TOMB IV
PliCBS ADOmOHiriLLIS.
2*. Le due de WelllngioD don* te-t-il que le Dourel état soil reeoonu par ioulee les PuissADcee europëennesT
5*. Groit-il que là garantie De •era que partielle et pas aussi eom»
pléte que le chef futur du gourernement grec doit le désirer et l'attendre?
i\ Quel contingent fourniront les Puissances jusqu'à ce que le gourernement grec devienne sta« ble?
5*. Pour quelle durée et à quelles conditions accordera -t -on le* contingent» et son séjour pourra-til être prolongé au delà de l'époque convenue » si les circonstances venaient à le nécessiter?
6\ Quelle protection aura la Grèce pour le cas d*lnvasion étran* gère?
Mais le due ne saurafe avaneer que le traité contiendra quelque chose qui ne soit pas malntenonl dans le protocole f sauf une garan* tie générale.
2^ On ne saurait douter que les Puissances européennes ne reoon* naissent le nouvel état*
5^ Il est de l'intérêt et du désir de tous les étals européens que la Grèce soit Indépendante. Les trois Puissances doivent garantir le territoire désigné dans le protocole.
D'autres Puissances seront invitées à accéder au traité.
i^ Chacune des trois Puissances est engagée à ne pas envoyer des troupes en Grèce sans le consentement des autres.
Le souverain indépendant de la Grèce devra décider lui-même s'il aura besoin d'une force militaire pour aflermir son autorité ou défendre les frontières « et les Puissances devront naturellement proportionner leurs secours à la demande qui en sera faite.
5*. La réponse à ce paragraphe est contenue dans celle du numéro 4.
e*. La Grèce une fols établie »
et $e9 limites garanties, comme il a été proposé , elle aura le même droit à Tasslstance et à la protection en cas d'une agression quel-
V*. QimI Mooiirt reeerrail h Gréoe dans le ont que tes refaoor- OM feraient diminu^ea an point de ne pas pouvoir aufiire aux besoins du gouTerneroent? S. A. prie le duc de répondre catégoriquement sur ce point 9 puisqu'elle apprend que le gouTernc^ment provisoire n'a pu exister que par les subsides étrangers et que oeux«là allaient cesser,
8^ Quelle sera -la base de la politique de la Grande-Bretagne dans ses relations futures avec l'état Grec?
I»lftci8 AnniTIOlKKBLLIfl, 435
eonqne que tout autre étal de rEu* rope 9 dont il y a plosieara qui » se trouvant dans le voisinage des états les plus puissants» jouissent d'une entière indépendance sous tous les rapportSi soit intérieurs» soit extérieurs.
7®. Le gouvernement de ce pays ' n*a jamais donné le moindre secours pécuniaire a la Grèce, et ce serait tromper S. A. que de lui en donner l'espoir pour l'avenir. Le duc pense d'ailleurs qu'un sembla* ble secours n*est pas nécessaire.
8^. Le duc répond clairement que la politique de ce pays A l'égard de la Grèce sera basée sur le désir d'entretenir des relations de bon voisinage et de coopérer à la paix intérieure, au bonheur et A la prospérité de la Grèce» et à tous les justes désirs du prince souverain.
S. A. peut être persuadée que les ministres de S. M. n*aglssenl point d'après les motifs personnels et les sentiments que leur attribuent leurs opposants; et même en admettant cette supposition peu honorable» le duc assure que la politique permanente de l'Angleterre envers la Grèce doit être amicale» si la Grèce est réellement indépendante et se conduit comme une Puissance indépendante.
Pour ce qui regarde Candie» la lettre de S. A. parle: 1% de la possession » et 2®» de la pacification de cette Ile par le protocole du 22 mars : les Puissances alliées ont décidé de ne pas en demander la cession à la Porte; et relativement au second point» la meilleure manière d'en venir à une
436 TlkCËS ADDinONNBLIi&l.
dëolsIoD serait de rejeter de la dltciuflon loutea les expreteioBS diirei# eomme force des armes y rerser du sang» et carnage.
Si S. A. roulait bieo se donner la peine de lire les dëtaib de la guerre en Candie f elle Terrait qu*il y a lieu de se plaindre beaucoup plus des Grecs et surtout du gouyorneroent grec que des Turcs.
Si Candie doit continuer à être une possession turque f il est Indispen* sable que les habitontSf soit Turcs soit GrecSf soient soumis au gourer* nemeiit turc sans la moindre intcrrention étrangère.
