M. de Serre à sa mère
Mofit-Dore, 8 août 18S1.
Chère mamaii,
Nous avions interrompu les bains pendant
trois ou quatre jours ; nous les avons repris depuis la cessation des chaleurs : on prétend que le bien qu'ils nous font, à Annette et à moi, est déjà visible. Mon traitement sera plus doux et plus court que celui de Tannée dernière; le traitement d' Annette sera plus long, ce qui fera que nous ne partirons guère d'ici avant douze à quinze jours. Nous devons en passer deux à Clermont chez M. du Teil^ Nous comptons faire une course ou deux dans les environs. Nous n'avons joui ici de Georgette* que sept à huit jours : c'est une charmante petite femme dont nous avons beaucoup regretté la société; nous
^ Le baron Alexandre du Teil, n^ le 8 juillet 1775, ëtait fils du lieutenant gënëral baron du Teîl. 11 entra comme cadet au corps royal d'artillerie. Lors de U RëTOlution, il se rendit à l'armëe de Coudé etservit jusqu'au licenciement. De retour en France, il ëpousa 3|i>« de Jouslard d'Yi^ersay, fille du vicomte d'Yversay, qui avait éié colonel au régiment de la Sarre, et nièce du comte d'Yversay, ôépnié de la noblesse du Poitou aux États-Gënéraux. Il fut nomme, en 1816» chef d'état-major des gardes nationales de Saône-et-Loîre ; il devint chevalier de Saint-Louis et de la Légion dlionneur. Après avoir occupé des fonctions administratives, il y renonça lors de la révolution de 1830, et mourut à Paris le f8 août 185U.
* Lm, comtesse Grenier.
en avons d'ailleurs ici suffisamment, simple, douce et absence totale de politique. D'ailleurs les eaux, les bains, les promenades à pied et à cheval dans des montagnes assez pittoresques, emploient toutes nos journées.
Je regrette bien que le beau temps ne rende pas à mon père l'usage de ses jambes; je le félicite sur la douceur et la résignation avec lesquelles il supporte ses maux. P'aites-lui bien toutes nos tendresses.
Au revoir, chère maman, à la fin de ce mois. Nous vous embrassons de cœur, et moi particulièrement comme votre bon fils et tendre ami.