‹ Correspondance du comte J. CapodistriasChapitre 28 sur 33 · Aucune lamille turque ne pouvait habiter dans l'Ile · texte numérisé non relu

Aucune lamille turque ne pouvait habiter dans l'Ile

6. Le nombre des Turcs qui occupaient la forteresse était fiié^ et la garnison devait-étre changée de temps en temps.

7. Un seul aga turc venait chaque année recevoir le tribut de 20^000 oqucs de mastic.

Les habitants étaient soumis au haratz.Plus tard les habitants perdirent plusieurs de ces privilèges, et en 1820 le système adminis- •ti*alif de Clûos était établi sur les bases suivantes:

Le sultan envoyait toutes les deux années un gouverneur appelé moussélim aussi, et qui, moyennant une certaine somme qu'il payait à son souverain, administrait Tlle pour son propre compte. Le moussélim avait un chef de police appelé sonbassi.

La forteresse avait un commandant dont la durée des fonctions était illimitée, et qui avait sous ses ordres des olliciers et une garnison turque.

Un juge turc appelé cadi était envoyé de Constantinople. Toutes les aflaircs civiles et criminelles qui concernaient les Turcs et les rayas étaient de son ressort. La durée de ses fonctions était illimitée.

On envoyait également de Constantinople un Turc chargé de recevoir le mastic. 11 était appelé sahiz-^mini. Quoique saus aucun pouvoir direct sur l'ile, il était devenu par abus le protecteur et le chef des villages où se faisait le mastic, situés au sud de File, et au nombre de vingt-un. De celle manière il séparait les habitants de ces vilbgcs, qui étaient tous chrétiens, de la communauté de Chios. Non coulent de cela, il leur faisait payer des amendes excessives, et les traitait avec cruauté. Enfin ces malheureux étaient forcés de donner outre le tribut de 20,000 oques tout le mastic qui leur restait, et qui ne leur était payé qu'à raison d'un sixième du prix courant.

Plusieurs de ces gouverneurs et de leurs ofliciers subalternes faisaient venir leurs familles, et ainsi fut violé lo privilège accordé aux

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cfarélleoi qu'aucune famille turque ne pourrait habiter dana f Ik.

Outre ces autorités , la Porte ottomane reconnaissait la commo» nauté de Chios^ ou démogéronlle composée de cinq habitants indigènes. Ces dcmogérontcs étaient renouvelés chaque année. La Porte ottomane s'adressait toujours à eux pour toutes les affaires reblivcs aux rayas, et pour toutes les demandes extraordinaires et abusives qu'elle faisait d'argent.

Ces démogérontes avaient à Constanlinople des représentants choisis chaque année parmi les négociants chiotes dans cette ville. Ceux-ci pour les affaires de la communauté avec la métropole recevaient des instructions des démogéronles de Cliios. Outre la démogérontie, il y avait aussi dans Tlle des autorités civiles chrétiennes dépendant plus ou moins de la première. Ces démogéronties guidées par les coutumes et les décisions des différentes assemblées des primats du pays, avaient plein pouvoir pour toutes les affaires civiles, religieuses, de finance, de philanthropie et d'enseignement public. Ils devaient, avant de quitter Ipur poste, rendre compte de leur gestion à la communauté.

Cette communauté soutenue par tous les chrétiens (les habitants des villages du Mastic, à cause du motif ci-dessus annoncé n'en faisaient pas partie), était respectée par la Porte ottomane. Cette union des chrétiens, et le paiement qu'ils faisaient de sommes considérables, mettaient un frein au penchant des Turcs pour les abus. Ils jouissaient, de même que les juifs, d'une existence civile et religieuse, autant qu'il est possible sous de tels tyrans.

F ingi' cinquième Question. « Quels étaient les privilèges ou « droits municipaux qu'on avait laissés aux Grecs^ et les avantages « particuliers accordés à certains cantons ou îles? »

Le Péloponèse jouissait du privilège d'avoir des codja-bachis, ainsi que de celui de les élire. Sparte avait un gouvernement qui ne relevait du capiUin-padia que par la nomination du bey.

