‹ Correspondance du comte J. CapodistriasChapitre 5 sur 33 · AUX C0MM1SSA1HB8 EXTRAORDINAIRES, ETC · texte numérisé non relu

AUX C0MM1SSA1HB8 EXTRAORDINAIRES, ETC

que sous de telles formes qu'elle pouvait être agréable à S. A. R. Ils nous auraient alors fait part de leurs intentions , et nous leur aurions offert les moyens de les réaliser, en nous chargeant de porter à la connaissance de S. A. 1\. Texpression de leui^s vœux.

Loin de suivre cette direction, les citoyens dont nous déplorons Tegarcment ont préfère peut-être se conformer à des conseils e'trangers aux véritables intérêts de la Grèce. Ils ont délibère' sur Tacte dont il s*agit dans des conciliabules secrets. D^obscurs émissaires ont mendie des signatures, et c*est enfin sous une sauvegarde qu'ils n'osent avouer, c[u'ils se sont empressés de les faire parvenir à S. A. R.

Le prince en sera peiné, comme nous le sommes; mais S. A. R. ne doutera pas , comme nous n'en doutons pas non plus, que plusieurs signataires ont été entraînés dans le piège à leur insu, ou en subissant TinHuence des insinuations dont ils ne sont pas en état d'approfondir la nature.

Vous recevez aujourd'hui ces informations, paixse qu'il est de notre devoir d'en instruire les citoyens du département que vous administrez.

Après leur avoir donné lecture des présentes, vous leur déclarerez que vous êtes autorisés à légaliser et k nous transmettre les adresses qu'ils désirent mettre sous les yeux de S. A. R. , afin de lui témoigner les sentiments de la reconnaissance dont les péuèti*ent les bienfaits des Puissances alliées, et de lui exprimer en même

44 Dl NAUPLll. — - JUIN 1830.

temps les roeux qu'ils forment pour que S. A. R. haie son arrÎTee en Grèce.

Interprètes de ces sentiments et de ces vœux , nous les avons déjà exprimes au prince , dès le moment que nous avons reçu les lettres dont il nous a honores dans le mois de feVrier. La nation est trop unanime dans la confiance sans bornes que lui inspirent les intentions généreuses dont S. À. R. s'est déjà plu à lui donner des gages, pour ne pas être persuadée qu'appelé par les Puissances à gouverner la Grèce , le prince Léopold peut seul désormais faire avancer Toeuvre de sa régénération politique^ sur la base des droits inhérents à un état complètement libre et indépendant.

Nous terminerons , en vous engageant encore une fois à ne pas laisser ignorer aux citoyens de votre province le point de vue sous lequel le gouvernement envisage la démarche que quelques-uns d'entre eux viennent de faire auprès de S. A. R.

Vous les assurerez en même temps que les adresses qu'ils rédigeront d'après les formes que nous venons d'indiquer, nous seront exactement transmises , et que c'est avec une véritable satisfaction que nous les ferons parvenir à leur destination.

AU PHIirGl LÉOPOLD. 45

Nauplie, , . , 1850.

' 5 juin

Ce n'est qu'aujourd'hui que je reçois la lettre du 22 avril, dont Votre Altesse Royale a bien touIu m* honorer.*

* Lettre de S. A. B, te prince Léopolà de Saxe^ohourg à 5. E. le

comte CapodUtriai,

Parfi» n Arril 18S0.

Mon cher comte» II t'offre une occasion de tous écrire , et je la saitla arec eroprestement.

Le cheralier Eynard m*a donne de vos nouvelles» et tous aura tenu su courant. Une affaire bien importante m'occupe dans ce moment*cl. Les Puissances ont exprime le désir de voir la Grèce indépendante; pour des moyens physiques» elles ne lui en ont point accordé; il faut donc j suppléer pnr les ressources pécuniaires qui lui donneront une force mo« raie. Dans ceci il ne s'agirait pas seulement du budget» mais de créer cette existence saine qui manque encore au pays.

Vous vous souviendrez que Fancienne proposition avait été de garan« tir une rente de S,000»000 de francs à la Grèce » ce qui lui aurait donné un capital d*au moins 75,000,000. J*ai été bien plus modeste que cela; je ne demande qu'un emprunt de 60|000|000. Cependant on se refuse à cet arrangement» et on veut limiter l'emprunt à S6|000,000.

Je me suis prononcé contre cet arrangement» puisque le capital ne me paraît pas suffisant» et qu'il faut pourtant un peu songer à la posai* bilité de se débarrasser en quelque sorte de Tancienne dette. J'ai dé» claré que je résignerai» si on ne m'écoute pas» et le coup décisif doit être bientôt porté.

Il est donc possible que la chose soit rompue; peut-être il vous arri« vera finalement un autre prince. Je puis cependant en conscience vous

46 Dl NAUPUB. — JUIN 1880.

Celles de M. Eynard qui l'accompagnent portent la date du 30, et m'annoncent que la grande affaire de l'emprunt a été enfîn décidée selon les vues sages et bienfaisantes de Votre \ltesse Royale. M. Eynard m'envoie aussi 154,000 francs, et j'aurai par conséquent de quoi pourvoir aux besoins les plus pressants de l'administration pour quelques joui*s encore.

Si Votre Altesse Royale a reçu toutes les lettres que j*ai pris la liberté de lui adresser, en date du 6 et du 22 avril et du 24 mai , elle aura accueilli, j'espère, les vœux que je lui ai exprimés sur la nécessité d'envoyer de prompts secours, ainsi que de kuter, mon prince, votre arrivée en Grèce.

Cette nécessité devient tous les jours plus urgente, etr Votre Altesse en aura la preuve en jetant les yeux sur le^^i documents ci-joints. !

Je déplore les menées odieuses, par lesquelles on s'ef-fbrce de présenter sous un jour défavorable Tétat intérieur de la Grèce. Néanmoins il est assez satisfaisant, et

dire qu*il sera dinicîle à qui que ce toit d*ovoir les rëritables intëréle de la Grèce plus à cœur que moi je les ai eus.

J'ai entendu dire qu*on arait exprime de la répugnance par-ci par-là de m*aToir pour sourerain. Je tous supplie de me faire connaître la ré^ rite 9 car pour rien au monde je ne roudrais être impose aux Grecs.

Le rëritable traite doit encore se faire; on paraît désireux de m'ëloigner, mais je rois qu'il est urgent pour les intérêts de la Grèce qu'il se fasse pendant que je serai a Londres, où je me rends incessamment.

Agréez Tcxprcssion de ma sincère amitié , ainsi que de la haute consi« déralion arec laquelle je suis, mon cher comte, Totrc très-dévoué

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