‹ Correspondance du comte J. CapodistriasChapitre 8 sur 33 · AV GÉNÉRAL SCHNEIDER · texte numérisé non relu

AV GÉNÉRAL SCHNEIDER

ble que le gouvernement peut et doit suivre la marche qu*il a adoptée. Comme j*ai eu Thonneur de vous Texposer, Monsieur le gênerai, cette marche est tracée diaprés des données positives. Cependant si celles que Votre Excellence a recueillies le sont davantage, je lUi saurai un gré infîni de me les faire connaître.

Le sénateur Génovellis n*est pas rappelé; mais devant occuper sous peu d^autres fonctions , un de ses collègues le remplacera , et les malheureux qui veulent leur propre perte et celle de leur pays seront alors plus et mieux connus.

Les détails dans lesquels je suis entré, Monsieur le général, vous prouveront, j'espcre, tout le cas que je fais de votre opinion, et combien j'apprécie les sentiments généreux qui vous animent en faveur de la Grèce. Je 1 crois vous en donner un nouveau témoignage, en vous priant de faire agir les mêmes personnes qui vous ont donné des éclaircissements sur ceux des Spartiates qui osent parler au nom de leur pays. Du moment qu'ils sauront que vous n'ignorez \ms les motifs véritables de leur conduite, ils feront un retour sérieux sur eux-mê-

tmes, et vous leur aurez procuré ainsi des moyens pour leur propre salut.

58 DE NAUPLIfi. -— JUIN 1830.

Naiiplie, -- juin 1890.

Le g;ouverneinent vient de recevoir votre rapport sous le numeVo 6,293. Quelle que soit la peine que nous font éprouver les observations qu*il renferme, il n*est pas en notre pouvoir de prendre d*autres mesures, relativement à la situation où doit nécessairement se placer l'administration publique dans Tile de Samos.

Les députes de cette île peuvent bien alléguer leurs droits. Ils peuvent aussi protester contre les décisions des cours alliées; mais c*est à tort qu'ils accuseront le gouvernement d'avoir de'passé ses pouvoirs , ou en d'autres termes d'avoir abuse de la confiance de la nation dont il est le dépositaire.

Il suflit à tout homme qui sait lire et comprendre , de jeter les yeux sur la réponse oflîcielle que nous avons donnée aux communications des cours alliées; il lui suffit d'en faire autant sur le mémoire du sénat, pour se convaincre que le gouvernement a rempli tous ses devoirs sans désespérer du salut commun , et sans compromettre ce salut par des déclarations pour le moins imprudentes.

Pénétré de cette vérité, comme vous devez l'être, vous ne négligerez sans doute, Monsieur, aucun effort

A M. G0LSTT13. 59

pour la faire connaître et apprécier aux habitants de Samo0.

Quelles que soient au reste les délibeVations de leur assemblée, le gouvernement ne pourrait dans aucun cas^ nous vous le répétons, changer de direction. Quand même par des actes de violence les Samiens retien-

l draient captifs les fonctionnaires publics du gouverne* ment grec dans leur île , en quoi cela les avancerait-il , lorsque sur la demande des représentants des cours alliées le gouvernement serait obligé de déclarer que ces fonctionnaires n*ont plus de rapport avec lui , et qu*il ne leur fournirait ni mandat, ni instruction, ni argentP Cette mesure serait extrême ; mais elle deviendrait inévitable, du moment que les résidents des cours alliées et les amiraux recevraient Tordre d'exécuter les clauses du protocole du mois de février.

Nous sommes à la veille de voir arriver ici les (irmans et les commissaires ottomans , à moins que cet envoi ne soit retardé par l'abdication que S. A. R. le prince Léopold vient de donner de la souveraineté de la Grèce. Cet acte porte la date du 21 mai (nouveau style). Nous ne le connaissons que par des voies confidentielles et par les gazettes. Lorsqu'il nous sera annoncé ofliciellement , peut-être recevrons-nous en même temps d'autres communications qui nous feront mieux saisir l'ensemble des motifs qui ont donné lieu à ce grand événement. Peutêtre que nous pourrons eu entrevoir quelques-unes des

60 DE NAUCLIE, -— JUIN 1830.

Jusque-là cependant nous devons suivre invariablement la ligne de conduite que nous nous sommes tracée ; et vous devez , Monsieur, à votre tour no pas vous écarter de celle que vous marquent les directions que vous avez reçues par le retour de M. L. Logotlic'tis»

L*administration de Samos étant replacée sur la base qu'elle avait avant votre nomination de commissaire extraordinaire des Sporades orientales , le pays ne peut aucunement souffrir, puisqu'il n'avait pas souffert antérieurement. Sa position envers l'état Grec reste la même, et elle ne changera que lorsque le gouvernement sera invité d'une manière péremptoire par les agents des cours alliées à n'avoir plus de relation avec cette île.

