M. de Mézy à M. de Serre
Paris, h mars 18S0.
Monsieur,
Je vous remercie beaucoup du petit mot de nouvelles de votre santé que vous avez bien voulu me donner par votre lettre du 23. Je puis vous assurer
aux Espagnols insurges contre le roi Ferdinand VII. En 183/i,il se ^clara pour la reine Isabelle. Il mourut à Barcelone le 3A de- ^^:x*r6l836.
que j'en suis digne par l'intérêt bien vif c[ue je prends, comme tous les bons Français, à ce qui vous touche.
Je vous mettrai exactement au courant, comme vous le désirez, de ce qui regarde la discussion sur la loi d'élection . Vous savez que la commission est détestable, que les quatre libéraux proposeront le rejet, les trois doctrinaires des amendements qui ôteraient à la loi tout son effet, et que Laine et Bourdeau sont les seuls qui veuillent la loi. Il ne sortira donc rien de bon de la commission, maïs la discussion n'en sera pas moins longue ; le rapporteur ne sera donc pas encore de sitôt nommé, il aura besoin de trois semaines pour faire son rapport, et il n'est pas probable que la loi soit discutée avant le 15 avril. Il y a une irritation violente dans les ultra-libéraux; je les crois capables d'exciter, s'ils le peuvent, des mouvements et de se porter aux dernières extrémités. Au reste, ils deviennent tous les jours plus odieux à tout ce qui aime la monarchie et la légitimité. Ils sont venus à bout de réveiller cette misérable affaire de Clausel, mais je crois encore que ce dernier ne fera pas sa proposition et qu'en tout cas il ne sera soutenu presque par personne. Villèle continue à être fort bien disposé.
Je vous envoie une lettre de M. Decazes, qui est arrivé jeudi des Ormes et qui, par conséquent, a dû séjourner deux jours à Paris ; il paraît qu'il a soutenu assez bien la route jusqu'à Poitiers. Je ne sais pas encore de nouvelles ultérieures. Vous savez qu'il sera bien reçu en Angleterre et que le roi
Georges a écrit à notre Roi la lettre la plus aimable à cet égard.
Je vous quitte pour aller nommer des commissaires pour la loi de la presse. Les bureaux ne sont pas mal arrangés si Ton est exact, et nous devons avoir majorité dans cinq ou six. Cette loi passera sans difficulté, celle de la liberté individuelle aussi, mais avec de vives réclamations. La plus difficile à arracher sera celle des élections, surtout l'article important du renouvellement intégral à cause de l'attaque à la Charte.
Veuillez présenter mes respects à M"™^ de SeiTC et recevoir la nouvelle assurance de mon dévouement et de ma haute considération.
DUPLEIX DE Mézy.