‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 59 sur 247 · M. de la Boulaye à M""® et à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M""® et à M. de Serre

Paris, jeudi 2 mars 1830.

Très-chère dame,

Je viens de lire avec de doux battements de cceur votre lettre du 23. Je vous remercie d'être touchée et convaincue de l'amitié que je vous ai vouée. Comptez-y comme je compte sur vous.

Vos lettres vont être expédiées. Le paquet pour le duc de la Châtre est gros, et je serais bien aise qu'il contînt une lettre de notre ami pour le Roi, D'autres circonstances y auront donné lieu, s'il n'en est pas ainsi.

Très-cher ami, nous avons eu hier une séance orageuse . on vous envoie des journaux qui vous la dépeindront. J'aurais voulu que M. Pasquier prît la parole. Il me semble qu'il pouvait le faire honorablement, et je lui avais d'avance communiqué mes idées. Pourquoi n'aurait -il pas dit : « M. Decazes a consommé son sacrifice. La plus grande, la plus efficace consolation qu'il puisse recevoir, c'est qu^ son nom ne serve dans cette Chambre de prétexte eu aucun dissentiment, c'est qu'on ne l'emploie pas à^ susciter des ennemis au gouvernement du Roi. Un^ accusation téméraire a été intentée publiquement, efc publiquement la Chambre en a fait justice. Un(^

autre accusation en termes plus mesurés a été proposée et retirée par son auteur. S'il en eût été autrement, M. Decazes eût attendu la décision de la Chambre avec confiance. Il n'y a nul inconvénient à terminer ces déplorables discussions comme le bureau de la Chambre le propose ^ . »

On n'a rien dit, et 122 voix contre 117 ont fait flétrir au procès-verbal Clausel de Coussergues, qui du reste l'a bien mérité.

Il a annoncé qu'il développerait son accusation : c** est ce cpie l'on veut. Il s'agit d'attaquer tout le gouvernement en lui répondant et de reprendre les choses iiepuis la Restauration.- Tous ceux qui depuis trois mois travaillent si efficacement à renverser M. Deoa,zes veulent à présent le relever. C'est recommencer . Necker; être élevé sur le pavois des Benjamin des Chauvelin, quel triomphe ! Nous sommes fous. Quel que soit le cours des choses, je vous le i^épète, ne vous pressez pas d'écrire ; rétablissez v^ous. Nos dangers sont grands, mais reprenez vos forces, et vous nous apparaîtrez comme Achille aux portes du camp des Grecs. Réfléchissez.

Le duc de Richelieu est plein d'honneur et de cou- ^^e : vous nous sauverez peut-être ensemble. Mille tendresses, mes très-chers amis.

Je vais remettre votre lettre à Wendel.

Sur les motifs qui déterminèrent M. Pasquier et les autres mî- ^^treg à garder le silence en cette occasion, voyez V Histoire de ^^ -^estaura^on, par M. de Vîel-Castel, t. VIII, p. 361-36A.

l!S CORRESPONDANCE.

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