On a pris des mesures pour prcSrcnir des actes de rengeanee pour oe qui est passëf et il ne manquera pas de bons ofliccs pour empêcher un exercice cruel de Tautoriti!; mais l'Angleterre ne peut pas contrôler le pouroir de la Porte dans cette île; et si quelque Puissance le pouralt ef« fectirement, on ne saurait y considérer la Turquie comme puissance indépendante.
S. A. a saisi I je crois, le rrai sens du paragraphe 3 du protocole. Les trois Puissances ne se chargent pas de définir quelles seront les institua tiens compatibles arec la monarchie par laquelle les Grecs doirent être gouvernés.
N* 11. Le prince Léopold à Milord Aherdeen*
Glaremontf férrler 1090.
Ayant mûrement considéré les modifications qui ont été proposées dans la conférence de la reille aux points 4 et 5 contenus dans la réponse de S. A. au protocole» elle est renue à la conclusion qu'elle perdrait la clause la plus essentielle si les Puissances refusaient les troupes , clause qui lui fut non-seulement promise dés le commencement» mais qui peut être enrisagée comme une base à tout le reste. Milord Aberdeen est prié de rouloir communiquer à ses collègues la réponse annexée.
N® 15. Le prince Léopold à Milord Aberdeen*
Claremont» SS férrler 1890.
( Rifeeption du prqfeê du protoeoie du 20 féînrier*
S. A. n'approure pas entièrement le passage ayant trait à la prolongn*
pifton ADinTfoviiKLLif* 437
tloM dtt t^oor ém Irwipet frtnçalMflau delà do tanM, •! propoMlâ emy reetioû amMx^.
La prlnea doit arooer fraBohamant qn'll na goûta paa la nodlfiaatioQ. propofëa da la nota du 11 du eourant bo»^ 14»
Uaa talla modifioatlon pomralt paat-étra loralidar Taxaetltoda do bit ralatlrament à la positloo qua S. A. a oro darolr prendra dana oatta oooflflon. Milord Aberdean adaattra probablanent qua S. A. ne darralt pat flflaibllr lul-néma les preures qua ea n'est pas de ta faute al lot Grecs n'ont pas eu une pari au choix de leur sourerain. Si les plénipotentiaires attachent beaucoup d'importance A œs modificaliona, S. A. consentirA par courtoisie à les adopter.
Le projet du protocole ne rappelle nullement la promesse que les plé» nipolentlaires araient faite au prince le 15 fërrier relatirement aux limites occidentales; c'est pourquoi il prie Milord Aberdeen de donner anx commissaires, pour fixer les limites, des instructions qui puissent les meC^ tre à même d'ëtendre au moins les limites arrétëes selon le principe des séparations naturelles.
N* 16. L€ prineê Ldopold à Milord Aberdeen.
Mariborough-House, 7 mars 1830.
Si le prince a accëdd a la repense modifiëepour la forme, aonadhësion au protocole n'a pas moins ëtë fondëe sur la teneur et l'esprit de sa lettre du 11 fërrier adressëe aux plënipotenllaires.
Il souhaite qu'on ne considère pas cette explication comme dëcelaot on manque de confiance enrers les plénipotentiaires, mais comme destinée uniquement à le garantir lui-même de la possibilité de dërler à l'arenir de rintention et de l'objet de sa première réponse, puisque S. A. considérerait que tout éloîgnement du sens de cet- engagement lui laisserait la pleine liberté d'agir comme bon lui semblerait.
S. A. revient encore une fois sur la nécessité d'étendre les limites an nord, d'autant plus que Milord Aberdeen s'était lui-n^éme récemment exprimé sur la dlittculté qu'il y aurait à adopter la ligne de frontières proposée.
Persuadé qu'il est dans le pouvoir des plénipotentiaires d'opérer ce changement, le prince Léopold prie Milord Aberdeen d'employer ses bons offices en qualité.de ministre anglais, afin d'obtenir ce résultat, et
138 PIÈCKS ^DDITIONIIELLKS.
çue S. A. eooftidéra comme lui ëlant dû» d'après toalat !«• olrcoMlkiioei de ta position.
N* 19. MUord dberdeên au prince Léàpold.
Forelgo-Oflieej 19 mare 1S90.