Le siUtan actuel, par un de ses décrets, avait aboli dans le Pélopo-

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nèse rusaje pratiqué dans le reste de la Turquie, de eonfiaquer ke biens que bissaient à leur mort les chrétiens qui remplissaient des fonctions publiques.

De plus quelques provinces du Péloponise jouissaient de certains fvmlôQcs, par exemple comme les dîmes do Palras étaient aflectéts au tombeau du sultan llamid, cette province ne contribuait pas aux dépenses do Tadministration du Péloponèse, et comme les paclias n'y exerçaient aucune influence^ Palras était devenue l'asile de ceux qui étaient persécutés; mais après Tavénement du sultan Mahmoud , tous ces privilèges ont été abrogés.

Les privilèges des lies maritimes^ soit dans leur administration intérieure, soit dans la modicité des impôts auxquels elles étaient soumises, sont restés intacts jusqu'à 1821.

L'église d*orient avait ses chefs reconnus ofliciellement comme tels par la Porte ottomane.

Les évéques nommés à vie dans les provinces par le patriarche de Conslantinople recevaient de h Porte un diplôme nommé bérat* Ce diplôme leur donnait la faculté de juger tous les différends des chrétiens sans appel dans les matières de mariage, do divorce, etc., ainsi que les affaires concernant l'ordre ecclésiastique.

De plus, dans les grandes villes, les corporations industrielles avaient le droit de nommer des représentants, qui jugeaient arbitrairement les différends qui survenaient entre les artisans.

Finghsixième Qitesiioft. «Quelle espèce d'autorité locale, soit « judiciaire soit administrative ou de police, était-il permis aux « Grecs d'exercer eux-mêmes dans diaque division sous la sanction « du gouvernement turc? »

Dans la réponse sur l'administration intérieure de chaque division on a indiqué le degré d'autorité locale, soit judiciaire soit ad« ministrativc, qu'exerçaient les chrétiens; quant à ce qui concemail la police, les Grecs avaient le droit de choisir un capitaine commandant 20 à 30 gens d'armes selon Tétendue de la province.

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Celle oompagnie avaii pour atlribution de prévenir les vok et de Teiller k la sftrclé des cbcmins. Ce capitaine était élu par lei codja-bacbisj et nommé par le pacha sur la recommandation de ceux-ci. En examinant bien la cbose on trouvera que ce privilège n'était pas volontairement accordé par les Turcs, mais qu'il était toléré par nécessité»

La Malna n'étant point sous Tinfluence turque servait d'asile i tous ceux qui ne pouvaient supporter la tyrannie musulmane. Ils s'associaient pendant la belle saison pour inquiéter les Turcs , les a(jas étaient obligés de ménager de tels hommes.

De plus, en 1770 le sullan, pour éteindre Tinsurrection qui eut lieu à cette époque, lit entrer dans le Péloponèse 12,000 Albanais qui s'emparèrent du pays et se révoltèrent à leur tour. La Porte envoya contre eux le capilan-pacha qui sut appeler h son secours des capitaines chrétiens qui occupaient les montagnes du Péloponèse avec 4,000 hommes armés. Ceux-ci s'étant rendus à son invitation chassèrent les Albanais et furent nommés en récompense armaiolit des provinces.

L'usage étant d'un grand poids chez les Turcs, la nomination des capilancs devint dans la suite un droit de police qui fut exercé par les Grecs jusqu'à 1805, éiK)que à laquelle les Turcs, inquiétés d'un côté par la guerre de la Russie, et de l'autre par l'influence que ces capitaines commençaient à avoir, les persécutèrent, en tuèrent quelques-uns, et forcèrent les autres à chercher un asile dans les Iles Ioniennes. Depuis cette époque le sultan défendit qu'on nommât aucun chrétien pour armatolis. Néanmoins dans quelques provinces où les codja-bachis avaient une grande influence, ils parvenaient à nommer des capitaines chrétiens, mais avec le consentement du pacha.

