‹ Correspondance du comte de Serre (1796-1824) (volume 4)Chapitre 68 sur 126 · Le baron Pasqniar à M. de Serre · texte numérisé non relu

Le baron Pasqniar à M. de Serre

Trois heures et demie [décembre 1830].

Je VOUS envoie, mon cher collègue, un croquis assez informe de ce que pourrait devenir le discours; peut-être le trouverez- vous un peu énervé; cela tient à notre manière un peu différente d'envisager la convenance du moment.

J'ai cherché cependant, tout en radoucissant, à laisser intact le fond des choses; j'ai retranché des développements, mais je crois avoir laissé les principes, et il me semble que le Roi ne doit guère énoncer que cela.

Le morceau sur l'année financière m'a paru ne pas avoir assez d'importance, et, si l'on tombait dans le détail de cette proposition, il me semble qu'il n'y

IGO CORRESPONDANCE.

aurait pas de raison pour s'en refuser plusieurs autres.

Il est un retranchement que vous combattriez peut-être davantage et d'autant plus que le morceau est beau en lui-même : c'est celui du paragraphe sur le caractère que doivent toujours conserver les plaintes. Je crois que ce morceau serait admissible dans la bouche d'un ministre; mais je crois qu'il expose trop la majesté royale au danger d'une réplique fausse, sans doute, mais qu'on pourrait rendre spécieuse.

Quand on sera tombé d'accord sur les choses, il y aura encore à faire la guerre des mots ; car, dans une pièce de cette nature, il faut les peser tous.

Pour ce qui est de la diplomatie, tout bien pesé, nous ne pouvons pas dire plus que cela.

Je ferai tout le possible pour vous aller voir avant dîner; mais, comme j'expédie mon courrier pour TroppauV je ne suis pas sûr d'en avoir le temps.

Mille amitiés.

Pasquier.

* Le congrès de Troppau sMtaît ouvert le 2,'3 octobre. — Voyez l'Histoire de la Restauration f par M. de Viel-Castel, t. IX, p. 901 et suiyanles.

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