Le comte de Montlosier à M. de Serre
Randanno, le IS juin I8S1.
Je n'ai pas le temps de vous écrire comme je le voudrais, occupé comme je le suis et à ma chose rurale, et à un supplément pour ma nouvelle édition comprenant l'état de la France depuis le 1'' janvier 1851 jusqu'au 1" juin. Cependant il m'est impossible de ne pas vous adresser mes respectueux hommages et tous mes compliments de félicitation au sujet d'une certaine séance dans laquelle vous avez si bien mis à leur place les membres gauches de l'opposition. Je trouve seulement que vous avez été trop bon de revenir à une troisième reprise en explication de vos paroles. La manifestation de vos dédains me paraissait bien suffisante. JM. Etienne s'est imaginé que vous répondiez à lui seul. Vous répondiez à tous. Votre sévérité m'a paru d'autant plus nécessaire que, depuis longtemps, il y a envers ce parti, soit en conduite, soit en discours, un luxe de ménagement qui me paraît funeste ^
* Dans la séance du 6 juin, à propos du budget de la Justice, M. Etienne avait critiqué Torganisation judiciaire, et blâme' la
Recevez, avec mcm admiration, la nouvelle assurance de mon dévouement et de mon respect.
Le comte de Montlosier.
Hier toutes les montagnes du Mont-Dore, qui n'avaient pas eu de neige l'hiver, en étaient couvertes; il a neigé à Randanne même le 27, le 28 mai, et gelé à glace le 29. Cette nuit il a encore gelé dans les Las. Mes plantations d'arbres de cette année sont presque perdues.