M. de Serre à sa mère
Nice, as février 1830.
Eh bien ! chère maman , voilà encore une crise ministérielle qui me laisse debout, mais fort ébranlé. Dans le succès que vient d'obtenir la calomnie, je lis mon sort futur et m'y résigne d'avance sans peine, pourvu que notre pauvre pays soit sauvé.
'toutes ces douleurs, toutes ces inquiétudes ne sont pas ce qu'il me faudrait pour ma santé. D'ailleurs, pour quelques journées magnifiques, nous avons beaucoup de journées de vent ou de pluie. Quand je puis sortir et monter à cheval , cela va bien . Je resterai ici le plus que je pourrai pour retrouver à Paris la saison aussi douce que possible; mais j'y arriverai infailliblement pour la discussion de la loi des élections; la retraite de M. Decazes m'en impose plus que jamais le devoir. Après la session j'irai probablement aux eaux. Cela fera bien des voyages ; mais
en eux-mêmes ils me font du bien, et puis ils m'éloignent des affaires, qui me tuent.
Je suis charmé d'avoir des nouvelles d'Hyacinthe et qu'il soit content de sa situation. Lorsque M. Decazes sera en Angleterre, il sera heureux de s'employer à l'améliorer. Avant son départ il a fait nonumer M. Duterrier commissaire de police \
Au revoir, chère maman ; embrassez pour moi mes bonnes petites filles. Mes tendresses à mon père. Je vous embrasse du meilleur de mon cœur. Votre bon fils et tendre ami.
J'ai écrit à Hyacinthe d'ici.