IV
MB CORRESPONDANCE.
tempe, PommepoP, le marquis et la marquise de Rivière me demandent souvent de vos nouvelles et des nouvelles de M™* de Serre. Tous me prient de les rappeler à vos souvenirs.
Voici encore deux lettres, Tune pour notre belle Excellence, l'autre pour vous. A cette dernière était jointe une grammaire chinoise. J'ai remis au jeune de Vaulx cet in-quarto avec ses magnifiques et savantes pattes de mouche. Je lui remets tous les livres qui viennent pour vous.
M. Rothschild est à Londres, et peut-être ira-t-il de là en Russie. On m'a promis chez lui de m'avertir lorsqu'il y aurait des courriers. Tiendra-t-on parole?
Les dernières nouvelles d'Espagne sont déplorables ; le ministère en est ému. J'ai vu M. de Villèle, qui proteste de sa fidélité à son attachement pour vous et de sa persévérance dans tous les bons sentiments qu'il vous a voués. Il croit que vous serez appelé au Congrès, si toutefois les choses se dictai, il fit partie de l'administration de la ville de Clierboarg, pun de celle du département de la Manche : il fut révoqué en 1793. Il derînt en 1800 eultstitut du commissaire da gouvernement prds le tribunal d'appel de Caen, en 181 1 premier avocat gënëral dans le même ressort, en 1818 premier président de la Cour royale d'Amiens, en 181K) conseiller à la Cour de cassation. 11 représenta le département de la Manche de 1813 à 181J!i au Corps législatif, de 1817 à 18S7 à la Chambre des députés; il siégeait au centre droit. 11 mourut à Paris en \83h. Il avait professé le droit à l'École de Caen : c'était un jurisconsulte éminent et un orateur des plus goûtés.
^ M. de Pommerol, député de la Loire en 1815, ne fut pas réélu en 1819, mais il reparut à la Chambre en 1890.
posent de manière qu'il nous convienne d'y faire intervenir quelque grand personnage. Mais, en me parlant ainsi, son opinion me paraissait être que, à la suite de quelques mouvements dans notre diplomatie italienne, une plus importante position vous y attendait.
J'apprends que M. le duc de Laval ^ va remplacer M. de Blacas, qui demande à revenir. Soit que nous •nous mêlions décidément à la politique européenne, soit que nous nous tenions sur la défensive, personne ne me paraît plus propre que vous à discuter les conditions d'association ou à faire valoir les raisons de s'abstenir. Seul ou avec un collègue placé <!50iDme vous l'êtes, les convenances exigent que vous fassiez partie d'un Congrès en Italie. Ce texte a été développé.
J'ai su que les lettres par vous écrites jusqu'à ce jour aux Affaires étrangères avaient obtenu tous les suffrages.
M. l'abbé de Montesquiou, que j'ai trouvé hier à dîner chez M. de Villèle, se recommande à votre mémoire.
M. Laine doit vous écrire.
* Anne-Adrien-Pîerre de Montmorency, dac de Laral, né à Paris le 99 octobre 1768. n ëmîgra, senrit comme capitaine dans le rëgpment de Montmorency, et revint lorsque les lois contre les ëmigrës s'adoucirent. Il fut ambassadeur à Madrid (181Zi), à Rome (1823), à Vienne (18S8;, à Londres (1829). H était, en outre, pair de France, ministre d'État, chevalier des ordres du Roi et do la Toison d'Or, duc de Femando-Luis, etc. La révolution de juillet mît un terme à sa vie politique. Il mourut à Paris le 16 juin 1897.
jm CORRESPONDANCE.
Je VOUS embrasse, mes chers amis, de tout mon cœur.
F. DE LA BOULAYE
1004. — M. de Serre à M. de Wendel.
Naples, SI juillet 1^0.
M. Hamelin m'a remis, mon cher ami, votre lettre du 17, et j'ai reçu depuis celle du 21* juin. Le président Colchen m'avait aussi écrit au sujet de M. Hamelin, que j'ai vu, ainsi que sa fille. Vous pouvez assurer toutes les personnes qui vous en ont parlé que nous ferons tout ce que nous pourrons pour leur être utiles et agréables.