Telles sont, Monsieur, les instructions que nous vous donnons en réponse à votre rapport, et nous vous réitérons la recommandation de vous y conformer. Nous ne doutons ni du zèle ni de la prudence dont vous ferez preuve dans cette occasion.

Sé %^f6, /[S^^ntta/ aXûey(/en .

Natiplle, -r juin IS30.

L* escadre russe a déjà quitté ces parages , et Votre Excellence va la suivre. La Grèce habitude a regarder sa présence et la vôtre comme un grand bienfait, doit par l'organe de son gouvernement vous exprimer, Monsieur

A L* AMIRAL RBYOBIT. 61

lamiral , ses aentimenls de gratitude pour la part gêné* reuse que, conjointement avec tous les officiers sous yos ordres, vous avez prise h sa restauration.

Épuisée par do sanglants eflbrls et par Tanarcliie, elle avait les yeux fixes sur les escadres des Puissances alli(!cs, lorsqu il y a bientôt trois ans elles vinrent réunies croiser devant les rivages do la Mcsse'nic. Dans la journée U jamais mémorable du 8 (20) octobre, la victoire les couronna de lauriers immortels. Votre vaisseau dégréc et jonche de cadavres attestait que dans le combat le danger avait égalé la valeur.

Par ses représentants la nation s*est empressée d*expriprimer le désir de perpétuer la mémoire de tant d*ex* ploits, ainsi que sa reconnaissance. Le congrès d*Argos a décrété Tércction d*un monument, et la création de Tordre du Sauveur, dont il m'a autorise' à vous offrir les insignes de la première classe. Vous n*ignorc2 pas. Monsieur Tamiral, les motifs qui m* ont empêché jusquici d*acquilter envers vous, et envers les officiers que vous désigne • rcz au gouvernement grec, cette dette de la reconnaissance nationale.

Je dois donc, quoiquà regret, me borner aujourd'hui à être auprès de Votre Excellence linterprète des vœux et des bcne'dictions dont vous accompagnent les habitants de toutes tes provinces de l'état, et notamment de celles oit vous avez fait un plus long séjour.

Poros était naguère encore un bourg pauvre, n*ayant pas un chemin praticable, ni un seul établissement pu*

62 DE NAUPLiB. — - jum 1830.

blic. Vous choisîtes sa rade comme point de réunion de Tescadre, et bientôt Ton vit cette île naître à une vie nouvelle. Les vastes constructions entreprises par les ordres de votre auguste souverain procurèrent des moyens honorables dexistence a une foule de malheureux et à un grand nombre d'ouvriers. Dans Tespace de quelques mois, grâce à Taccroissement de laisance générale parmi ses habitants et a de goncreuses souscriptions ouvertes parmi les odficiers de la flotte, des rues furent percées , des places et des quais établis, une grande école bulie et organisée.

Quanta vous, Monsieur Tamiral, non-seulement à Poros, mais à Kgine, à Nauplie, vous avez voulu aussi laisser des stages de la bienfaisance qui vous caractérise. L*orphanotrophe, l'hôpital, et d'autres établissements d'utilité publique, vous doivent d'abondants secours. Enfin les malheureux et les indigents n'ont jamais imploré votre charité sans en obtenir des consolations.

En retour de tous les biens que vous avez ope'rés en faveur de ce pays, votre nom y sera chéri et véne'réj et une fois rendu auprès de votre augusle souverain vous trouverez. Monsieur Tamiral , la plus douce des récompenses dans la bienveillance de Tempcrcur^ qui daignera, la Grèce Tespère, accueillir avec bonté les hommages de la reconnaissance qu'il est de son devoir de vous offrir pour tous les services éminents que vous. Monsieur l'amiral, ainsi que les officiers sous vos ordres, lui ont rendus, en remplissant ainsi les généreuses intentions de S. M. I.

