‹ Correspondance du comte J. CapodistriasChapitre 19 sur 33 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

418 DB VAUPLIl. — 8BFT1HBIIB 1831 •

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Nauplie, -^ septembre 169t«

Le conseiller aulique de S. M. le roi de Bavière et professeur à Tuniversité de Munich, M. E. Thiersch, est porteur de la présente.

Cet homme si connu dans TEurope savante par ses lumières, et si estime' des Hellènes à cause des services qii'i! a rendus à leur cause, est arrive' récemment comme voyageur sur le sol de la Grèce , muni de lettres de recommandation de la part de S. M. pour le gouvernement grec.

De'sirant en conséquence qu*il reçoive au milieu des Grecs des marques de la gratitude de la nation envers S. M., nous vous ordonnons de raccueiUir avec tous les e'gards possibles, et de le faire escorter d*une garde militaire pendant ses tournées dans les pays place's sous votre administration , lui offrant toutes les facilite's nécessaires, soit dans le voyage, soit dans les fouilles qu*il aura à faire pour des découvertes archéologiques.

A M. tniRHSCH. "119

Nauplî.. Î^JfPÎÎ^ iMi.

4 octobre

Monsieur le professeur, Désirant contribuer h ce que la tournée que vous allez (aire ait le plus de succès possible pour les progrès de Varchéologie, des arts et des sciences, nous avons F honneur de vous mettre en relation avec M. Mustoxidis, auquel nous avons confie la direction du petit muscum national, ainsi que Icssoini au moyen desquels nous espérons pouvoir rcnrichir d* objets d*art que renferme le sol classique de la Grèce.

Il vous plaira peut-ctre de lui faire part des notions qui concernent vos recheixhes et les fouilles que vous voulez entreprendre.

Il vous paiera d'un juste retour, et il ne vous laissera pas ignorer les siennes. En mettant ainsi en commun vos notions et vos efforts , les fouilles auront des résultats plus assurés.

Nous n*avons pas besoin de vous répéter. Monsieur le professeur, que le gouvernement sera heureux de mettre à la disposition de S. M. votre auguste souverain les objets d*art qui sont déjà classes dans le muséum national, si S. M. daigne en agréer quelqu'un pour le faire placer dans la riche collection de Munich.

Dans sa munificence et dans son noble inle'rêt pour la Grèce, S. M. trouverait aise'mcnt le moyen de rendre a la

420 DS VAUPUS, — OGTOBU 1831.

nation , contre ces objets d*art j d'autres objets tels que U* vres, cartes géographiques , instruments de physique et de chimie, dont nos établissements d'instruction publique ont le besoin le plus pressant.

Nauplie, Tendredi ^ ^ tSSi. ^ 9 octobre

Mon cher N. N«, L*aiFaire sera réglée comme toos le désirez. Les sentiments qui vous portent à n'accepter rien pour les services que vous avez rendus au pays 9 honorent votre noble caractère 9 et me font éprouver une véritable satisfaction; je vous en sais un gré infini* C'est du baume pour mon âme abreuvée à chaque instant d'amertume. Je vous serre la main.

Signéj Cafodistrias.

* Ce billet sans adresse fut trourë sur la table du prëtidentf qui Ta* rait écrit le matio même du jour de sa mort.-

PIÂCE8 ADDITIONNELLES N* I.

Lêi rdtidènii de$ Puittancêê attUèi à 8. B. UpréMmU de ia Grètê,

Lm rëtldenU des cours alliées aoorëdltés auprès du gouTemtsMit grec ont reçu Tordre de porter à sa conosissance les rësolutious dëfiaill- ▼es que leurs cabioets ont adoptées» pour atteindre le but qu'ils se soat propose en stipulant le traite du 6 juillet et les actes qui en sont le cosh plëment.

A cet eflet les plénipotentiaires des Puissances alliées ont signé le 11 janyier (3 férrier) un protocole dont les soussignés ont l'honneur de soumettre une copie à Votre Excellence» et qui consacre rindépendanct complète de la Grèce» ainsi que d'autres bienfaits qui sont également le fruit de la médiation persévérante et unanime des trois cours.

Le premier effet de cet acte comme le premier but de tous les eflbrts qui en ont amené la conclusion doit être de faire cesser entièrement st sans le moindre délai toute hostilité entre les forces grecques de terre et de mer» et les forces ottomanes. Il est par conséquent indispensable qm le gouvernement grec remplisse aujourd'hui Tobligation qu'il a contraclèc avec empressement de déposer les armes dès que les Turcs donneraicBl leur adhésion au traité du 6 juillet. Cette condition se trouranl rempliCi et des démarches simultanées ayant eu lieu auprès de la Porte» les ceun alliées ont transmis à leurs résidents l'ordre de réclamer du goorers^ ment grec l'adoption immédiate et entière des mesures suirantea:

1®. La publication officielle de l'armistice qui existe de fait.

2®. L'évacuation par les troupes et les escadres grecques de loui k> pAys» points et iles» qui ne doivent pas faire partie delà Grèce» etlc retraite derrière la ligne de démarcation désignée dans le protocole.

-122 PIECES ADDITION NELLES.

S*. Le respocl des personnes el des propriétés en fareur des musulnumi qui resteraient en Grèce.

Les Puissances alliées réclament Tadoption de ces arrangements areo la conrictiou qu'en les exécutant arec empressement la Grèce continuerA à se montrer digne des bienfaits dont elle est derenue Tobjet.

Le protocole qui stipule ces arantugcs renferme un article dont l'ezé* cution a fait l'objet de nourelles stipulations.