Votre lettre nous a trouvés dans une affliction nouvelle causée par la perte que nous avons faite de ma dernière petite. Elle avait bien soutenu le voyage. La dentition l'a emportée ici au bout de trois semaines.
Je vous remercie des détails que vous me donnez ; ils ont, comme vous pensez aisément, beaucoup d'intérêt pour moi. Je suis charmé que vous n'ayez plus les craintes que vous aviez avant mon départ. Ici tout paraît engourdi par l'extrême chaleur. J'avais écrit à Portai avec quelle peine j'avais remarqué certains noms signalés dans les dernières élections de Paris. Il me répond que ce fut un piège,
ANNÉE 18S3. h^l
une tactique abominable dont on n'a pas su se garantir à temps ; que nos anciens collègues, malgré la méfiance et les insultes auxquelles ils sont en but, restent fidèles à leurs principes et avant tout sont d'accord avec tous les royalistes sur la nécessité de repousser les ennemis communs. Au fond, je ne comprendrais pas que M. Roy, par exemple, qui peu de jours auparavant avait désavoué par les journaux un propos qu'ils lui avaient prêté dans les élections d'arrondissement en faveur des libéraux, eût préféré ceux-ci à Breton \ à Bonnet^, «on ami.
Quant à mon élection future, c'est une chose sur laquelle je dois m'en rapporter absolument à vous.
M™^ de Fischer^ avait atteint le terme de la plus longue carrière. Ce décès et l'autre que vous m'annoncez aideraient à l'aisance d'une fortune ordinaire ; mais vous êtes dans un océan pour lequel ce ne sont plus que gouttes d'eau. Prenez pour vous toutes les précautions de régime qui préviennent les coups de sang et autres accidents semblables.
* Louis-Henry Breton, né à Paris en 1776. Notaire de ISOh à 1^6, il fut successivement secrétaire, syndic, président de la chambre des notaires. Député de la Seine de 18)6 à 18S7, il siégea au centre droit. Il était aussi membre du Conseil des hospices •et du Conseil général de la Seine. Après les événements de 1890, il se démit de ses fonctions publiques, ne voulant pas prêter un second serment. Il est mort à Paris le h mai 1855. 11 avait -été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1816 et officier «n I8âl.
* Voyez ci-dessus, p. 169.
8 M"* de Fischer de Dicourt, belle-mére de M. de Wendel.
J'ai ici devant les mains de grandes dépenses à faire pour mon établissement. La concun*ence desgénéraux autrichiens, pour lesquels la ville loue des logements aux prix les plus hauts, et des Anglais a porté la cherté à Textrême.
Votre ami,
H. DE Serre.
1095. — M. de Serre à sa mère.
Naple8,S3 juillet 18».
J'ai reçu, chère maman, beaucoup de lettres de vous à la fois ou à peu près, du 1% du 16, du ^ juin, du A et des 6 et 8 juillet. Cette dernière, venue par courrier extraordinaire, en laisse encore en arrière qui m'arriveront plus tard. Cette dernière est celle par laquelle vous m'envoyez des cheveux de mon pauvre père en me donnant sur ses derniers jours des détails qui ont dû vous coûter, mais dont je vous remercie davantage. Il a fait une douce et bonne mort, et j'espère en la miséricorde divine que maintenant, réuni à ma pauvre petite, ils nous regardent , prient pour nous et nous attendent. Ma femme commence à se remettre de la terrible commotion que lui a fait éprouver un événement aussi inattendu. Toutefois, d'ici à ses couches et plus lard encore, elle aura besoin de ménagements bien
ANNÉE lBn% kf3
suivis. Ma santé eist assez bonne, ainsi que celle de mes trois enfants.
Le logement que vous avez arrêté me paraît trèsfrais ; que n'y êtes-vous déjà ! Vous penserez souvent à nous en voyant la place Vendôme.