Quant aux droits de police exercés en Roumélie, la Porte n'a jamais pu réussir malgré tous ses eflbrts à faire cesser l'autorité des capitaines. Il faut l'attribuer en partie à ce que ceux-ci étaient en assez bonne intelligence avec les Albanais leurs voisins, et en par-

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tie aux localit4?8. Ces capitaines, du temps d'Ali-Pacha, derinrent chaque jour plus nombreux et plus puissants à cause du système militaire suivi par ce tyran.

Fingt-^eptième Qttesiion. « Dans quelle dasse de personnes r6^ « sidail cette autorité avant la révolution (^rccque? Quel était le nombre des personnes qui en étaient revêtues? Comment étaient-elles nommées et envers qui étaicnUellcs responsables ?

Il n'y avait aucune classe de personnes privilégiées en GrècCt L'arbitraire du gouvernement élevait les individus de la classe la plus abjecte au plus haut dcQté do réclielle sociale. Dans les nominations aux places inférieures accordées aux chrétiens, on exigeait de la fortune et une certaine influence morale, 1% parce qu'ils étaient élus par des chrétiens, et 2®, parce que les Turcs voulaient trouver une certaine garantie pour l'argent que ces primats étaient chargés de percevoir pour la Porte.

II est à observer que tous les codja-bachis étaient aussi les plus forts propriétaires, et que, une fois nommés à cet emploi ils le con- 8er\'aicnt pendant leur vie et le transmettaient même quelquefois héréditairement, sauf dans le cas de persécution qui n'était pas rare. Quant au nombre des personnes qui étaient revêtues de ces autorités; quant au mode de leur nomination et à b propagation de leurs fonctions ; quant aux autorités supérieures auxquelles elles étaient soumises, on croit avoir indiqué suffisamment toutes ces choses quand on a exposé en général le mode d'administration.

Fingt'huUième Question. « Dans quels endroits sous la juridio- « tion grecque continua-t-on d*excrcer une semblable autorité ( sa- « voir l'autorité administrative locale qrn existait du temps des « Turcs), et dans le cas contraire quelle espèce de police ou d'administration lui a-t-on substituée?

Ayant secoué le joug turc, le peuple Grec ne devait et ne pouvait plus respecter les autorités locales qui avaient été constituées par

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un pouvoir qu'il venait de renverier; aussi n'en rea(e-t4l aucune.

Mais les hommes qui exerçaient de l'influence dans les dilTéraites provinces s'élant eux-mêmes prononcés les premiers pour la cause de l'indépendance^ ils ont continué à prendre une part active dans la direction des affaires^ tant militaires qu'administratives.

Dans le Péloponèse ce furent les primats ; au delà de l'isthme les capitaines^ excepté dans les villes de Livadle^ d'Athènes^ de Messolonglii et quelques autres endroits.

Au premier moment le pouvoir do ces chcfs^ tant civils que militaires, n'eut nécessairement pour objet que d*armer et de diriger les habitants des provinces contre l'ennemi > et de fournir aux frais de la guerre^ en percevant les dîmes et les autres impôts.

Dans U proviace de Malna seule^ Pierre Mavromichalis^ chef civil et militaire sous le gouvernement turc^ se trouva à la tête de toute la belliqueuse population de ce pays^ et prit part aux opérations de la guerre et aux institutions |K)litiques dont la nation entière reconnut la nécessité.

En Candie où^ si l'on excepte le district de Sphakia^ il n'y avait ni primats^ ni capitaines; les chefs des Sphakiotes s^'emparèrcnt de (ait du pouvoir dans toute l'étendue du pays^ où ils surent pénétrer par la force des armes.

A Psara les primats composèrent un sénat.

