M. de la Boulaye à M. de Serre
Paris, samedi 1®' avril 1890.
Louisette etMarinette ont été hier à Longchamps , "•^ïiais plus beau soleil n'a lui sur vos petites filles .... '^ se porte bien ailleurs.
M. Pasquier s'est fait beaucoup d'honneur : on ^^e son talent, sa persévérance, son courage; on a ^son, et je désire que vous lui en disiez quelques ^ots. Il sait et dit tout ce que vous valez. Vous êtes ^ts pour vivre ensemble, et ceux qui veulent vous ^sunir entendent mieux leurs propres intérêts que ^Ux du pays et les vôtres. Nous sommes en crise; ^s peuples sont travaillés. Il y a remède si tous les *^ïis s'unissent.
Je ne suis pas de force à disputer le prix aux jeux Olympiques, mais je connais les athlètes et je sais apprécier leur vigueur. Rétablissez-vous, et vous rendrez d'immenses services ; votre influence franchira nos frontières. Entre vous et toutes le.s têtes fortes, entre vous et tous les esprits vastes il y a des atomes crochus ; vous vous tenez par certain côtés. Mais vous êtes destinés à vous aimer, à vou admirer de loin ; en vous rapprochant, vous ne se rez pas d'accord. Les antécédents des uns ne son pas les antécédents de l'autre; et, dans les temjvdifficiles, lorsqu'il n'y a plus d'essais à faire, lo que la pratique doit vaincre la théorie, il est i possible que, bec à bec, vous soyez à l'unisso Tiraillés dans des sens divers, ou la force d choses soumettra vos amis et les enrégimentera sa votre drapeau, ou ils déserteront avec armes bagages.
Nous allons nous occuper d'abord de la propo tion dte Benjamin sur la manière de voter, puis des comptes.
Voulez-vous des nouvelles de salon ?
Les bonapartistes ont fait proposer au Roi de les mettre à la tête des affaires et d'y rappeler M. Decazes ; ils promettent tout leur parti, toute leuT énergie et toute la liberté que leurs manières comportent. Cette idée a pu passer par leurs têtes, mais L je ne crois pas qu'ils y aient donné suite. C'est une 1 ressource. ^
Nos libéraux parlent de protester et même d al- 1 1er délibérer à Lyon. Je ne le crois pas davantag^^ L
ANNÉE 1820. 96îr
Mille bonnes amitiés, mes très-chers. J'embrasse Gaston et père et mère.