Les ministres de S. M. ont ëproiird une rire peine en prenant lecture de la lettre du prince Lëopold à Milord Aberdeen » parce qu'elle parait jeter un doute sur la stabilitd des engagements que 8. A. a contractdst et qu'elle admet en principe un système d*interprëtatlon qui rendrait tout engagement douteux.
S. A. serëscrre un droit qu'elle pourra exercer à discrétion: d'appeler de la lettre signée par elle et annexco officiellement an protocole , aux expressions d'une autre lettre qu'elle arait consenti à retirer par suite de la demande dos plénipotentiaires.
Il est éyidcnt qu*un pareil procédé est en opposition directe arec la pâture même d'une transaction diplomatique telle que la présente. Milord Aberdeen ignore les sentiments des plënipotentioires de France et de Russie à cet égard : mais pour ce qui s'agit des ministres de S. M.» ils sont intimement conraincusde l'iropossibillté de continuer les discussions si S. A. ne rout pas reprendre sa lettre.
S. A. reconnaîtra sans doute que ni la dignité du roi, ni le caractère de la transaction elle*roéme, ne comporteraient la possession de ce document s'il n'était pas accompagné d'une contradiction ou explication de sa part.
N* 22. Le prince Léopold à Milord jtberdeen.
Marlborough-House» 17 mars 1830.
Sub$tiUid au numéro 16 du 7 mari.
L'état actuel des négociations rela tires à la Grèce portent S. A. li ei»- •retonir Milord Aberdeen sur une question principale qu'il reste encore à décider, et nommément les secours pécuniaires. En ne pas stipulant le montant de l'emprunt qui doit être garanti, le prince croit aroir donné la preure la plus irréfragable de sa confiance dans les dispositions amioales des Puissances alliées; mais il est de la pltis haute importance potnr
nids AiHimoKniiLis. 439
S. A. d« rappr«Bdr«-mftinleiiaot 9 car lot retfônroef qvl leroot détlgnétt au WNird ^tat pourroBl seules Utermiatr la possibOictf q^*U j aura d*SBtreprendra uoe tâcha aussi diiBcUa*
En Toici les raisons :
1*. L*ëut déplorable auquel lé pays a ëctf rëdniC après de louguei annëes d*snarckie et de guerre. 2*. 8. A. Ignore Jusqu'à présent les ressources du pays; mais quelles qu'elles soient, elles ëprourent un besols indispensable d'être actlrëes par l'emploi immédiat de fonds. S*. La nécessite de combattre l'anarchie en ramenant les troupes irrégulières ds la Grèce à des hobitu'^es d'ordre; pour les établir on doit faire des sacrifices pécuniares. 4*. L'intérêt que les Puissances alliées dolTent aroir à la pacification du lerant doit nécessairement rester le même « que l'autre s'accomplisse maintenant ou plus tard; mais il est certain que les difficultés augmenteront en proportion desentrares et des retards qu'on 7 mettra.
N* 24. Prqfei d*une convention auee le prince Léopoid relativemeni à
un emprunt.
Le gouremement britannique garantira les intérêts d'un emprunt pour le prince sourerain de la Grèce aux conditions suiranles;
La somme empruntée s'élèrera à 500,000 litres sterling.
Les <H>nditions doirent être soumises à l'approbation du gouremerncBl britannique.
La somme totale sera arancée en sept rersements annuela à la condasion de l'emprunt.
60,000 lirres sterling.
En 1891 , 70,000 »
Ces rersements quoique contractés en même temps doirenl 4lrt eeaii' dérés comme des emprunts séparés*
Le prince doit assigner (dans les six premiers mois de son enhk)
-140 PliCieS ADOmOKXBLLES.
quelles braochet spëclalet des rereDUt pour le pâiamnl des dhridendes semi-aoDueU. On dëduira da premier Terseneet ce qui est nëoetiaire pour solder les intëréts de la première demi-auDêe.
La Grande-Bretagne sera garant du paiement des dlridendes que le gouremement grec ne pourrait pas acquitter, et les réclamants auront le droit de se prëraloir de leurs crëances six mois après rëchëance, en prourant que le gouremement grec ne peut pas les satisfaire.
Les obligations du gouremement britannique relatirement à chaque portion de Femprunt commenceront aussitôt après leur rersement. La garantie du gouremement britannique est accordée à 8. A. R. le prince souTcrain de la Grèce et à ses descendants; mais dans le cas qu*il rësultcrait quelque changement dans la situation relatiredes parties » la Grande-Bretagne se réserre la faculté de retirer sa garantie pour les rersements qu*i] restera encore à faire, et elle en informera le contractant. Le gouremement britannique aura également la faculté de rembourser Ica fonds d*un ou de plusieurs yersements garantis par lui, à un taux qui sera conyenu, et d*acquéi*ir par là tous les droits du contractant arec le gou* remement grec.
