‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 102 sur 126 · M. de la Boulaye à M. de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. de Serre

Paris, samedis août 18S1.

Très-cher ami,

La poste ne partira pour le Mont-Dore que demain dimanche; mais, comme j'irai coucher ce soir à la Jonchère et que je passerai la matinée de demain auprès de vos enfants, à Saint-Cloud, il faut bien vous écrire aujourd'hui.

Tout le monde se porte bien au pavillon Breteuil. Ty|me d'Huart a le projet de revenir incessamment à Paris, d'où il faut conclure qu'elle ne tardera pas à se mettre en route. Je réglerai ma marche sur la sienne si elle part la semaine prochaine, sinon je la devancerai et j'irai l'attendre à Ay, où je compte être le 11 ou le 12. Mon Conseil général s'assemblera le 15 à Châlons.

J'ai hâte de savoir si vous prenez tous deux les eaux et comment vos santés s'en trouvent. Le temps vous est propice, car depuis votre départ la chaleur est devenue excessive.

J'irai voir vos grands parents avant de partir. Ils vont bien. J'ai rencontré du Teil, qui vous fait mille amitiés.

JUA CORRESPONDANCE.

Beaucoup de nos députés traînards ou de nos amis du ministère et du Conseil s'informent soigneusement de vous et me chargent de vous offrir amitiés et respects.

M. Decazes est parti jeudi, mais pour Étioles. On ne sait pas bien s'il reviendra à Paris avant de se rendre à Libourne.

Je vous envoie un Drapeau blanc qui donne le manifeste du parti Chateaubriand. On réussira ou non à l'ouverture de la prochaine session. Si l'on ne réussit pas, on prendra patience. Les royalistes ne sont pas contents, les libéraux ne le sont guère; jamais l'autorité royale n'a eu les coudées plus franches.

La guerre me paraît inévitable entre la Russie et la Porte. Il faut en prévoir les conséquences. M. le <luc de Richelieu deviendra d'autant plus nécessaire, et je crois que, dès que l'horizon politique sera obscurci, nos turbulents auront moins de personnes à leur suit«.

L'emprunt doit non-seulement être fait, mais encore fait de manière que ses preneurs, c'est-à-dire les acheteurs de nos rentes, quels qu'ils soient, aient assez de force pour soutenir le crédit et nous prései'ver d'une crise financière au moment où se développeront les crises politiques . Sans cela l'honneur et la sûreté du ministère se trouveraient compromis. Je voudrais que les trois compagnies, Laffitte et Rothschild avec les receveurs généraux, Hottinguer, Delessert, Baguenault, et les Sartoris et Greffulh, soutenus par la Bouchère et Buring, pussent

s'entendre et s'unir. Nous ne saurions avoîi^trop d'intéressés à la tranquillité publique. Avec de Fhabileté, le ministre des Finances arrangerait tout cela^

On vous regrette déjà. Si quelque chose cloche, on vous regrettera davantage. Dépêchez-vous donc de faire provision de santé, et aimons-nous.

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