Au revoir, chère maman et tendre amie; c'est pour moi une des plus douces espérances de ce monde. Wendel vous a vue. Il vous aui'a sans doute, ainsi que Tunnel et Maud'huy, parlé de mes chances d'élection dans la Moselle, fin de cette année ou commencement de l'autre. C'est aussi une chance de retour en France, bien que je n'en comprenne pas encore le comment.
Nous vous embrassons, tendrement.
Votre bon fils et meilleur ami.
Mille choses aux Rovîlle et à M™** d'Augier.
1096. — M. de la Bonlaye à M. de Serre.
Paris, 9/i juillet 1822.
En même temps que je reçois votre n° 11 du 5 juillet, j'apprends par M™® votre mère qu'une lettre du 9 annonce la mort de votre petite Caroline. Chère et jolie enfant, elle était donc destinée à laisser en Italie ses pauvres petits os ! Il n'y a pas longtemps que vous êtes parti, et déjà vous voilà frappé aux deux points extrêmes de votre famille!
httU CORRESPONDANCE.
Une autre mort a fait aussi sa profonde plaie. Nous ne sommes pas heureux en voyages du Midi. Je déplore la situation de M""* de SeiTC. Excellente mère, âme ardente, chargée d'un fardeau qui, s'il est un sujet de consolation, est une nouvelle source d'inquiétudes, elle doit beaucoup souffrir; elle doit avoir grand besoin de vos plus tendres soins. Comment se rappeler que sa fête arrive à la fin d'un mois si douloureusement commencé? Ce n'est plus que pour cette petite tombe qu'il faut des fleurs.
Les choses s'enveniment en effet sur la frontière d'Espagne, et chacun y met du sien. Je ne crois pas que l'agression vienne d'au delà des Pyrénées. Divisés entre eux, sans argent, sans armes, comment les Espagnols seraient-ils assez fous pour nous déclarer la guerre? Mais, s'ils n'attaquent pas, on les attaquera : ce sera le texte des délibérations du Congrès d'automne.
Saint-André \ qui a été dernièrement envoyé à Vienne, est attendu d'un moment à l'autre.
Quoique les chaleurs vous paraissent supportables, je vous engage à ne négliger aucune précaution.
Ma santé est déjà détériorée depuis mon séjour à
- Esprit-Andrë Durant de Saint-Andrë, frère puînë de M. Dorant de Mareuil, naquit le 19 mars 1777. Il entra fort jeune dans les bureaux des Affaires étrangères. l\ suivît M. de Talleyrand dans ECS voyages diplomatiques sous l'Empire. En 183^, il accompagna M. de Montmorency au Congvés de Vërone. Il fut consul g(^ne'ral successivement à Venise, à Madrid, à Washington, â
Londres, et obtint sa retraite en 18/47 Il ëtait commandeur de
la Légion d'honneur.
ANNÉE 1893. J!i25
Paris. Engagé hier à dîner chez M. de Clermont- Tonnerre, j'ai voulu y aller, quoique malade, pour ne pas avoir l'air de bouder, et me promettant bien de ne rien manger; mais, dès la soupe, la chaleur de l'appartement m'a fait évanouir, et j'ai été forcé de rentrer chez moi.
Vous serez abonné, à compter du 1*^^ août, au Moniteur et au Journal des Débais. Je vous enverrai le discours du cardinal.
M. le duc de Blacas a voulu quitter Rome, et, si l'on en croit les bruits publics, il sera ici assez gênant pour le ministère. Le duc de Laval-Montmorency est fort aise d'aller à Rome. C'est un homme d'honneur et de bien, qui sait apprécier le mérite, et dont vous serez probablement content si les circonstances vous rapprochent.
Vous avez pu remarquer que le Constitutionnel recommence à attaquer le centre, tandis que d'autres journaux se plaignent que le ministère ne marche pas.