N* 25. Le prince Leopold à MUord Aberdeen,
Marlborough-House, 25 mars 1830.
Les termes du protocole araient donné au prinoe le droit d'attendre que, quelle que soit la quote-part de chacune des Puissances, la somme totale de Temprant serait garantie par un acte de la conférence. Et il apprend arec uo regret sensible que le montant de l'emprunt que le gourernement britannique reut garantir est totalement au-dessous de ce que S. A. arait de premier abord jugé indispensable pour la Grèce.
Dans toutes les négociations relatiyes à la soureraineté de la Grèce qui Tiennent d'sroir lieu, le prince LéopoId a toujours cédé aux objections des plénipotentiaires dans l'espoir que l'article 4 du protocole rece- Trait toute rexlension qu'on lui arait fait espérer, et que par là il pourait encore trourer le moyen d'accomplir les intentions généreuses des Puissances alliées. Mais pour le cas que la conférence ne se croie pas autorisée à accorder toute la somme demandée, S. A. n'hésite pas à déclarer qu'elle sera forcée à se démettre des hautes fonctions dont les sourerains allies ont bien roulu la rerétir.
niCtt ADDmOVKltLBS. iil
N* fê. MOord Jbmrdêêm m pHnee LdopoU.
Foreign-OIBM, Î5 nart 1630.
MUord AberdMo oe tardera pât à camnuaiqiier U lettra de S. A. tu plëolpolanliâireft de France et de RiMtie.
Cet ninlstret se sont pas autorises à spécifier le nontant de Teuprant que leurs gourernemenu sont disposes à garantir. Mais il arait cru deroir aller au-derant de Fanxlëtë exprimée à cet égard par S. A. en lui transmettant le projet. S. A. a dû connaîtra d'ailleura précédemment la délei^ mination qu*ayait prise le gourernement de S. M. de garantir séparément sa portion de Temprunt.
Les Puissances pourront adopter d'autres résolutions, mais Milord Aberdeen a toujours manifesté la même opinion sur la part que prendrait le cabinet anglais» et il regrette que S. A. ne l'ait peut-être pas compris » malgré tous les soins qu'il arait pris de bien éclaircir ce point. 11 est dit d'ailleurs dans la modification même proposée psr S. A. : c Les hautes Puissances signataires du traité du 6 juillet 1827 s'engagent conjointement ou séparément à donner leur garantie aux emprunts, etc. >
Milord Aberdeen est trés-désireux d'éclaircir un point sur lequel il croyait qu'il ne pourait pas y avoir de malentendu ; car quelles que soient les conditions ou le montant de l'emprunt, le gourernement britannique ne voudra guère garantir que séparément.
N* 30. Milord Aberdeen au prince Léopold.
Argyll-House, 1 mai 16S0.
Quoique Milord Aberdeen ait déjà eu l'honneur d'informer S. A. dans la matinée de ce jour, de la résolution prise por les Puissances alliées de garantir la somme de 60,000,000 de francs, les plénipotentiaires désiraient la lui faire d'une manière plus femelle, et personnellement. Dam cette même entrevue, on pourrait terminer quelques détails relatifs à cette alTaire.
4*12 PISCBS ADDIT10MNSLL18,
N* SI. Ii9 jnine9 Lécpoid à Mttord Mbêrdêen.
Marlborough-Housoj S mal 1830«.
Je dois Totit informer, en réponse à rotre lettre d'hier aa soir» que» malgré la satisfaction que j'éprouverai toujours à communiquer person» nellement arec les plénipolentiaires, il faut que je m*en priredans la prd» sente occasion.
Les désarantages prorenant d'un semblable mode de communication » sont en rérité trop majeurs et sont retombés jusqu'Ici exclusirement» Je dois ajouter aussi sérérement, sur moi-même.
Quelles que soient, en conséquence, les communications dont les pld» nipotentiaires désireraient s'acquitter par la suite relatlTcment à tous les objets sous discussion, je les prie de rouloir bien les faire par écrit.
PIÈGES iDDITIONNELLES N' 2.
Le ténaî à S. E. U prAideni de la Oriee.
Naoplie, ^ arrÔ 1830.