AU CHSVALIXK EYNARD. 63

i^r '«. 30 juin

Vos dernières lettres, mon cher Eynard, sont de la date du 30 avril. Depuis lors plusieurs bsitiments français sont arrivés à Modon. Tout le monde a reçu des lettres et des journaux jusqu à la date du 30 mai. L*un de ces bâtiments, k ce que vient de m* écrire M. le général Schneider et de me confirmer Tamiral de Rigny, m'apporte 300,000 francs de votre part. Manquant d* informations relativement à ce secours, je le recevrai comme un bienfait de la Providence, et j'attendrai sans inquiétude que vos lettres^ me Vcxpliqucnt.

Celles que je vous ai adressées précédemment par du-, plicata, et la nouvelle de l'abdication du prince LéopoldA que je ne connais que par les gazettes, tous donnent j mesure de la crise que subit dans ce moment la Grec Avec l'aide de Dieu elle en sortira honorablement, moins je Icspèrc, si vous continuez a l'aider.

Les intrigants qui ont comploté pour adresser sous F voile du mystère l'expression de leurs vœux au prince Léopold^ ont été' complètement di^joués par ma circu — laire, et par les adresses légales et publiques que toutes 1 provinces m'ont envoyées, dans le noble but de témoigne aux Puissimccs alliées leur reconnaissance, et au prin Léopold les espérances que leur ont fait concevoir 1rs scn

64 DE NAUPLIB. — JUILLET 1830.

timents gënëreui qui raniment en faveur de sa nouvelle patrie. CV^t au moment oii je comptais publier par les journaux ces adresses, c*est lorsque j'allais les envoyer en original a S. A. K. que j*apprends son abdication. Ces «locuments restent en dépôt aux archives, et le temps me «lira quel est T usage que je pourrai en faire.

La communication qui notifie aux cours alliées Tabdi-

c?ation de S. A. !l. n*articule aucune des observations que

î*ai pris la liberté de faire au prince, afin de Tengager a se

rendre sans retard sur les lieux. La première partie de

n^Gs dcpêches et de mes lettres particulières lui rendait

^^oi:iipte avec loyauté et franchise des diilicultés. La se-

^ondc lui proposait le moyen de les aplanir; et ce moyen,

Jo le répète encore, dans Tctat actuel des choses ne peut

pl^mas se trouver qu'entre les mains du nouveau gouver-

*^^i wncnt de la Grèce , c esl-a-dirc entre celles de S. A. R. y

^^ ^le n'avait pas renoncé, ou de tout autre qui acceptera

*^ souveraineté de ce pays.

liCS intrigants se gardent bien de croire a la sincérité ^^ mon opinion sur cette grande question. Us s efforcent ^^ contraire de la rendre suspecte, et les agents de je ne ^â$ pas trop quelle Puissance étrangère, les ont encoura- S^^, et les encouragent aujourd hui plus que jamais, a re- ^^^ubler dactivité dans des menées odieuses. Ces menées ^^> t pour but de faire considérer ma réponse ofliciclle, ^^^^si que les observations du sénat et mes dépêches au Prince Léopold, comme autant de moyens dont je me ^^is servi pour porter le prince a abdiquer, et par consé-

kv ciiBVALmi synakd. 6!

quent pour nû pas quitter mon fauteuil de président Que Dieu le leur pardonne!

Jusque-lh cependant il faut maintenir Tordre et préve nir Tanarchie, à laquelle les intrigants grecs et étranger poussent cette malheureuse nation.

Ainsi que je vous Tai dit, ils n'ont pas réussi, et )*aini à me flatter qu ils ne réussiront pas non plus par la suite mais pour cela il faut :

V. Que les cours alliées ne tardent pas h donner à Grèce un souverain.

2*. Que le secours de 1,200,000 francs soit envoyé dâi le courant de juillet, ou tout au plus tard dans le moi d*août»

3*. Que les agents des cours alliées en Grèce reçoiven Tordre de déclarer les intentions de leurs souverains re lativemcnt au gouvernement de la Grèce, jusqu a cequ( le nouveau souverain' soit élu et prenne possession de I; souvcraincte\

A ces conditions je re'ponds de la tranquillité du pays et je ne me refuserai pas à continuer ma pénible tache Dans le cas contraire je ne réponds de rien.

