VI. js
1441 • ^ IL d« aerre à M. d« Chmvm.
Paris, 98 janyier 1S16.
Je viens, moa cher ami, pleurer avec toi ton exoellente femme ; Je la pleure pour toi qui étais si digne d'elle et dont sa perte altère pour jamais le bonheur; je la pleure pour sa fille qui se formait si bien sur son modèle, et qui regrettera toujours de n'avoir pas joui plus longtemps de son exemple et de ses leçons ; et je puis bien dire que je la pleure aussi iK)ur moi-même qui n'ai rien connu en ci^ monde] de plus noble et de meilleur. C'était une sorte de vénéi*ation que je lui portais; j'étais heureux de comprendre toute la beauté de son âme et (h^ recevoir les marques de l'amitié dont elle m'houorait.
Dès cfue ta santé te le permettra, je te prierai de m'écrire pour me rassurer sur ta situation après tant de fatigues de corps et d'âme. Je ne doute pas €fjae ta Joséphine ne te soit d'un grand aide pour porter le fardeau de ta douleur et qu'elle ne s'élève au-dessus de son uge pour partager tous tes sentiments. Ce grand malheur commun vous uniia plus étroitement encore. Elle a bientôt quinze ans, je
Mtt SUPPLÉHENt A LA CQSRB8POIIOAMCB.
pense, et une direction momie et reUgîmae trop fortement imprimée pour tte> pas la suhm» toujours ; et, par (^aqmmmfxi dévdofqpement, dk te retracera davantage n mwe.
Je ne t*aî pas écrit qae noi^ airioog ici mon frère. Après quinze ans d'absenoe, il n^apu n<Nis donner que quîiil^ Ibèfs; S^^âBfiÊti^é^yspj^êtmt U a conservé la même candeur, la même pai^ d^ânie que tu lui as vues. Nous ignorons quand nous le reverrons, et Tinstabilité de toutes choses ne nous permet pas mèm^éhÉ^sèt êxm moyens d'une léanion. ^n est ^contentf de son sort actuel; il tuàn qu'il im 1» demande lÉstammeiit pour que je titvaille à le i^anfer. Il me^ichai^ de te dire qa'9 itô t^a pas oubtià.^ Lui et ma mère jMreiment une ri ve part à : ton maHuMir ; ma mère, particnlièrement, me charge de Ven assurer.
Dois-je te dire que sans ton consentement jV vaîs presque, il y a quelques semaines, disposé de toi? Le garde des Sceaux* m'a demandé quelqu'un pour me remplacer à Colmar, et je t'ai nommé. Mais ce travail paraît ajourné. J'avais auparavant, et lorsque je comptais y rester, remis mes propositions pour régénérer le tout, de sorte que, si tu y étais transplanté, tu y serais mieux entoun* que je ne Tai été. De Mailler* s'y impatiente, et M. de Gartempe le propose pour Metz. J'y mettais Ruell, que tu connais. Je sais que tu es toujours, mainte-
* M. Barbd de Marbois. — Voyez t. II, p. 51. « Voyei t. I•^ p. M».
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nant plus que jamais, sans ambition; mais la seule consolation de cette courte et souvent si douloureuse vie est d'y avoir fait le plus de bien que Ton peut, et tu en ferais. là.
J'ai de bonnes nouvelles de ma femme et démon petit garçon. La première sera bien affligée de ta perte. Elle attend que je lui aie trouvé un logement pour me rejoindre.
Au revoir, mon cher et malheureux ami. Le Ciel t'a doué d'un grand courage, et tu en useras pour finir le reste de ta course, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de te réunir à l'être angélique auquel il t'avait associé en cette vie. Au revoir ; pense quelquefois dans tri douleur à l'ami qui la partage. Tout à toi.
' H. DE Sërrk.
1442. — M. de Serre à M. de Wendel.
[Colmar], U octobre 1816.
Je viens d'être nommé le premier au premier tour, mon cher ami, M. d'Argenson le second; le général Berckheim sera probablement le troisième.
Tout à vous.
H. DE Serre.