Après aroir profondément médité le protocole du S féfrier, les pléoea j annexées, la notification officielle des résidents des cours alliées» ainsi que le message de Votre Excellence sous le numéro 497, le sénat s'est empressé par sa réponse sous le numéro 67 d'exposer ses obserra* tiens basées sur les rœux légitimes de la nation, rœux qu'elle a d^à exprimés tant de fois et qui sont contenus dans le mémoire cl-joint«
PliCBil ADDITlONHKtIiSS. 443
C*Mt à Voli« Exeello&oe à lot nettre tout lot ytm dU B. A. R. le prioce Lëopold*
Quaot à la dëpotalion que tous dods proposes d'enrojer ao-derant de 8. A. R. 9 le sëoal la cootidërant et comme on deroir et eoaime éiant dana rintërét de la nation» Il eat prêt à se concerter arec Votre Excel* lence sur t^n enrol» dés qu*il sera Jugd convenable.
Mémoire renfermant les obsen^aiions du eénat sur le protocole du S fé* prier, ainsi que sur la note par laquelle cet acte a Aé communiqué au goui^ernement grec par les résidents des cours alliées,
Nauplie» rj aTrll 1690.
Le dëslr ardent de se soustraire an Joug d*nn long esclarage et de rs* cooTrer son Indëpendanoe, détermina la nation Grecque à entreprendre la guerre contre la Turquie; ce même sentiment, durant cette lutte iné» gale, lui inspira du courage pour affronter la mort, lui prêta des forces pour endurer les plus cruelles prirallons. Le sénat» qui roit aujoor^ d'hul que ce bien si cher à tous les Grecs leur est accordé par la magnanimité de leurs augustes protecteurs» est pénétré arec la nation en* tlére d't-na profonde reconnaissance.
La Grèce n'eut pas plutôt pris les armes» qu'éprourant le besoin ds l'ordre» elle adopta la forme de gouTcmement qu'elle jugea la ploi conrenoble a sa situation d'alors. Plus tard au congrès de Trézène elle plaça pour sept ans le timon des affaires entre les mains d'un homme qu'elle regardait» et qu'elle regarde encore» comme digne de sa confiance. Des considérations de haute politique chsngent aujourd'hui ce système d'administration» et la Grèce» destinée à être régie monarchiquoment» ra posséder dans son sein S. A. R. le prince Léopold. Le choix d'un prince sage et rertueox» que devance la renommée» offre à la Grèce la perspective d*un avenir heureux ; elle s'en félicite d'autant plus qu'elle apprend que S. A. R. s*e8t noblement refusée à accepter la tâche aussi glorieuse que pénible d*opérer le bonheur d'une nation» avant de s'assurer de l'assentiment de cette même nation. Le principe qui a porté S. A. R. a une résolution si généreuse» ainsi que la loyauté de son caractère» sont les plus sûrs garants de sa disposition à valider les libertés nationales que la Grèce a consacrées dans quatre assemblées» et qu'elle estime aussi nécessaires» aussi précieuses» que l'existence même.
4 H PliCE9 AUDITI0MMELLX9.
D*autret lient ëf^alement formés par la gratituda« attachent d^jA U nation à S. A. R. Lea Grecs ont appris areo ëmotion le Tif empressement qu'elle a mis A défendre les intérêts majeurs de l'état. ;
Le sénat considère l'extension des limites comme si étroitement liée ayeo l'indépendance réelle do la Grèce; il la juge tellement nécessaire pour raccomplissemenl des intentions généreuses des Puissances signa* taires du protocole du S férrier, qu'il ne saurait passer sous silence lea observations suirantes :
1*. Sur le continent I les prorinces qui, avec une population d'euTlroo cent mille âmes. Tiennent d'être détachées du nouvel état Grec, ont souvent opposé une digue au torrent dévastateur des troupes ottomanes* Sur mer Tîle de Candie qui a été exposée pendant neuf ans à toutes lea calamités de la guerre, Samos, où tant de fois sont venues se briser lea forces de l'ennemi , Piara et Casses, qui n'ont succombé qu'sprés une résistance héroïque, ont été comme autant de boulevards contre lea flottes do Byzance et d'Alexandrie. Les habitants de ces malheureux pays de quel œil verront-ils qu'eux, les premiers défenseurs de la cause, retombent dans l'esclavage,' tandis qu'on rend leurs compsgnons d'armes à la liberté? Doivent-ils s'arracher, les uns a un sol que jamais lea Turcs n'ont osé fouler, les autres à une terre teinte de leur sang, qui leur rappelle de glorieuses victoires, et les noms de leurs capitaines les plus illustres? N<3 serait-il pas a craindre que, dans l'excès de leur désespoir I ils ne renouvelassent les scènes sanglantes de Messolonghi et de Psara? Nous sommes à môme de connailre l'enthousiasme avec lequel les habitants do ces contrées tiennent à leur sol natal; nous connaissons aussi le caractère do ces races belliqueuses, et nous frémissons en pensant que des niassacres de populations entières viendront bientôt affliger les dmes compatissantes des augustes souverains qui nous protègent.