J*étais h ce point de la présente, lorsque enfin je recoi vos lettres du 24 et du 25 mai. Je vous en accuse aujour d hui la réception par la voieordinairc de la poste. Vos Ici Ires sont restées au moins dix jours entre les mainsducon: mandant de la Diligente. Il se peut que ce ne soit qu*ur négligence de sa part, mais elle est bien malheureuse; « comme ces accidents se renouvellent presque à chaqv

66 DB NAUPLII. — JUILLXT 1830*

xourrier qui arrive de France, je dois voua réitérer la prière de m*adres8er vos lettres par la voie du commerce, ou par Marseille, ou par T Italie.

• Dieu vous rendra, mon cher Eynard , le bien quç tous faites à ce pays. Vos 340,000 francs me mettent hors d*embarras et d angoisse pour le mois de juin et peutcire aussi pour le mois de juillet.

Pcrse'vére7« dans vos démarches , et faites en sorte que les secours que vous avez sollicités arrivent } mais je le i*épètc, qu'ils ne tardent pas au delà de quelques jours du 'iiois d^août.

Je vais m*occupcr de Tidée que vous m'annoncez* Il ^*est pas aussi facile que vous le pensez de porter le sénat les provinces h prendre Tinitiative sur le choix du soulin. Cependant je tacherai de tirer parti des adresses ^ ^^€! les provinces viennent de m'envoyer. Je verrai quelle ^^^ la communication que je pourrai faire, pour hâter les ^^crisions définitives des cours alliées.

^Sans doute les deux candidats qui paraissent en pre- ^*^îère ligne, c est-a-dire le prince Frédéric des Pays-Bas et ^>^ prince de lliivicrc, doivent également re'unir Icssuffra- S^s de la Grèce. L'un est déjà ti*cs-avantageusemcnt connu ^uns ses e'iats, et par la place éminente qu il occupe, et P^r les immenses services (|iril a rendus a la Hollande, ^'autre a pour lui la reconnaissance qu'inspirent aux Gfccs les bienfaits et l'intérêt bienveillant que leur a prodigués le roi de Bavière. Je verrai sous peu de jours si je puis adresser sur ces grandes questions un mémoire aux

AU CnxVALlEK KYNAAD. 67

cours alliées. En attendant , je vous autorise a vous servir du peu de mots que je vous adresse a cet e'gard, \h où vous jugerez le plus utile.

m* «. î^ juin ^

Nâuplie, 7-r^ 1830.

^ 3 juillet

J*ai de'jà repondu, mon cher Eynard , à vos lettres du 24 et du 25 mai, et je vous ai adi^ssë mes actions de grâces pour le secours de 340,000 francs que la ( Irèce doit à votre persévérante sollicitude. Dieu vous rendra le bien que vous lui faites.

Je profite aujourd'hui de robligeance de M. Tamiral de Rigny. Il a la bonté de m*avertir que le courrier qu*il expédie se chargera de la présente , et je la place sous ^ les auspices de M. Litardi.

Je ne vous répéterai pas les raisons qui me portent à^ faire des vœux bien sincères et bien ardents, pour ques les cours alliées ne tardent plus à procéder au choix duK nouveau souverain , et à faire connaître aussi à la Grèc^ leurs intentions.

Il y aura nécessairament un intervalle entre le choi^^ du souverain , son acceptation , et son arrivée en Grèce:^ Durant ce temps de crise, il est d'un grand intéi^t qi le pays reste tranquille , et que les Puissances puisseï V exécuter leurs décisions, si la Porte n'élève pas i

68 DE NAUPLIB. — JUILLET 1830.

difficultés à cause de l^abdlcation du prince Lëopold. Ce qui aurait été' sans doute moins embarrassant et plus heureux sous ce rapport, c'eût e'té que le prince Léopold n*eùt pas renonce'. J*ignore quelle est Timpressiou que lui laisseront les lettres que je lui ai adressées durant les mois de mai et de juin. Si des motifs d*une autre nature ont engage S. A. R. à résigner, mes lettres ne produiront aucun effet. Dans le cas contraire, elles le le porteront peut-être h revenir de sa résolution et à accepter encore une fois. Quoi qu'il en soit, je vous supplie d'insister sur les observations et sur les demandes que vous avez faites à Messieurs les ambassadeurs des Puissances.