Adieu, mes chers amis ; je vous embrasse, vous et les enfants qui vous restent. Vos amis sont touchés de vos peines, et mes propres douleurs ranimées m'ont fait mêler des larmes aux vôtres.
JM CORRESPONDANCE.
1097. — M. Laine à M. de la Boalaye.
Samedi [^ juiUet ISSt^l.
Je vous remercierais de bien meilleur coeur, moa cher collègue, si votre billet ne m'apprenait que vous avez la fièvre. Encore un mécompte l Je vous croyais sur la route des fêtes.
Voilà une courte lettre pour Naples, la notice et le mot sur notre duc ; c'est une petite consolation que notre ambassadeur reçoive ces choses de moi et par vous. Son âme noble avait senti comme la vôtre. S'il y a en moi plus de douleur, c'est que je peux dire :
NuUi flebaior... K
Ménagez-vous, monsieur, et croyez à la considération et à rattachement bien sincère de votre de
voué collègue,
Laine.
» Horat. Od., lib. 1, carm. 2/«, v. 10.
ANNÉE 182t% ASe?
1008. — M. Laine à M. de Serre.
S7 juiUet 183â.
Vous avez pardonné, mon cher et ancien collègue, les retards de ma réponse. Le sujet dont il me fallait parler était encore trop douloureux à mon cœur : il est des cas où la plume a quelque chose du poignard.
Votre ami m'apprenant qu'un courrier porte des dépêches à Naples, je surmonte Tétat où je suis tombé pour vous remercier de votre souvenir. Comme on me fait espérer que dans lé portefeuille du courrier la notice du cardinal pourra trouver place, je vous l'adresse et j'y joins quelques mots que la douleur a dictés à son inconsolable ami. Tout modeste qu'est cet accent, il a déplu à quelquesuns, et pourtant leur susceptibilité est telle qu'en parlant j'étudiais ma douleur.
Et vous aussi, mon cher collègue, vous avez éprouvé des chagrins sensibles et pour vous et pour ime mère à qui il vous faut donner et demander des consolations. Hélas! nous sommes environnés de peines ! Il y en a pour toutes les conditions dans et hors les affaires publiques : le spectacle que vous avez sous les yeux, les traces récentes de tentatives de révolution, l'oppression réelle que, peut-être, elles ont amenée, l'avenir de ce peuple doivent vous inquiéter et pour lui et pour un autre État.
Si VOUS tournez vos regards vers nous, vous apercevrez plus de sagesse que vous n'en attendiez. Durera-t-elle? les choses suivront-elles le cours des passions ? Je persiste à le craindre en répétant toujours que, si les plus ardents savent être sages, s'ils entendent leurs intérêts, s'ils sont libéralement justes, s'ils parviennent à convaincre de leur bonne foi, ils peuvent rendre la France heureuse, uimen.
Mes respects à M"** de Serre.
Laine.
1009. —M. de la Boulaye à M. de Serre.
Paris, le 97 juillet 18^.
Il est probable, cher ami, que cette lettre, dont un courrier de M. Rothschild va se charger, arrivera avant celle que je vous ai écrite le 2/t par la voie ordinaire. J'ai* fait prévenir M""* votre mère et M. Laine. Je dis : j'ai fait prévenir; car la fièvre me retient dans ma chambre. Je crains que cette fièvre ne devienne double, tierce ou quarte; jamais je n'ai éprouvé un tel dépouillement d'esprit et de corps. Le séjour de Paris m'est insupportable, et, sans le mal qui m'y cloue, je serais à Évreux. J'aurais manqué l'occasion de ce courrier; c'est une consolation.