2*. Les frontières assignées à la partie continentale de l'état ne sont garanties ni par des montagnes d'un accès diflicile, ni par de profondes rivières. L'Achéloiîs et le Sperchius sont, surtout pendant l'été, de faibles ruisseaux , guéables en plusieurs endroits. La ligne de démarcation, loin de traverser des précipices et des ravins, passe par un pays plat et désert, qui n'offre aucun moyen de défense. Pour couvrir des frontières semblables, il faudrait donc un cordon de plusieurs milliers de soldats, et des sommes énormes pour élever, soit des fortifications, soit des abris pour les troupes.
L'île de Candie étant exclue de l'état Grec, l'Archipel restant ainsi
piftds ADomonruLËs, 445
A d^MttTtrl d« €ÔU d« TAfrlqM j oa tcra obligé d^eatreuslr eootU»- ■eat !»• force Bâralo cootidërable. Or dans ton ëlal aetoel la Grèce, quoique poatMaal encore lee prorlacet qui ront être eëparêet d'eue, et dispensée encore des frais qu'exigent les relations diplomatiques et une organisation parfaite dans rintérieor, peut A peine subrenir avec ses propres rerenusi et ces rerenns lui suffit ont*lls lorsque la Grèce sera démembrée, et constituée arec des frontières dont la défense ezi» géra des frais exorbitants?
9*. Les proyinces de la Roiunélie cédées à la Porte fournissent les deux tiers de notre armée de terre. Si ces soldats rentrent dans leurs foyers, la Grèce se rerra prirée du nerf de ses forces, de ces mêmes bras qui ont si héroïquement défendu Messolonghi et Athènes. S'ils restent parmi nous, placés dans l'intérieur de l'état ou sur les frontières, seront-ils spectateurs impassibles de leurs infortunes, fidèles obsenrateurs de la paix? L'exclusion des lies de Candie, de Samos, de Psara, de Cassos, de Chios, d'icaria, de Patmos, de Léros, de Galymnos, d'Astypaléa, de Carpathos et autres, ne manquera pas de pousser à l'émigration des hommes aguerris et réduits au désespoir, lesquels infesteront les mers de la Grèce, en se lirrant à la piraterie, à la fareur de tant d'îlots inhabités et de la proximité des côtes désertes et non gardées. Que deriendrait alors l'état naissant de la Grèce? Quelle serait BtL tranquillité sur terre? Quelle serait la sûreté du commerce sur mer? Où la Grèce indépendante trourerait-clle les moyens d'entretenir une flotte conildérable et de solder de nombreuses troupes?
4*. Les proTÎnccs do la Roumélie, loin de donner a l'empire Ottoman des rerenus importants, ont toujours serri d'asile à des peuplades libres et guerrières, et causé a la Porte des inquiétudes et des dépenses presque continues. Ces mêmes proTÎnces, dont l'esprit indépendant et belliqueux a pris un nouvel essor pendant neuf années de guerre, placées pour ainsi dire aux portes des deux états, n'offriront-elles pas une matière prête a s'enflammer au moindre incident, et à rallumer le feu d'une guerre à peine éteinte?
Supposons cependant que tout motif d'une rixe prochaine ail cessé, et qu'on soit panrenu â dompter le caractère martial de ces peuplades abandonnées à la Turquie, les Ottomans occuperont toutes les fortes positions dans les montagnes, et menaceront a chaque instant l'état Grec. Ils exerceront dés lors sur lui une influence inconciliable arec les rues élerées, d'après lesquelles les augustes monarques viennent de fixer ses destinées.