A Hydra et à Spctzia le pouvoir fut d'abord entre les mains du peuple. Plus tard les primats y participèrent.

Dans les autres lies de l'Archipel ce furent des Grecs non indigènes qui se placèrent à la tète de l'administration.

Peu do mois suffirent pour que chacune de ces autorités créées dans un mouvement d'enthousiasme connussent que leur action isolée ne pouvait amener aucun résultat heureux. Les Péloponésiens les premiers sentirent le besoin d'organiser et de centraliser l'administration de la péninsule. Aussi établirent-ils un sénat composé de sept membres^ choisis parmi les primats, et dont Pierre Mavromi?^ chalis fut nommé président.

520 SUFPLBMBRT.

Les provioces de TEubée^ de b Magnésie thesaaUeoiie^ de qndqoes pays de la Maoédoine^ tels que Niaousla et Cassandra^ Bou» dounilxa, et ceUes deTahndi, delà Liyadie^ deTbèbes^ d'Attique^ de Salona et de Lidoriki^ envoyèrent des députés k une assemblée qui eut lieu h Salona dans le mois d'octobre 1821.

Gîtte assemblée élut un sénat composé de treize membres. Elle lui donna le nom i^aréopage. Elle nomma en même temps les députés pour le con{p^s national.

Une troisième assemblée fut convoquée à Messolongbij presque à la même époque. Les députés de Malacassi, d'Aspropotamos, d'Agrapha^ de Souli^ d'Aria^ do Valtos, de Vonilza, de Xéroméron^ de Vloclios, de Zygos^ de Messolonglii^ d'Anatolico^ de Vé* nético, de Cravari^ d'Apocoron^ et de Carpénisi^ la composèrent. Elle constitua un troisième sénat composé de neuf membres, et elle procéda également à l'élection des députés de cette partie du conti« neiit de la Grèce pour^unc assemblée nationale.

Congrès d'Épidaure.

Ce congrès eut lieu dans le mois de décembre 1821. H rédigea et promulgua, sur les propositions. d'une commission élue dans son sein, le premier acte constitutionnel, et convoqua le congrès d'Astros pour le mois de janvier 1823.

L'acte constitutionnel proclamait des principes généraux, créait trois pouvoirs, Tun législatif, l'autre exécutif, et le troisième judiciaire. Il laissait subsister les trois sénats, jusqu'à ce que le corps législatif eût réglé unifoimémcnt l'administration de l'état, d'après une loi générale.

Gîs institutions ne remplirent que très-incomplètement les vœux de la nation. Leur peu d'analogie avec les habitudes et les mœurs des liabilanis, leur peu de convenance par rapport i la situation du pays, tout cela fui encore méconnu peut^tre dans les délibérations du congrès d'Astros.

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Ccngrèi dtJiîroi.

Ce congrès se réunil au mois de mars. Il prooéda i la rérisioD de facle oonslitulionnel d'Épidaure, et promulgua des lois organiques dont Texécution devait faire cesser l'autorité des deux sénats et de Taréopage.

Le renouvclieroent des autorités constituées n'ajouta rien i Tétablissement de l'ordre ; on ne put concilier l'exécution d'aucune des lois organiques avec les grands intérêts qui semblaient les avoir motivées ; et bientôt les revers qu'éprouva la Grèce ^ à raison de la discorde civile^ et de l'action plus menaçante de l'ennemi, firent que la nation dut chercher pour la troisième fois un remède dans la réunion solennelle de ses députés.

Second congrès d'Épidaure.

Sa première convocation eut lieu dans le mois d*aoùt 1826* On s'y occupa de nommer une commission diplomatique, et de la mu* nir d'instructions et de pouvoirs nécessaires pour entamer des négociations avec la Porte ottomane, sous les auspices et la métliation de la Grande-Drclagne.

On y institua aussi une commission de onze membres, chargée de l'administration générale de Tétat.

