‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 3)Chapitre 76 sur 247 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Samedi 11 mars 1820.

Mon très-cher ami,

Nous finirons probablement aujourd'hui notre loi liberté individuelle. Je compte qu'amendée ou ^^on, elle aura une majorité d'une quinzaine de voix. ^ïier on m'a nommé rapporteur de celle sur les î^^umaux. Je ferai jeudi mon rapport. Ne me maudissez pas.

J'ai vu Barante, je vois Germain, Guizot. Ils se

^^cmttous placés dans une fausse position. M. Deca-

^^s, et cela n'est que trop vrai, a péri sous leurs

^^ups. Maintenant ils jettent les hauts cris, ils mena-

^^nt de la réaction. Nous n'en aurons pas. M. le duc

^^ Richelieu n'en veut pas; il résistera. Nous som-

ISS CORRESPONDANCE.

mes forts, et nous le serions davantage san3 toutes les déviations des gens d^esprit. Si, après la session, M. de Villèle doit être appelé aux affaires, ce qui n'est pas encore décidé, je n'y vois pas d'inconvénient. L'Espagne doit servir de leçon à tous les partis, sauf à celui des libéraux, auxquels elle peut donner de folles espérances. Le côté droit sent la nécessité de se fondre, et, en vérité, il vaut mieux l'appeler à soi et vivre avec lui que de se lier avec des hommes qui ne peuvent pas s'arrêter, que l'honneur repousse et que l'Europe maudit.

Notre ami est au Gibeau avec sa famille et se porte bien .

Sainte- Aulaire a fait hier à la Chambre im discours spirituel qui n'a pas mordu sur les esprits. Vous le verrez dans le Moniteur.

J'ai prié Germeau de vous envoyer tous les jour

naux qui en valait la peine.

Je parle de vous à tousceux à qui il convient d'ei i parler comme si j'en étais chargé. Il est utile d'en tretenir les bons sentiments des gens de bien.

Royer roule de projets en projets sur la loi d'élet ■ *> tion. U attend de vos nouvelles.

Toute la partie saine de la Chambre, l'ancieniiK^^^ gauche et les nouvelles élections exceptées, veut i tout prix soutenir le ministère. Nos amis parleron^^Dt d'or tout haut ou tout bas, mais ils suivront les grenus bataillons.

Je dînerai demain chez Royer avec Corbière.

Mille tendresses, bien cher ami; promenez-vout^i dormez, refaites votre santé, prenez votre temps ^t

revenez vigoureux, pour battre, s'il le faut, celui qfui vous aime et vous sert. Vous trouverez votre lit bo», vous pourrez vous y dorloter et ne pas tomber dans la ruelle.

Je vous embrasse, ch«:s amis, bien tendrement.

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