Nous marchons. La majorité est très-forte, très*
ANNÉE 1822. k^
ferme, et, dans beaucoup de circonstances, se meut comme un seul homme. Elle donne au ministère tout ce qu'il demande. Le gouvernement sortira donc de la session actuelle avec d'immenses ressources. Cependant on démêle déjà du mécontentement dans la droite. On entend dire que le ministère ne fait rien, si ce n'est de la dépense, et l'on se dispose à l'attaquer dès l'ouverture de la session prochaine, s'il est possible alors de lier quelque intrigue, surtout contre Villèle. Mais, dans mon opinion , cela ne sera pas possible. Villèle est l'Atlas du ministère; il est homme de mérite; il sait sacrifier ses ressentiments personnels; en attaquant les ennemis qu'il a dans son parti, comme ces ennemis doivent l'être, par des dons et des espérances, il en diminue graduellement le nombre ; enfin le centre droit, qui n'aura jamais la bassesse de s'allier aux libéraux et qui a placé dans Villèle ses dernières espérances, le soutiendra de tous ses efforts. Ainsi je ne crains point sa chute. Ce que je crains, c'est qu'il ne soit condamné à de trop grandes concessions pour garder le pouvoir; ce que je déplore, c'est qu'en tête ou en queue, ou à côté de lui, la bonne cause ne soit pas défendue de manière à tranquilliser les esprits.
M. (le Blacas peut être un embarras, mais il ne peut pas se faire chef de parti ; et MM. de Chateaubriand et de la Bourdonnaie se mettront difficilement d'accord.
Je suis convaincu que les libérales et, à plus forte raison, les sans-chemises finiront par avoir en Es^
pagne le sort qu'ils ont eu ailleurs. Le vent souffle à leur ruine, partout leur conduite est absurde ou atroce. Mais, comme le monde ne sera pas changé, si ce n'est à sa surface, et que tout s'use, même les Saintes Alliances, les meilleures choses ne seront faites qu'au péril de l'avenir, si l'on n'use pas sagement de la victoire et si des furieux succèdent à des furieux.
Notre France est dans l'apathie, sans confiance et sans amour. Toutes les affaires y sont médiocres, celles de Bourse exceptées.
Je crois que M. de Villèle vous garde de l'attachement, et il m'a paru qu'il désirait que vous succédassiez à M. de Blacas. Dans cette circonstance, il n'a pas fait ce qu'il voulait faire. Il voit M. Laine presque tous les jours.
M. de Peyronnet aurait tort de se croire inamovible; si M. de Chateaubriand arrivait à l'Intérieur, qu'il convoite, les Sceaux tenteraient M. Corbière.
M. de Martignac a continué à montrer du talent, et M. de Vatîmesnil* a bien débuté à la Chambre.
* Antoine-François-Henri Lefebvre de Vatimesnil, n^ â Rouea le 19 décembre 1789, ëtait fils d'an conseiller au Parlement à» Normandie. Conseiller auditeur à la Cour impériale de Paris 1« 93 janvier 1819, substitut prés le tribunal de la Seine le 15 octobre 1815, substitut prés la Cour royale le « juillet 1818, il fut nommé, le 3 janvier 182JK, secrëtaire gâoéral du mînîstdre de 1* Justice et, le l^^ février suivant, maître des requêtes en serrice ordinaire : il prit plusieurs fois la parole dans Tune et l'autre Chambre en qualité de commissaire du Roi. Avocat général prés la Cour de cassation le 6 août 183U4, le premier président de Séze lui adressa ces paroles : « Vous êtes élevé, monsieur, & d'impor*
ANNËB 18!fca. Idl
J'imagine que, depuis votre départ', tous avez ^crit à Monsieur : Son Altesse Royale est sensible à ces correspondances.
Je crois que Saint- André a été envoyé à Vienne pour quelques préalables du Congrès. On est content de la manière dont a été remplie sa mission, quelle qu'elle fût. Il revient. Le duc de Laval a pour lui une haute estime. Ces circonstances pourraient l'appliquer aux aflFaircs du Congrès et vous rapprocher. Il me semble que sur ces afiPaîres vous devriez aller directement à M. de Montmorency et en parler à Monsieur.
Voici deux lettres : l'une de M'"'' votre mère, qui va bien, au chagrin près; Tautre de M. Laine ; plus le discours du cardinal et celui de M. Laine. J'y joins le billet d'envoi de ce dernier.