Ce congrès s'ajourna, et après de longues discussions il put encore s'asscmblci: à Trézène au mois de mai 1827.

Congrès de Trézène.

Dans cette seconde session il s'occupa principalement de la révision de l'acte constitutionnel, et promulgua en peu de jours celui que nous joignons ici.

Il nomma aussi un généralissime pour les forces de ttare, un grand-amiral pour les forces navales, et le président actuel.

522 SUFPLBXSMT.

n institua encore une commission de trois membres^ à laquelle il conféra le pomroir d'administrer Télat, jusqu'à FarrÎTée du président.

Enfin il instaUa^ conformément aux dispositions de l'acte consti* tutionnel^ le conseil léjpshtif.

Le président arriva le 6 janvier. A celte époque cdles des pro« vinces du Péloponèse qu'ILrahim-Paclia n'occupait pas, étaient dans le plus g[rand désordre et la plus affreuse misère. Sur le continent les débris de l'armée grecque campée à Dragomestre, à Eleusis et à Trizonia, manquaient souvent de tout moyen de subsistance. Dans la mer Égce les habitants des lies gémissaient sous la tyrannie des bandits et des brigands. La piraterie compromettait l'existence et l'honneur de la nation. La commission du gouvernement et le conseil législatif se tenaient à Égine dans l'inaction. Nul effort de leur part ne pouvait plus leur procurer, ni l'influence morale, ni les moyens pécuniaires indispensables pour exercer les fonctions qui leur étaient confiées. Il n'existait pas de caisse publique. Les faibles revenus de l'état étaient épuisés d'avance par des assignations que l'urgence des besoins cl souvent l'anarchie arrachaient à la faibU administration du pays.

Tel était l'état des choses que le président eut à reconnaître, et qu'il prit en considération conjointement avec la commission du gou« vcrncment cl avec les membres les plus marquants du conseil lé« gislatif.

Il leur fit part avec loyauté de l'opinion peu favorable que les cabinets alliés , ainsi que leurs amiraux dans la Méditerranée, avaient conçue du gouvernement qui résidait à Egine.

En remontant aux causes de la crise fatale dont était menacée la patrie, au moment même où elle était appelée à contribuer i son salut, le président fit aisément reconnaître à ces fonctionnaires, dans des entretiens particuliers et dans des conférences officielles :

1**. Qu'il était de toute urgence de prouver aux cours alliées, par le témoignage de faits concluants, que la Grèce voulait et pou«

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▼ail tortir promplenienl de l'anardiie, el réparer aes longs malheiin par raclioQ sahilaire d'une administration légale.

2*. Qoe œ résultai majeur^ d'après les cruels précédents par les» quels la nation avait d& s'instruire, ne semUail pas pooroir être obtenu aussi promptement que Texigeait le salut commun ; que Fadministration de Tétai devait être réglée d'après les dispositions de Tacle constitutionnel de Tréxène.

3*. Que plus il désirait répondre, et comme président et comme homme, par un dévouement sans bornes à la confiance dont la nation Fbonorait, plus il devait s'abstenir de contracter, aux yeux de cette nation et à ceux du monde, les obligations que prescrivait aa chef du gouvernement grec Factc de Trézèoe.

4*. Que parmi ces obligations, celle qui lui serait imposée parla formule du serment était la plus inadmissible; cette formule portant que le président s'engage à maintenir rbdépendance de la Grèce, indépendance qui n'existait pas de £iit, et qui n'existait pas non plus de droit, puisque la nation avait accepté comme base de son avenir les principes posés par le traité de Londres du 6 juillet.

5*. Que si le conseil législatif ne méconnaissait point l'éWdence des obser\'ations qu'on vient de mentionner ci-dessus, et pensait comme le président, que le salut de l'état était la première de toutes les lois, on ajournerait l'exécution do l'acte constitutionnel de Trézène, et on établirait une administration provisoire jusqu'à la con« vocation du congrès national.

