Le comte de Bastard* à M. de Serre
[ Novembre 1830.]
Monsieur,
Agréez, je vous prie, l'hommage de mon respect et de mon rapport^. Quoi qu'on en ait dit, je le crois
* Voyez t. II, p. 32li.
* « La Chambre des pairs s'ëtant rëunîe en Cour de justice le 15 mai [pour juger Louvel), un des commîssaîi'es charges de l'enquête, le comte de Bastard d'Estang, lui présenta un rapport tréssoigneusement ëlaborë, vrai chef-d'œuvre de mëthode, de sagacité et de patience, dont la lecture occupa plusieurs audiences, et qui, dans ses longs et minutieux développements, mettait à peu prés hors de doute l'absence de toute complicité Les ultra- roya-
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très-royaliste et très-français, ce qui est une seule et même chose. S'il obtient votre suffrage, je me consolerai facilement de n'avoir pas obtenu celui de quelques autres personnes qui se réjouissent fort aujourd'hui de la nomination du général Donnadieu^ J'ai peur que la mariée ne soit trop belle et alors un peu quînteuse. 11 est beau, du reste, de triompher des obstacles, et il y en aura.
Je n'ai pas imprimé les interrogatoires de rhomme^. Je ne pouvais pas répéter ses affreux blasphèmes; je l'ai dit, et je crois, avec mesure, dans l'avant- dernière page de ce rapport.
Je suis avec respect, monsieur, votre très-humble et tout à fait dévoué serviteur,
Bastard d'Estang.
listes en tdmoîgnérent une extrême irritation, f* (Histoire de la Restauration, par M. de Viel-Castel, t. Vill, p. 53â et 533.)
M Cependant le comte de Bastard se refusait à faire imprimer un travail qui lui semblait uniquement destina à la Cour des pairs; mais, le réquisitoire du procureur gdneVal ayant paru, les collègues du comte de Bastard à la Chambre des pairs et dans la magistrature lui demandèrent avec tant d'instance l'impression de son rapport qu'il ne put s'y refuser. » (Notice historique sur le •comte de Bastard^ p. hO.)
* Gabriel Donnadieu, né à Nîmes le 11 décembre 1777. Soldat en 1791, général de brigade en 1811, il fut peu après compromis dans une conspiration et interné à Tours. Lieutenant général et commandant de la 7® division militaire (Grenoble) en 1815, il réprima en 1810 l'insurrection que dirigeait Didier avec une rigueur voisine de la cruauté. Député d'Arles en 1^20, il se distingua par la violeoce de son opposition ultra-royaliste. Il est mort à Courbevoie le 18 juin IQW.
^ « A l'approche du Roi, le duc de Berry parut se ranimer. Il retrouva q[uelques forces pour demander la grâce de l'hommCt