AU GOUT. CIVIL DES PLAGES DE LA ME6SÉNIE
désirer. Si vous pouvez obtenir que Tintendance paie 12 à 15,000 francs, ce qui serait le minimum d'après les estimations &ites par les experts du pays, vous mettrez im soin tout particulier à ce que la distribution de cette indemnité soit faite avec la plus stricte équité. Si vos efforts ne parvenaient pas à ce résultat, vous nous en informeriez sans délai , pour que le gouvernement remplît envers ces malheureux les engagements qu'il a pris dans le temps avec eux.
Quant aux besoins plus généraux des provinces, vous recevrez, comme vos collègues, des ordres circulaires; et c'est sur les rapports que vous nous adresserez que le gouvernement prendra des mesures ultérieures.
Nous passons maintenant à une seconde partie non moins importante. Elle concerne l'établissement des écoles d'enseignement mutuel, et la restauration des villes et des faubourgs, dans les trois provinces que vous administrez.
Quant au premier point, il existe à Coron une mosquée que nous vous autorisons à faire réparer, dans le dessein d'y établir une école d'enseignement mutuel. Vous aurez recours pour cet objet aux fonds qui résulteront des ressources locales , dont il est fait mention plus haut ; et quant à la construction des bancs, des tables, et autres objets nécessaires à l'école, vous prendrez des informations du maître d'enseignement mutuel de Modon, pour qu'ils soient faits d'après les règles de ces établis • sements.Les ouvriers de l'armée française vous prêteront
110 d'aRCADIA. — AVRIL 1829.
sans doute leur assistance. Ce maître même pourrait peut-être commencer à enseigner les enfants de Coron , jusqu'à ce que Técole de Modon soit construite et montée; et pour ce cas il commencera, du moment que Te'cole sera ouverte , à recevoir le traitement de 200 piastres par mois.
Je vous ai indique la place où Fecole de Modon doit être bâtie. Les 5,000 piastres qui re'sultent de la souscription de'jà faite seront employe'es à cet effet, et nous n he'siterons pas à y suppléer, si cette somme ne suffit pas, pour que Fédificé soit fait dans les proportions convenables. L'ingénieur français nous a offert déjà ses services pour tracer le plan de cette école, comme celui des villes et des villages qui présentent dans ce moment un monceau de ruines.
Il vous appartient de hâter autant que possible Taccomplissement de cette promesse , afin que les reconstructions, qui commencent déjà sur plusieurs points, soient faites d'après un plan régulier. Dès que ces plans seront faits, vous nous les transmettrez pour qu'ils soient approuvés par le gouvernement, et qu'il puisse en ordonner la stricte exécution.
Nous vous autorisons à faire achever la maison que vous avez commencée à construire à Navarin , et à prendre quelques mesures pour qu'on utilise les murailles qui existent aux environs de cette maison, dans la vue de faire plus tard un bon lazaret. Il Êiudra aussi en temps et lieu songer à une école pour Navarin, et vous la mar-
AU GÉNÉRAL GHUKGH. 111
querez d avance dans le plan de la petite ville qu'il s'agit de rétablir dans ce port.
Quant à la police sanitaire et commerciale de ce même port et des autres, vous recevrez les directions ne'cessaires, lorsque nous pourrons définitivement arrêter quelques arrangements à cet égard d'un commun accord avec le conmiandant militaire français. Nous eh disons de même par rapport à l'exploitation qui s'est faite jusqu'ici des objets de prix submergés dans la rade de Navarin. Il vous est recommandé, en attendant, de nous procurer les informations les plus positives sur l'exploitation qui continuerait à se faire par la suite , et jusqu'à ce que ce grand intérêt soit également réglé d'un commun accord avec M. l'amiral RosameL
Patras, — ayril 1829.
J'apprends avec satisfaction les nouvelles que m'apporte votre dépêche du 26 mars. J'aime à espérer que la reddition de Messolonghi et d'Anatolico avancera considérablement le résultat que nous nous proposons d'obtenir.
Je suis à peine arrivé ici, et je me hâte de vous réexpédier le courrier. Une fois que j'aurai pris une connaissance plus détaillée de l'état des choses dans ces parages,
112 DB PATRAS. — ÀVIlfL 1829.
je vous adresserai des directions ultérieures, afin que les opérations militaires soient analogues à nos moyens. C'est la condition de rigueur pour q^e toute opération ait un succès immanquable,
La dépêche par laquelle vous m*ayez annoncé Toccupation de Macrinoros, m*a trouvé sur ma route dans les places de la Messénie. Je vous félicite donc aujourd'hui , et je ne doute pas que les mesures qui ont été déjà prises ne vous mettent sous peu en état d'achever ce qui a été si bien commencé.