6®. Que cette administration ne serait point arbitraire, mais fondée sur les princi|>es posés par tous les congrès, et composée par des fonctionnaires publics sur lesquels la nation avait déjà plus d'une fois fixé son choix.

D'une voix unanime la commission du gouvernement et le conseil législatif émirent une opinion conforme à celle du président sur ks six points susmentionnés, et de cet accord confidentiel et sincère résultèrent les actes dont la copie est ci-jointe.

Contrairement à l'opinion de plusieurs fonctionnaires publics, le

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président s'était flatté de pouToir assembler le congrès national au mois d'avril. Aussi le conseil législatif en avait-il annoncé la convocation pour cetle époque. Mais à mesure que le nouveau gouvernement provisoire développa son action sur les provinces, il acquit la douloureuse conviclion que Télcction des députés ne pouvait se faire légalement, à moins que, avant tout, l'administration des provinces ne fut organisée. En conséquence il a ajourné, du consentement du Panhellénium, la convocation du congrès.

L'élat fut alors, sur les propositions faites par le Panhellénium, divisé en treize départements. Giaque département reçut une commission extraordinaire chargée de l'organisation des provinces respectives, et notamment de l'institution des démogéronties ou municipalités. D'après les lois existantes ces magistrats sont élus par le peuple, et ces élections eurent lieu dans des formes légales et en général avec le plus grand ordre.

Un nouveau fléau, la peste, vint dans le mois de mai entraver et retarder les progrès de l'organisation qui touchait à sa fin. Cest donc bientôt que la nation pourra procéder à Téleclion de ses députés au congrès national.

Le système du gouvernement provisoire paraît avoir mérité le suffrage de la nation. On est du moins jiorté à le croire, en considérant rcmprcsscmcnt avec lequel les citoyens de toutes les classes répondirent à l'appel que leur adressa le président, lorsqu'il institua la banque nationale.

Le message et les lettres ci-jointes expliquent le point de vue sous lequel le gouvernement envisagea et présenta i la nation le sacrifice qu'il lui demandait.

Dans l'espace de quelques semaines les citoyens grecs portèrent à la banque les débris de leur fortune, et la somme d'environ 80,000 écus vint attester combien la nation accueillait avec satisfaction un ordre de choses, au moyen duquel elle espérait justifier le bienveillant intérêt des Puissances alliées.

Ses espérances commencent à s'accomplir. Les subsides qui la

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loBl obier mimtcninl^ les agents qm les oourt alliées Tiennent d'accréditer auprès de son gouTcmement^ la délivrance du Pékponèse, la mission enfin dont sont chargés LL. E£. les représentants des trois cabinets, sont pour la Grèce des gages qui lui garantissent son avenir.

Les progrès qu'avec ses seuls moyens elle a pu faire, depuis le mois do janvier jusqu'au mois de juin, pour le rétablissement de l'ordre dans son administration intérieure, la soutiennent dans l'espoir qu'elle s'élèvera, sans trop tarder, à la hauteur que dans leur munilicence et leur justice les cours alliées daigneront lui faire atteindre.

Lettre confidentielle adreuée à S. E. M. Stratford-Canning , par

S. E. le président de la Grèce.

„ 30 octobre ^^

Poros, — r-- 1828.

11 nofrembre

En transmettant à Votre Excellence les mémoires oflicids et confidentiels qui concernent l'affaire majeure des secours pécuniaires que la Grèce sollicite de la munificence des cours alliées, je prendrai la liberté de vous répéter par écrit les observations que j'ai eu l'honneur de vous faire dans les entreliens que nous avons eus à ce sujet.

En admettant l'hypothèse, qu'au lieu du cabinet britannique ce fût une compagnie de capitalistes qui nous fournit dans l'espace de dix ans les 10,000,000 de francs que nous sollicitons, il s'agit de savoir quelles sont les garanties que la Grèce pourrait lui donner, indépendamment de celle que lui offrirait le fonds d'amortissement créé par l'emprunt.

