‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 141 sur 247 · M. Germeau à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. Germeau à M. de Serre

Paris, le 15 avril 1890.

Monseigneur,

Je croîs devoir informer Votre Excellence de àenX événements dont les journaux ne rinstruîraîeat point ou ne l'instruiraient qu'incomplètement.

Le cours d'histoire moderne, fait par M. Raoul Rochette à la Faculté, a été troublé jeudi de lama-nîère la plus grave par les cris de A bas le cenrseur ! Point de censeur pour professeur ! M. Raoul Rochette, étourdi par ces clameurs inattendues, répondit d'une manière assez peu convenable en disante, que demain le professeur ou le censeur aurait disparu. Cette réponse, qui n'était autre chos^ qu'une insigne faiblesse et une concession fort inop-* portune, calma le tumulte, et le cours s'acheva pai— siblement. Dans la journée, M. Raoul Rochette n^ tarda pas à se reprocher ce qu'il avait dit, et, mieux: conseillé, il a annoncé l'intention de rester censeur; c'était en effet le seul parti qu'il eût à prendre et pour lui et pour le gouvernement. Le cours d'histoire a été fenné, et je pense qu'on ne le rouvrirai pas de sitôt. 11 paraît certain que le trouble a été causé par des gens pour la plupart étrangers au cours, par des hommes àjmoustaclies et une foule

individus qui certainement ne venaient pas là pour tzdîer ^ .

Le second fait, quoique ayant eu moins d'éclat, t plus grave encore. M. le duc de Gaëte, lorsqu'il la* se faire installer comme gouverneur de la Banle, trouva une protestation faite par les membres L Conseil contre sa nomination. Cette opposition pose sur ce que, bien que le décret d'organisation ^ 1810 relatif à la Banque donne au chef du gouornement le droit de nommer le chef de l'établisseent, les actionnaires, par Torgane des régents, iuseurs et autres fonctionnaires de la Banque, avaient cessé de réclamer une organisation nouille qui reposât sur des bases plus libérales et qui ^rendît plus indépendante du gouvernement; le parmi les choses les plus demandées était le oit de nommer un gouverneur, etc., etc. Cette ^e avait été préparée à l'avance, et presque tous ttx qui y parlèrent avaient des discours écrits; - Delessert, entre autres, en fit un assez mauvais esprit et assez hostile. On décida enfin que l'on évoquerait très-prochainement une assemblée géï^le d'actionnaires pour délibérer sur cet objet ; *îs un des censeurs (on n'a pu me dire son nom), *ayé du tour que prenaient lés choses, fit observer L*iine assemblée générale d'actionnaires, hors des oques habituelles de réunion, ne devait avoir lieu, ^3ç termes de^ règlements, que sur un rapport fait

' A'oyez VHiêioire de la Restauvation, par M. de Viel-Castely VllJ,p./,56.

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