M. de la Boulaye à M. de Serre
Paris, vendredi \U avril 1830.
>Jos fillettes sont bien portantes
l'ai trouvé ce matin M""® d'Houdetot chez vos en-. its, et M™® de Dortan, que j'ai vue hier au palais
5ak CORRESPONDANCE.
Bourbon, m'a dit que, la veille, Madame^ avait eu la bouté de lui demander fort gracieusement et fort longuement de vos nouvelles.
La bonne maman est venue visiter hier ses petiteenfants.
Les libéraux veulent que Ton discute la loi des élections telle qu'on l'a d'abord proposée. Le goa— vernement ne peut plus retirer une loi dès que Chambre en est saisie ; s'il y a exemple de lois dis parues , c'est que les commissions ont cru conve nable de les laisser mourir.
Ainsi le Roi ne peut pas faire ce qui est loisible une commission, ce qui est permis à tout membre? de l'une ou de l'autre Chambre, lorsqu'une proposition faite, prise en considération et même discutée, est retirée. Vous voyez qu'on use de ses forces dè^ qu'on croit en avoir.
Le parti va se développer encore sur la spécia— lité des dépenses. Les articles 150, 151 et 152 de laloi du 25 mars 1817 ne suffisent plus . Il faut qu^ les dépenses, discutées et votées, chapitre par cha— pitre, ne puissent être excédées sur aucun point, compensées sur aucun autre, sans subir le joug des formes législatives et sans que les comptes repro^ — duisent ensuite les opérations des ministres daii tous leurs détails. Le bill d'indemnité devra êti appliqué, non -seulement à tout excédant du crédi'fc total, mais encore à toute compensation entre les crédits particuliers.
Madame, duchesse d'Angoulême.
La lettre que Sainte-Aulaire m'a apportée est igue et bonne. Je pense, comme vous, qu'on voit at-être trop en noir. On me parle de vous avec tdresse, et des afifaires publiques très-convenaîment, sauf quelque susceptibilité que l'entourage ;rît et qui perce un peu trop.
Dans touf les cœurs il est toujours de l'iiomme.
A. demain, mes bien chers amis; je serre et baise mains et les joues de qui de droit.
Mille tendresses.
Te vous parlerai demain de la petite insurrection i écoliers de Raoul Rochette^ censeur, et de elque chose de plus grave à la Banque.
Délire-Raoul Rochette, n^ à Saînt-Amand (Cher) le 9 mars OL Eh 1815 suppléant de M. Guizot dans la chaire d'histoire depne, en 1818 conserrateur des médailles, de 1^0 à 182(* senr, en 18S6 professeur d'archéologie, en 1838 secrétaire pétuel de TAcadémie des beaux -arts, il mourut à Paris le ûUet 185A. Il a laissé de nombreux écrits, et passe pour Tun lionmies qui ont le plus contribué à faire connaître l'antité.