Fatras, —- ayril 1829.
Plusieurs observations m'ont été adressées par les habitants du département que vous administrez , sur l'élection des démogérontes actuels; je les trouve fondées, attendu qu'au moment où leur élection a eu lieu , le pays était encore occupé en grande partie par les Turcs , et que la majorité des ayants droit de suffrage ne s'est pas trouvée réunie dans les provinces respectives.
En partant de ce fait, je n'hésite pas à vous autoriser à procéder à une nouvelle élection des démogéronties ; vous profiterez, pour procéder à cette opération importante, du moment oîi les citoyens doivent s'assembler
AU PANHELLÉNIUM. 113
pour élire les électeurs el les plénipotentiaires du département.
Si les démogérontes actuels jouissent de la confiance du pays, ils pourront être réélus, et dans' ce cas ils auront un double titre à la nôtre.
A bord de l'Hellas, devant Lépante^ — avril 1829.
Les réponses que le Panhellénium adresse aux différentes communications que je lui ai faites, me font éprouver quelque satisfaction. Elle est pleine et entière pour le travail qui concerne l'organisation du tribunal des prises et du conseil de révision. Vos collègues de la section de l'intérieur, et celui d'entre eux qui a rédigé le rapport et le projet de décret, ont fait preuve des talents qui les distinguent, et ils me donnent par conséquept la mesure des services importants qu'ils rendront à la patrie , au moment où d'autres travaux devront être préparés pour le congrès national.
J'en dis de même de l'opinion qu'ils ont émise sur la question qui a fait l'objet de ma communication en date du ... . Je viens néanmoins de signer le projet de décret qui a obtenu la majorité des suffrages du Panhellénium, quoique la mesure soit incomplète, et que le gouvernement doive de toute nécessité pourvoir sans retard
114 DE LÉPANTC. — AVRIL 1829.
aux dispositions qui concernent les terrains nationaux vides, sur lesquels, d'après le plan des villes, les citoyens sollicitent des concessions pour y bâtir des maisons ou autres édifices.
J'engage par conséquent la section de F intérieur à songer à cette question grave. Je m'en occuperai à mon tour, et je lui ferai part de mon opinion. Après l'inspection que je viens de faire sur les lieux à Patras, d'après les demandes qui m'ont ëtë faites, il est impossible, je vous le répète, d'ajourner pour longtemps des décisions qui seules peuvent hâter la restauration de Patras.
Si le Panbellenium a pensé donner une opinion utile en engageant le gouvernement à se charger des travaux concernant les marais de Glykia, il se trompe. Les ressources financières de l'état lui sont connues, et il n'ignore pas non plus tous les secours que les provinces sollicitent à juste titre de la justice et de la prévoyance du gouvernement. Il a donc rejeté le projet pour d'autres raisons que je désire connaître. Si vous me les laissez ignorer. Messieurs, je prendrai encore une fois en considération cette question grave, et je me déciderai peutêtre à la résoudre, en prenant sur moi seul toute la responsabilité.
Les précautions que le Panhellénium me propose de prendre, afin de régler sur une base utile la concession des terres accordées aux Américains pour coloniser les pauvres à Corinthe , feront l'objet de la sollicitude du gouvernement, et elles ne seront pas négligées.
Je VOUS écris étant presque au terme de ma tournée. Je ne saurais assez me féliciter des observations que j'ai pu faire moi-même dans l'intérieur de chaque province. J'ai vu de près les hommes et les choses; et j'aime à espérer qu'à l'aide de Dieu je pourrai par la suite remplir mes devoirs, de manière à justifier la confiance dont le peuple m'honore*
^- -, 19 avril ^
iYauplie, :- 1829.
1 mai
J'ai l'honneur d'accuser à Votre Excellence la réception de l'office par lequel vous avez bien voulu m'accompagner l'état des militaires fi:*ançais qui aiment à être placés dans les rangs du corps régulier grec. Vous ne doutez pas, j'espère, de tout l'empressement que je mettrai à utiliser ce secours , et à rendre aussi agréable que faire se pourra la situation des braves militaires qui, en remplissant les intentions bienfaisantes de leur roi , se plaisent à nous le prêter.
J'ajouterai dans cet office les demandes que je vous ai articulées aujourd'hui de vive voix, pour que Votre Excellence veuille bien en prendre note.
