‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 106 sur 126 · M. de la Boulaye à M. et à M""* de Serre · texte numérisé non relu

M. de la Boulaye à M. et à M""* de Serre

Paris, mardi 8 août 18^1.

Mes bons amis,

J'ai eu ce matin des nouvelles de vos enfants, qui sont en bon état. Saint-Mauris ^ m'a promis devons

* Victor-Alexandre de Saint-Maurîs, fils de Louîs-Alexandrè- Ëmmanuel, comte de Saint-Mauris-Châtenois et d'Anne-Marie- Gabrîelle, marquise de Raigecourt, naquit le 11 mars 1797. Garde du corps de Louis XVIII à la Restauration, il le suivit à Gand, et, en 1816, passa comme lieutenant au 3* de la garde. Attache i l'ambassade de Naples en 18ââ, secrétaire de légation à Rio-de- Janeiro en 18â3, à Carlsruhe en 1896, à Munich en 1839, il devint,

écrire tous les mardis, Germeau et le bsiron^ tous les courriers, et le majordome^ par-dessus le marché.

J'ai visité ce matin la rue dcBiiffault, où j'ai trouvé M. votre père frais et gaillard, blanc et couleur de rose, admirablement bien. M"® votre mère se porte aussi très-bien. Elle avait eu hier de vos nouvelles, et elle est toute fière des beaux mouchoirs qu'on lui a fabriqués à Valenciennes avec le lin qu'elle a filé.

]^jme (j'Huart est partie ce matin à dix heures. Saint-Mauris a escorté ces dames jusqu'à Bondy. On était très-content de la voiture, et la route ne fatiguait pas. J'ai donné ordre chez moi qu'on péchât demain, et je serai fort en règle pour vendredi. Les voyageuses^ coucheront demain et après-demain, et tant qu'elles voudront, chez moi. Je vous dirai comment elles s'y trouveront.

M. Mounier, avec lequel j'ai passé quelque temps ce matin, est d'accord avec moi sur les élections. Je présiderai l'arrondissement de Châlons et d'Epernay ; Ruinart, celui de Reims ; Gillet, le procureur du Roi, celui de Vitry etde Sainte-Menehould. Nous

en 1890, înlroducteur des ambassadeurs et conserva cette fonction jusqu'en 18Z»8. \l mourut à Nancy le 97 août 1868. 11 a laisse quelques écrits, dont les plus remarquables sont une traduction do Dante et des Études historiques sur l'ancienne Lorraine; il ^tait membre de 1* Académie de Stanislas. Il avait ëpousd en premières noces Emilie de Dolomieu, et en secondes Caroline de Montjoye. — Consultez le discours prononce sur la tombe du comte do Saint-Mnuris par M. A. de Metz-Noblat.

* Le baron d'Ecksteîn.

* M. Becquet.

3 M»«o d'Huart et sa bru (M»« de Bëtliune).

S5li CORRESPONDANCE.

nous arrangerons pour que Saint-Chamans, Chaniorin et Lalot se débattent au collège de département. Mais il faut que M. le duc de Richelieu signifie à Saint-Chamans directement ou par le duc de Doudeauville, qu'il ait, lui, Saint-Chamans, à me laisser tranquille au collège d'arrondissement. En vérité, en vérité, je n'aurais pas donné quatre sous de ma réélection , mais l'intérêt que vous y prenez me la rend précieuse. Je n'y épargnerai rien. Tout peut s'arranger fort bien dans mon département, si le duc de Richelieu, comme je le crois, s'explique nettement.

J'ai vu ce matin M. Laine. Nous avons beaucoup causé. Il est d'avis que vous reveniez à la fin de ce mois. Je partage son opinion. Vous prendrez vos précautions pour que je sois exactement prévenu du jour de votre arrivée. Vous me trouverez à la chancellerie pour vous ouvrir la portière, et je vous dirai ce qu'il sera bon que vous sachiez. Je passerai quelques jours avec vous à Paris, et je reviendrai à mes élections.

Il est presque nuit; je vais monter en voiture. Mille tendresses, mes chers amis.

Rien de nouveau aujourd'hui ni de la guerre ni de la reine d'Angleterre.

ANNEE ISStl. 955

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