La première serait, selon mon opinion, l'engagement solennel que prendrait le gouvernement grec de ne faire de nouveaux em-

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pruDts qu'après i'èire acquitté do la dette qu'il aurait contractée par ce troisième*

La deuxième consisterait dans les gages qu'il pourrait donner aux préteurs, moyennant l'hypothèque des terres nationales dont il disposerait en vertu des actes d'un congrès, qui aurait statué bien ex* pKcitement sur cet objet.

La troisième, celle qui serait sans contredit la garantie la plus s&re, consisterait dans la nature et dans la force matérielle et morale du gouvernement, auquel la Grèce confierait sa restauration et ses destini^es. Je n'ai pas hésité, et je n'hésiterai pas non plus, k faire part à Votre Excellence de mes opinions personnelles sur celte dernière question*

Il ne me reste qu'ù ajouter ici une seule observation* Des besoins pressants environnent de toutes parts cette malheureuse nation* S* M* le roi de France lui donne 500,000 francs par mois, depuis le mois de mai. L'empereur de Russie a mis jusquici h la disposition du gouvernement 1,500,000 roubles en assignations. La Grande-Bretagne ne lui prètera-t-elle pas aussi son assistance, ne fut-ce qu'en lui fournissant des vivres, des objets de guerre, des agrès pour la marine, du drap, etc. ?

Quand même la Grèce devrait un jour payer ces avances, dans ce moment du moins elles seraient pour elle un bienfait à raison, je le répète, des misères qui l'accablent, et de la part bienveillante que S. M. Dritannique, conjointement avec ses alliés, aurait daigné prendre pour la soulager*

L'accueil dont Votre Excellence voudra bien honorer ces observations, nous fait espérer qu'enfin le ministère de S* M. Britannique exaucera les vœux de la Grèce.

SOPPLBXSHT. 527

Mémoire officiel eammuniguê aux repriieHia»U$ dei irois eoun

alliées,

^ 30 octobre

Porof, =— 1828.

11 norembre

Depuis le mois de juin la cour de France donne en espèces 500^000 francs par mois au gouvernemenl grec. Elle n'a point déterminé jusqu'à quelle époque elle se proposait de lui accorder ce secours; niaii le ministre des aflaires étrangères de S. M. T. C. a Lien voulu^ dani ses dernières dépêches^ assurer au même gouvernement^ qu'il est dans l'intention du roi de le lui continuer.

Dès Tannée dernière l'empereur de Russie reconnut la néccsiité de ne pas laiiscr périr de misère le peuple Grec, En mettant dani le mois de mai de l'année courante^ à la disposition de son gouvernement^ 1^500^000 roubles en assignations^ S. M. L fil espérer que sa munificence ne s'arrêterait pas là.

La Grèce ne cessera jamais de réitérer ses instances respectueuses auprès do S. M. Britannique ^ afin qu'il lui plaise de s'associer à ses alliés^ dans une mesure qui seule peut rendre possible l'accomplissement des vues salutaires du traité de Londres du 6 juillet.

Plus la Grèce reçoit et recevra avec profonde reconnaissance cet bienfaits^ plus elle désire accélérer l'époque où elle pourra offrir en retour^ à chacune des nations^ les avantages que sa restauration promet à l'industrie et au commerce^ et plus son gouvernement doit chercher dès à présent le moyen de donner aux efforts qu'il vt faire pour atteindre ce but^ une direction qui leur assuro des résultats prompts^ réels et stables*

La Grèce est aujourd'hui un pays en grande partie désert^ qu'uoe longue suite de malheurs a presque frappé de stérilité.

Ce n'est donc qu'au moyen d'avances employées sagement , qo'uns administration fortement constituée peut la rappeler à la vie^ c està-dire à h production et à la consommation.

528 MJPPLfiHEIIT.

Danf son diDoemenl acUiel^ dans les premiers jours da sa nouvelle eûstenoe, où la Grèce peut^e IrouTer ces avances?