En reconnaissant qu'un gourerneroent monarchique et héréditaire pou^ Tait seul offrir les gages de stabilité que réclamait encore l'œurre de paix dont les Puissances alliées s'étaient occupées , elles sont encore con« Tenues qu'il serait placé a la tète du nourel état un prince, dont le caractère fût pour la Grèce et pour l'Europe entière une garantie rassu* rente.

Leur choix n'a pas tardé à se fixer unanimement sur S. A. R. le prince Léopold de Gobourg» dont les qualités personnelles et l'existence sociale et indépendante oflraienl à un haut degré toulea les conditions dé« airées.

En réglant ces intérêts y les Puissances alliées ont arrêté également quelques déterminations spéciales» qu'elles ont prescrit à leurs résidents de porter aussi à la connaissance du gouTcrnement grec.

La première se rapporte à la résolution prise par les trois cours d'as* surer au nouvel état des secours pécuniaires au moyen de la garantie d'un emprunt que fera le gouvernement grec» et dont le but sera de pourvoir à la solde et à Tentretien des tioupes que le prince souverain sera dans le cas de lever à son service.

En môme temps il a été convenu de laisser à la disposition de S. A. R.» pour le terme d*une année» le corps de troupes françaises qui se trouve actuellement en Grèce. Dans le cas où un plus long séjour de ce détachement serait jugé indispensable» les Puissances s'entendraient avec le prince souverain pour condescendre à ses vœux.

Indépendamment des stipulations qui viennent d*étre rapportées » il a • été arrêté un arrangement séparé à Tégard des catholiques qui habitent ce pays.

S. M. le roi de France qui exerçait envers les chrétiens de ce rit un patronage spécial tant qu'ils se trouvaient soumis à la domination de la Porte, croit devoir aujourd'hui se dessaisir de cette prérogative (quant aux provinces qui doivent composer le nouvel état) et en confier l'exercice au souverain appelé à régner sur la Grèce. Mais en même temps S. M. T. G. a réclamé en favciur des catholiques des garanties capables

PliCBS ADDiriONIfELLIS. 423

d« êUjffUtr k racUon que la France a exereëe jiiaqu*à ee jour en leur Urtut.

La justice de cette démarche ayant été reconnue» il a été stipule que la religion catholique jouira dana le nourel état du libre exercice de •on culte» que aet propriétés liii seront garanties» que ses éréques seront maintenus dans Tintégrité des fonctions, des droiu et des priri-. léges dont ils ont joui sous le patronage des rois de France» et qu'enfin d'après le même principe les propriétés appartenant aux anciennes missions françaises ou établissements français» seront reconnues etret*. pectées.

Les plénipotentiaires des cours alliées qui ont réglé ces intéréu» ayant roulu donner en outre à la Grèce une nourelle preuve de la sollicitude bienreillante de leurs sourerains à son égard et préserrer ce pays des malheurs que la rivalité des cultes qui y sont professés pourrait y susciter 9 sont conrenus que tous les sujets du nourel état» quel que soit leur culte, devrout être admissibles à tous les emplois, fonctions el honneurs publics, et traités sur le pied d'une entière égalité» sans égard à la difTérence des croyances dans tous leurs rapports religieux » cirils et politiques.

En 8*acquittont des communications qui leur ont été prescrites par leors. gouTcrncments , les résidents des Puissonces alliées se flattent de les roir accueillies avec les sentiments de reconnaissance que ces actes doivent inspirer à la nation Grecque, et avec la confiance qu*elle a manifestée jusqu'à ce jour envers ses puissants protecteurs.

Ces sentiments doivent lui être inspirés par des motifs bien légitimes. La Grèce est redevable de son existence aux secours de tout genre que les trois Puissances lui ont prodigués. Elles l'ont délivrée» prise sous leur protection immédiate» et sauvée d'une perte inévitable. A ces titres elles ont acquis des droits positifs à une entière déférence de sa part. Elles en acquièrent de nouveaux à sa gratitude en complétant aujourd'hui son système insulaire, et en lui assurant la possession des pays qui peuvent, soit lui être chers par leurs souvenirs, soit lui offrir des avantages par leur position géographique. En accordant à ce nouvel état une indépendance complète et tous les droits qui en dérivent, les cours alliées l'ont encore libéré de toute clause onéreuse. Elles ont aussi rempli le plus ardent de ses vœux, et surpassé de beaucoup les espérances qu'il avait droit de nourrir : le développement de sa prospérité intérieure et la reconnaissance de son commerce sont assurés. Le choix même du prince qui va la gouverner lui offre toutes les garanties d'ordre et de

'i2i PIÈCES ADDITIONNELLES.

repot inlêrieiir dont il a betolo, ainsi que tout les moyen* do m eoMlltuer d'aprét les principes salutaires qui font le l>onheur des ëtata.

Les cours alliées ont donné Tordre A leurs résidents de déclarer en* core que jusqu'à Tarrirée du prince en Grèce , les rapports établis entre Fadininistration octuclle de ce pays et ralliance« seront maintenus tels qu'ils existent dans ce moment.

Des ordres analogues aux instructions qui ont été adressées aux mis» sions des trois Puissances en Grèce i ont été expédiés à leurs ambassa* dcurs à Constanlinoplo et aux amiraux^ commandants des escadres sta« tionnécs dans ces roerSi et ils ont reçu l'ordre do concourir ensemble A l'exëcutiou du protocole du 22 janrier (3 férrier).

Signés 9 Dawkiits.

Baron A. db Roumr.

Comte N. os Pastim.

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