446 nlCES ADDinORIfELIifiS.
ft*. Quand mène la Porte d^irerait •incéremeiit une pabc. durable # •ea tujeU aeeoatitmés de toot temps à rinmibordinatiov» •• conformeraJent-ilt docilement à set rolontds ? et les Grecs indépendants des prerinces limitrophes , n'étant point défendus par des frontières naturelle* ment fortes» ne seraient-Ils pas continuellement exposés aux Inrasiona subites dos bordes albansises et asiatiques? où serait dono la (garantie d'uno paix permanente entre les Grecs et les Ottomans?
A-tpon au moins offert aux habitants des contrées séparées de Tétat Grec un moyen réel de ne pas perdre leurs propriétés, au cas où ils roo^ draient renoncer a leur patrie? Non; car si » d'après le protocole du S fé« Trier, il est permis aux Turcs habitants de l'état Grec comme aux Grecs habitants des états Turcs, de yendre leurs biens et d'émigrer , il est érldent qu'aux premiers, tels que les Turcs d'Eubée, une pareille renie deriendrait possible et profitable, attendu que leurs biens se trourentdana un pays qui est appelé à Jouir des bienfaits d'une administration régulière. Il en serait tout autrement des Grecs, de ceux de rAcarnanle par exemple, pour lesquels la rente serait ou peu arauta|peuse, ou illusoire. En effet quel serait l'homme f en$é qui roudrait acquérir les propriétés d'un Acarnanien, là où l'arbitraire seul existe, et dans des contrées en proie au désordre?
Indépendamment de ces résultats funestes, la restriction des limites fera affluer dans la Grèce Indépendante des Indigents en grand nombre qui quitteront arec les larmes du désespoir leur sol natal , mais esclare* Les habitants de l'état Grec, liés comme ils sont arec eux par les nœuds de la fraternité et par des serments solennels, derront-ils les abandonner à leur misère? Laisseront-ils lirrcr à tous les malheurs et au fléau des épidémies une population tant de fois décimée par la mort? Membres de la famille Grecque, ces. infortunés ne mériteront- Ils pas d'être soulagés dans leurs maux? Msis quels soiit les moyens de les soulager? Est-ce lâ terre nationale ou les ressources de la caisse? La terre nationale!
L'article 5 du protocole porte : c L*scte d'amnistie de la Porte proclamera qu'aucun Grec dans toute l'étendue de ses domaines ne pourra être priré de ses propriétés , ni inquiété aucunement à raison de la part qu*ll aura prise à l'insurrection de la Grèce. L'acte d'amnistie du gourem^ ment grec proclamera le même principe en fareur de tous les musulmans on chrétiens qui auraient pris parti contre sa cause, et il sera de plus entendu et publié que les musulmans qui rendront continuer à habiter la territoires et fies assignés à \ê Grèce, y conserreront leurs propriétés, etc. •
nids Aimmoiiinuxis. 447
Nous OBeUroos do faire obteirtr qne rainnUU* txitUot d^jA éê fait chei lot Grecs D*a éii et oe tera janala qu*ilIiitoira ckei lea Tares. Noos passons sous sileDce que ce néme article coDcemant ramnlstie as fait aucune mention de tant de Grecs qui, tombes en esclaraufe, ont M rendus en Turquie, et dont il est douloureux A la nation d^'gnorer le sort. Nous n*sbordons point ces sujets quoique d'une grande importance, et nous nous arrêtons sur un autre point qui mërite une attention toute par* tiouliére.
L'article en question , en ëtsbiisssant rinyiolabilittf des propriétés mu» sulmanesi préToit-11 deux cas seulement? le premier, lorsque les Turcs reparatlront en Grèce en qualité de négociants, d'artisans, ou de pro* priétaires de terres récemment acquises par eux; le second , lorsqu'ils se trouTcront, tels que les Turcs de l'Eubée, propriétaires de lait, au mo* ment de rexéculion du protocole. Ou bien s'agirait-il aussi de la restito* tion des terres nationales, restitution entièrement incompatible ares l'existence du nourel état? Ces propriétés sppartenant jadis aux Grecs, usurpées ensuite par les Turcs durant leur domination, et rachetées aujourd'hui au prix de flots de sang, ont été, ou aliénées â diiTérentes époques, ou hypothéquées lors de la négociation des deux emprunts de IjOddres. EHles serrent maintenant a nourrir les trois quarts d'une populatios presque nue. Elles ont enCn été destinées, soit à des indemnités, soit à la liquidation des anciennes dettes de l'état, contractées dans l'intérieur.