Nous sommes ici travaillés par les intrigants de tout genre. Vous connaissez l'affaire des adresses au prince Léopold. Aujourdlmi il est question d'une nouvelle adresse que cette poignée de soi-disant mécontents enverrait à la conférence de Londres, afin de solliciter l'élection d'un souverain. On m'a fait plusieurs rapports Sur cette nouvelle intrigue, et j'ai donné la même rél^onsc. J'ai dit et répété qu'une démarche semblable ne ].>eut avoir un effet utile qu'autant qu'elle sera faite dans ^les formes légales et avec la sanction du gouvernement. Les diplomates qui sont accrédités auprès du gouver- ^^lement actuel m'ont parlé de ces menées. Je leur dis : ^< Laissez faire, Messieurs, ces gens-là; mais laissez-les faire ^out seuls. Qu'en arrivera-t-il? De deux choses l'une. Ou ïes cours alliées reconnaîtront cette poignée dMiommes

A M. DE tTOUKDZA. 60

comme les ve'ritables et légitimes représentants de la nation, ou non* Dans le premier cas, c*est de ces hommes que je formerai la régence ; ainsi délivré de mon énorme fardeau , je serai heureux* Dans le second cas , ces hommes de malheur seront considérés pour ce qu*ils sont, et la Grèce en sera enfin délivrée. »

Hier en discutant amicalement cette tlièse avec M* Tamiral de Rigny , je lui ai démontré avec une évidence incontestable que je ne redoutais pas ces menées ni leurs résultats ; que si les Puissances voulaient mettre encore une fois à Téprcuvc ces prétendus patriotes de la Grèce, elles n*auraicnt qu*à leur confier, ne fiit-ce que pour quelques jours, la direction des afTaircs de cette malheu* reuse nation; qu*en mon particulier je me retirerais, et que les faits caractériseraient mieux que je ne veux le faire et ces hommes et leurs œuvres. Monsieur Tamiral a paru d'accord avec moi. Il est bon que vous soyez.au. courant de tout ceci.

Faute d'occasion je n'ai pas répondu plus, tôt à votre lettre du 18 (30) avril. Je ne sais pas trop où la présente vous trouvera. Je la recommande à M. Froding ; s*il vou» sait déjà arrivé à Odessa, il aura la complaisance de vous

70 DE NAUPUE. —- JUILLET 1830*

renvoyer. Dans le cas contraire, elle partira pour Saint- Pe'tersbourg. Je ne puis assez vous exprimer les regrets que me fait éprouver la résolution que vous avez prise de quitter le service. Vous auriez pu lui être très-utile, et les inteVèts de la Grèce et surtout ceux de Teglise y auraient considérablement gagne'. J'aime encore à espérer que Tempereur vous aura accorde' un semestre, mais rien de plus.

J*attends les 300,000 roubles que vous me promettez. Je ne doute pas de Inexactitude de M. Rodolinikin ; mais comme depuis trois mois M. le comte de Panin n*a reçu aucun courrier, je me re'signc à ce retard. Ce n'est pas le seul. Tel est Tabandon et Tisolement où Ton me laisse, que ce n*est que par la voie des gazettes que j'ai appris comme le public Tabdication du prince Le'opold. Jugez des conse'quences. Elles seraient encore plus graves et ]ilus dangereuses, si Dieu ne |)rotegeait ce pays, en donnant au peuple un bon sens et des sentiments qui sont à toute épreuve.

Les journaux anglais et les gazettes de TEurope ont publie les documents que le ministre des aflfaires étrangères a placés sous les yeux des cbambres, au moment où il a annoncé l'abdication du prince Léopold. Vous y verrez ma correspondance confidentielle et particulière avec le prince. Cette publication a déjoué ici bien des petits complots étrangers et grecs; et c'est de cette manière que rhonneur et les Intérêts les plus cliers de cette nation se trouvent protégés même par les hommes qui sont

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