj par M. de Ba«»

â48 CORRESPONDANCE.

VOS raisons. Que le retour du soleil soit béni s'il vous ranime ! Germain sera remercié ^ .

Nous n'avons qu'une pensée sur les inconvénients de l'appel d'un membre de la droite ; nous n'en sommes pas là. Toutefois ces messieurs supportent impatiemment le frein. Les plus fougueux n'ont pas cessé d'entretenir des intrigues et de planter des jalons. Leur position les gêne ; ils convoitent. J'ai foi aux raisonnables et à la fermeté du ministère.

Sur les deux degrés je vous ai devancé ; ils m» répugnent par les raisons que vous me donnez es par d'autres. J'ai fort demandé qu'on ne fit à ce égard aucune concession, et, quoique la droite pousse, quoique Saint-Cricq et autres un peu vil s'y prêtent, je croîs qu'on ne s'engagera pas. Lsituation est fort brouillée, mais nous chercheror: à l'éclaircir, et, si vous revenez, vous serez nota flambeau.

Sans adieu, mes bien chers amis. Que l'amîti. nous console et que la santé vous revienne !

Le Roi a été indisposé pendant vingt-quati. heures. Il paraît que cela n'aura pas de suite : q^ Dieu le veuille !

* Le comte Germain, qui avait ëcrit à M. de Serre. — Voyez dessus, p. 1)9.

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