Ce serait un malheur irréparable, une catastrophe dont la Grèce ne se relèverait jamais, que d'entreprendre la restitution de ces propriétés.
Le sénat qui ne roit dans cette mesure que les résultats les plus funestes, croit s'acquitter d'un deroir sacré en représentant à S. A. R, qu'il a peine a se conraincre que le peuple Grec, se royant ainsi lésé dans ses droits et dans êeê Intérêts les plus chers, puisse se résigner patiemment à perdre le fruit de ses traraux , et a yoir compromis le présent etrarenir. Mais quand même par l'eflet d'une prudence que dicteraient des circonstances Impérieuses 11 se condamnerait au silence, ne dcvicndrait-il psi bientôt un troupeau d'esclares dispersé au milieu des Turcs, assez puissants pour opprimer, puisque d'un côté, par suite des actes qui complètent le protocole du 3 février, les Ottomans seront admissibles à toutes les charges publiques, et que de l'autre Ils auront, en qualité de citoyens grecs et au moyen de leurs richesses, le droit exclusif de suffrage? Dans ce cas riiidépendance, ce don précieux des souverains alliés, serait-il pour la Grèce un avantage réel? Qu'aurait gagné l*Hellène après neuf ans d'une lutte sanglante? Vivant dans un désert au milieu des ossements
as PliCES ADDITIOfiinU.LBS,
de ses parents missaoïrës, il n'aurait fait que légitimer son itemel eièl«- TJge.
Nous disons plus; quand même la restitution n'aurait pas lieu, les ter> res nationales ne suffiraient pas h soulager ceux de nos frères qui se rëfu» gieroDt ches nous. Ne faudrait*!! pas encore des ressources pëcuniairee pour perfectionner et consolider l'organisation intërieure et combler durant plusieurs années encore le dëficit dans les recettes de l'ëlst?
Dans la note oflicielle de Messieurs les rësidents des cours alliées , qui accompagne au gourernement grec l'acte du S fërrier» il est dit que l'em* prunt, ce noureau cage de la bienreillance de nos protecteurs, sera affecte à la solde et h l'entretien des troupes que le prince sourerain se trourera dans le cas de lerer à son service. Les Grecs cependant aiment à espérer que la renaissance des lettres, rencouragement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, les indemnités dues à la marine et à l'armée , ainsi que les récompenses que méritent un grand nombre de citoyens signalés par leurs exploits, et que leur patriotisme a plongés dans la misère, seront les premiers objets de la sollicitude paternelle de S. A. R.
Il ne nous reste plus qu'une seule obserystion à faire. Messieurs les résidents des cours alliées dans leur communication officielle ont annoncé au gourernement grec qu'un acte stipulé entre 8. M. T. G. et S. A% R. assurait la jouissance des droits politiques aux Grecs de l'église d'occident. Cette concession, conforme en grande pnrtie aux lois existantes du pays qui fixent les droits civils , suffit seule pour nous convaincre que la religion grecque sera la religion dominante de l'état.
Mais quelle sesait l'allégresse nationale si la religion à laquelle les Hellènes doivent leur existence politique, quelques lumières et la langue de leurs ancêtres, les unissait par des liens sacrés à S. A. R.? Quel serait leur enthousiasme, s'ils voyaient iselui qui doit être le prince de la patrie, offrir au Père éternel dans leurs temples la même adoration?
Signes, Le président, G. Sissmis.
Le iéerAaire, P. Sounoa.
SUPPLÉMENT
HTUIT DKS kCm DE U CONIÉRENGI DE FOIOS.
Lettre adreitée à S. B. le comte Capodiitriai, président de ta Grèce, par S. E. M. Stratford^Canmng, anAauadeur tAit» gleterre.
Gorfou, 13 coût 18ÎS.
Monsieur le eomte^ Les trois cours signataires du traité de Londres^ en nous ordonnant à mes collègues et à moi de nous réunir de nouveau pour concourir^ en ce qui peut dépendre de nous^ i l'eiéculion de ce traité^ nous ont recommandé en outre de nous mettre immédiatement en communication avec le gouvernement grec
L'objet de celte recommandation est de pouvoir préparer, par une discussion préalablement suivie entre Votre Excellence et nous, le mode d'exécution du traité, en tant qu'il affecte le sort futur de la Grèce. L'opinion des cours à cet égard est de faciliter ainsi (le cas échéant où la sublime Porte, à laquelle M. l'ambassadeur de France et moi, nous avons reçu de nos gouvernements respectifs,