‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 110 sur 247 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Paris, mercredi 29 mars 1830.

J'ai médité votre lettre, cher ami ; elle sera remise aujourd'hui. Il peut y avoir de Tavantage, je n'y vois pas d'inconvénient.

Vous serez tenu très-exactement au coui*ant. La

* ^88ai sur le principe générateur des Constitutions politi- </ues ^tdes autres institutions humaines, Saint-Pëtersbourg, 1810.

loi sur les journaux rendue et pendant la discussion des comptes, nous nous occuperons des élections.

Si, après les lois de sûreté et de journaux et les discussions qu'elles ont amenées, on est contraint de sortir, sur les élections, de votre système et de se résigner à de l'insignifiant ou à de Vultracîsme, je crois, comme vous, que vous n'aurez plus de terrain. Vous le saurez à temps, et vous vous déterminerez alors à prolonger votre absence. J'y dispose les esprits. Certes, je n'entends pas que vous vous compromettiez pour des vétilles, ou que l'on vou engage dans un mauvais défilé. Vous êtes trop pré cieux.

Ce qui complique notre situation, c'est, d'un part, l'ignorance et la folie, et, de l'autre, une hain violente et des engagements pris. D'un côté, o craint avec raison de donner à des prétention^Mfc. s folles l'arme des lois , et , de l'autre , on veut H< "^^ s éloges de journaux, la faveur populaire, la die ture du centre, et Ton ne s'aperçoit pas que le gê néralat de la cavalerie est ainsi dévolu à V exirèir-z:^^ e gauche, dont l'influence arrache des lois plus moins attentatoires à l'autorité royale.

Dans la situation actuelle des esprits, la droi vous accorderait confiance , et vous trouveriez ailléu des forces suffisantes. Mais vous n'êtes pas ici, chaque jour, sur cette loi d'élection, des cosnhst^ d'avant-poste gâtent les troupes.

Nos petits enfants jouent sur le gazon. Le docte Auvity les voit de temps à autre. Tout va merve leusement à la chancellerie et dans le faubouf^.

^Tl

Mille tendresses, mes bien chers amis.

Vous verrez le discours de Brigode ^ .

Page 1