La dette énorme do 2^800^000 livres sterling qui pèse sur dle^ rimpossibilitc où elle a été^ et où elle est encore d'en payer les in« téréts, ne lui permettent point d'espérer que les capitalistes étrangers lui accordent le sccoiu's d*un nouvel emprunt. D'autre part ^ quelque illimitée que soit sa confiance dans la continuation des subsides de ses augustes bienfaiteurs ^ son gouvernement ne saurait néanmoins asseoir sur celte base un système financier^ ni obtenir par le crédit les fonds que les revenus de Tétat ne lui fourniront pas de si tôt.

En communiquant ces observations, h LL. EE. les représentants des cours alliées^ le gouvcrncmcnl grec espère qu'ils voudront bien faciliter^ par leurs suflragcs et par leurs bons ofliccs^ l'accomplissèment des vœux qu'il exprime dans les articles suivants :

1®. LL. MM. le roi de France et l'emiiercur de Russie sont suppliées de continuer les subsides de 500^000 francs par mois^ que chacune d'elles a la générosité d'accorder à la Grèce^ jusqu'à ce qu'il leur plaise de lui prêter 1^000^000 de francs^ non par mois^ mais par année ^ et pendant dix années consécutives.

2**. S. M. le roi de la Grande-Bretagne est également supplié de s'associer h ses augustes alliés^ tant pour le secours qui fait exister la Grèce depuis le mois de juin^ que relativement à celui qu'elle sollicite aujourd'hui.

3®. La somme susmentionnée de 3^000^000 de francs serait placée chaque année dans la banque de France^ ou dans celle d'Angleterre^ à l'efTet d'assurer le paiement du dividende d'un emprunt que la nation Grecque contracicrait avec les banquiers les plus respectables de l'Europe> et à des conditions très-avantageuses.

Si les vœux que le gouvernement grec vient d'exprimer ici étaient accueillis par les cours alliées^ il s'empresserait avant tout d'inviter les porteurs de bons des emprunts des années 1824 et 1825, à nommer des fondés de pouvoirs qui procéderaient^ de concert avec les siens ^ à un arrangement équitable.

suppLBMBirr. 529

Li Gfèoe remptirtil aimi set eiifpgemenU, auUnl que les moycDs pourraient le lui permettre. Elle réglerait set dépenses annuelles sur les fonds qui resteraient à sa disposition j de manière à devoir en employer nécessairement une partie à ^instruction éléroontaire et publique^ au rétablissement des villages^ et même des villes qui sont détruites^ à la construction des grandes roules et aux exploitations agricoles.^

Des terres d'une étendue considérable seraient mises en valeur; le peuple^ eu contribuant à ce résultat d'une importance majaire^ vivrait de son travail ; un grand nombre de cultivateurs étranger! pourraient prendre part à ce mouvement industriel. Ils apporteraient en Grèce les connaissances dont le régime musulman a privé depuii quatre siècles les habitants du ces contrées^ et sous ces lieureux auspices la Grèce jusiilicrait en peu de temps le géii(*reux intérêt dont riionorent dans leur munificence ses augustes bienfaiteurs.

Mémoire confidentiel adressé à LL. EE. les représefUants des

cours alliées.

^ 30 octobre

Il novembre

La Grèce attache une si haute importance à pbcer son crédit financier^ comme tous ses intérêts > sous les auspices des Puissance! alliées^ que son gouvernement se fait un devoir d'accompagner le* mémoire ci-joint de la communication suivante.

Pour exister^ pour se défendre^ ou pour remplir envers les Turc* les conditions que lui imposera l'exécution du traité de Londres, pour sauver son crédit^ enfin pour procéder graduellement à quelques améliorations intérieures, la Grèce ne peut pas se passer, dan! les premières années de sa restauration, d'un secours de 1,000^000 de francs par mois.

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