Ma lettre du S/i vous exprime ma douleur sur la mort de cette chère petite. Je vous ai demandé l'anniversaire de tous vos enfants. Hélas! j'étais loin de m'attendre alors à ce que cette demande au-
tan tes fondions à nn âge où tant d'autres sont encore loin de fixer les regards publics ; mais tob talents ont fait oublier votre jeunesse. » Il reçut le portefeuille de Tlnstraction publique le 10 février 1828 et le garda jusqu'au 8 août 1839. Les électeurs de Valenciennes le choisirent pour député eja juin 1830, mais il ^houa aux élections de 183li. Aussitôt après la révolution, il s'était fait réinscrire au barreau de Paris : il refusa les offres les plus séduisantes du nouveau gouvernement. £n 18/i9, il représenta le département de l'Eure à l'Assemblée législative : il protesta contre le coup d'État du S décembre (1851) Il< mourut ii Paris le 10 novembre 1860. Son éloge a été prononcé, à la conférence des avocats, le 19 décembre 1863, par M. Albert Decrais.
liS2 CORRESPONDANCE.
raît d'affligeant pour vous . Dites à leur mère que mon cœur partage toutes ses peines.
Je vous embrasse tous bien tendrement.
N'oubliez pas le général Partouneaux.
1100.— M. de la Bonlaye à M. de Serre.
Paris, le 9 août l85t3L
jyjme yqIyq mère est en bonne santé ; elle est triste, et cela doit être. Privée des objets de ses plus vives affections, elle redoute une longue absence, elle craint de nouveaux malheurs ; dès qu'il est question de son mari ou de son fils, et il en est presque toujours question, ses yeux sont pleins de larmes : plus elle a perdu, plus elle est craintive et prompte à s'alarmer. Sa domestique de confiance, M""^ Delille, est maintenant assez malade, ce qui est un nouveau sujet d'inquiétude et de tristesse; mais M™® votre mère a du courage, de la piété, de la résignation ; elle est saine, elle est forte : son changement de domicile, au mois d'octobre prochain, lui sourit et fera une utile diversion. Sa situation de corps et d'esprit n'a donc rien d'inquiétant. Tunnel et Maud'huy la visitent souvent et dînent avec elle tous les dimanches; mais ils comptent partir la semaine prochaine et ne paraissent pas avoir la
ANNÉE 1822. hS3
moindre envie de revenir. Tous deux parlent bien de votre élection, et Maud'huy m'a donné parole de s'occuper lui-même, sans délai, de vos impositions. J'ai su par M. d'OrglandesS qui est parent de M. de Tocqueville, que ce dernier ne doutait pas que vous ne fussiez élu.
Le jeune de Vaulx est toujours plein de reconnaissance, de zèle et d'affection. 11 conduit soigneusement celles de vos affaires dont il est chargé. Je lui ai remis 166 francs pour la suite des classiques latins et pour d'autres frais de bibliothèque.
M"''' de Dortan m'a envoyé un valet de chambre que recommandent les principaux officiers de M*"" le duc de Bourbon. Il se nomme Jean Clé. Il a servi pendant toute l'émigration dans de grandes maisons françaises ou étrangères. Ses certificats sont bons. C'est un homme- voisin de la cinquantaine, de très-bonne façon et porteur d'une heureuse et calme figure. 11 sait que ses gages doivent être de 800 francs. Renseignements pris, je ne crois pas qu'on puisse mieux trouver. Le sujet me paraît propre à tenir une maison, et, par conséquent, à remplir toutes vos vues dans certaines circonstances. Je lui ai donné pour son voyage 500 francs dont il devra vous rendre compte, et j'ai écrit à M. Prévost pour qu'il voulût bien lui faire expédier un passe-port. Vous le verrez sous un mois.
Vos commissions pour M. de Chastellux* sont
* Voyez t. Il, p. AT5.
* Cësar-Laurent, comte de Chastellux, né à Versailles le 16 février 1780, ëtait le second fils d'Henri -G eorges-Lëon, comte de