N^ IV
Note sur les causes de la décadence de lama- \ gistrature et sur le dommage que VKtat m j éproni^e. *
Ces causes sont générales et partîcnlîères.
Les causes générales sont les mêmes qui, daiB i une sul>version totale de tous les rancs, ont détroit, < ou au moins infiniment affaibli la considération attachée A chacim d'eux.
Des dîiînités, qui existaient depuis un temps immémorial, étaient respectées par une sorte dTicibitude héréditaire; elles avaient existé depuis >i longtemps qu'il semblait qu'elles dussent ex\>i^ toujours. Cette idée de perpétuité est cecprilya de plus imposant pour les hommes. L(»s rliar?»'* étaient d'ailleurs, pour la plupart au nioins. ivniplies par des rejetons de familles aneî(*nnes; ^'^ lustre du nom ajoutait à celui de la place. Lorsqu^-'^ au contraire, hommes et choses, tout est d'hier, ^^ se demande si demain tout sera encore.
Des comparaisons ne forment point des démon ^^ trations rigoureuses , mais elles rendent la vêrî ^** plus sensible que ne le ferait une suite de raisoi^'
oements. Je dirais volontiers que 1105 politiques QKxlernes n'ont vu dans la société qu'un grand édifice qu'on peut élever suivant le plan symétrique tracé d'avance, qu'on peut même démolir ou reconstruii'e, en taillant ou forgeant à son gré, comme pierre, bois ou fer, en soumettant ses éléments divers à la règle ou au compas. Mais la société ne se compose de rien moins que d'êtres Bortset susceptibles de formes arbitraires. Tous les éléments sont vivants, doués d'une forme donnée * naturelle; c'est un grand arbre dont la sève parîourt toutes les parties. L'arbre et ses rameaux lemandent surtout des soins conservateurs; ils îOnt susceptibles de direction, mais en consultant leur nature, leur âge et leurs rapports enti^e eux. r<mte direction qui s'opposera au développement naturel de l'arbre TétouiTera ou sera brisée ; celle {{oi détourne la sève d'une branche la sèche ; celle qui la tarit à la tige tue l'arbre. L'application se lait d'elle-même ^ .
' CeUe note est restée inachovéo.