Nos dépôts en munitions de guerre sont vides, et toute la poudre à fiisil et à canon que Votre Excellence pourrait nous faire donner immédiatement, me dispen-
116 DE NÀUPLIE. MAI 1829,
serait de donner des commissions que les spéculateurs rendent ordinairement très-onëreuses à ce gouvernement.
Vous avez approuve le règlement par lequel les troupes régulières grecques seront tenues dorénavant à faire vie commune. Nous manquons pour cela de mar* mites, et si vos dépôts dans les places de la Messénie pouvaient nous en fournir une certaine quantité, Votre Excellence nous rendrait un grand service à nous les faire livrer.
Enfin si M. Tamiral Rosamel voulait seconder vos nobles sentiments, ce serait un bâtiment de la marine royale qui transporterait de Navarin à Nauplie la batterie de campagne, les fiisils, la poudre, les marmites, et tous les autres objets que , dans- votre généreuse bienveillance, vous voudriez céder au corps régulier grec.
__ -. 19 arril ^^^^
Nauplie^ :- 1829.
^ 1 mai
En se donnant la peine d'arriver jusqu'à Nauplie, Votre Excellence a eu l'occasion de voir de près les éléments de nos établissements militaires, ainsi que le noyau des troupes régulières grecques ; et en honorant de votre suffrage ces premiers résultats de nos efforts ,
AU MAftEGHAL MAISON. tl7
VOUS aves bien voulu, Monsieur le maréchal, nous annoncer que, conformément aux intentions bienfaisantes de votre auguste souverain, vous e'tiez prêt à mettre à la disposition du gouvernement grec les secours pécuniaires que le roi se plait à destiner exclusiv.ement à cette partie vitale de la restauration de ce pays.
Nous ne saurions. Monsieur le maréchal, vous donner un témoignage plus sincère de notre reconnaissance, nous ne saurions vous ofirir des gages plus rassurants de Tempressement que nous mettrons à remplir avec une scrupuleuse religion les vues magnanimes de S. M. T. C, <]u'en nousrëfërant aux arrangements dont nous sommes convenus à Modon, et qui se trouvent consignes dans le mémoire ci-joint. Ces arrangements sont déjà en grande partie mis à exécution. Les officiers, les sous-officiers et les soldats, qui ont désiré entrer au service de la Grèce, sont déjà dans les rangs de nos troupes régulières, et les ouvriers d* artillerie travaillent à la réparation des a£Biits de la forteresse de Nauplie. Les autres articles du promémoire du (1) 13 avril seront successivement exëcute's, et nous aimons à espérer que Votre Excellence voudra bien y concourir pour sa part.
Nous joignons ici Tëtat actuel de nos troupes régulières, et de la dépense que fait aujourd'hui le gouvernement pour leur entretien. Du moment que nous pourrons compter sur les moyens assures de pouvoir en organiser et en entretenir autant, nous serons à même de les porter sans aucune difficulté à 6 ou à 8,000, en faisant
118 D£ NAUP(.Ifi. MAI 1829.
passer daus les rangs des troupes régulières les hommes aguerris de la Roumëlie et du Magne.
Si les objets d'habillement et d'équipement qui seraient nécessaires à cet effet, nous étaient fournis sur les subsides que la générosité du roi daignerait accorder pour les frais de première mise, et si ces objets nous arrivaient dans le courant du mois de juin, nous n'hésitons pas à tous donner, Monsieur le maréchal, l'assurance qu'avant l'autonme prochain cette' organisation serait avancée d'une manière très-satisfaisante , et pour ce cas nous joignons ici la liste des objets d'habillement et d'équipement dont nous aurions besoin.
Désirant placer l'administration des subsides destinés à l'organisation et à l'entretien du corps régulier sous la sauvegarde d'un règlement spécial, il est de notre intention d'instituer a Nauplie une caisse militaire. Votre Excellence reudrait un nouveau service à ce pays, si parmi les employés de l'intendance de l'armée d'expédition elle en destinait un qui voulût se chvger des fonctions relatives à cette i^dministration^
La somm^ mensuelle que vous jugerez pouvoir allouer pour l'entretien du corps régulier, ainsi que pour les frai& de première mise, sera exclusivement consacrée à cet objet, et aux dépenses, qu'exigent la réparation des forteresses, la construction de casernes, d'hôpitaux militaires, etc.
Nous finirons. Monsieur le maréchal, par exprimer un vœu : c'est celui de connaître si le subside mensuel dont