AUX MAÎTRES DES ÉCOLES
il s'agit sera pris sur les subsides arriéres , Ou bien si le gouvernement pourra compter sur ces derniers pour venir au secours des provinces dont Votre Excellence connaît Fëtat déplorable. Les 500,000 francs que nous avons déjà accordés aux pauvres cultivateurs sur le million qui nous été remis à Navarin , n^ offrent aucune ressource ni aux propriétaires, ni aux habitants des villes. S'il nous était donné de placer à la banque une somme considérable, et les propriétaires et les citoyens y trouveraient une ressource, laquelle en peu de temps serait utilisée au point de nous mettre en état de rendre bientôt, et avec un intérêt équitable, le capital qui nous serait avancé dans ce moment.
La bienveillance dont vous honorez^ Monsieur le maréchal, ce pays, nous assure d'avance que vous ferez tout ce qui peut dépendre de vous, pour lui procurer les moyens que nous vous demandons, à l'effet d'en accélérer la restauration.
K$/ ^6^^/f6, Â^ ^y^a^àed c^ Scc^d c/'e
• . 21 avril ^^^^
Egine, r- 1829.
^ 3 mai
Parmi les écoles d'enseignement mutuel existantes,^ celles que nous avons eu la satisfaction d'inspecter nousmêmes ne nous laissent rien à désirer. Il nous tardaitc
120 d'égine. — MAI 1829.
d*en témoigner notre reconnaissance aux citoyens distingues qui ont contribué à leur organisation, aux maîtres qui , au milieu des plus grandes privations, ont su faire prospérer ces établissements, et aux élèves qui nous donnent déjà la mesure de tout ce que la patrie a droit d'attendre d'eux. Rien ne peut leur en offrir une meilleure preuve que la demande que nous vous faisons. Nous vous autorisons, Messieurs, à nous indiquer ceux de vos élèves qui vous ont donné des preuves invariables de leur vocation et de leur capacité pour le professo* rat d'enseignement mutuel, et à nous en envoyer la liste, parce que nous désirons les appeler à compléter leur instruction dans une. école normale que nous allons ouvrir à Égine.
Dès que nous aurons reçu cette indication de la part de tous les maîtres des écoles existantes , nous détermi^ nerons le nombre des élèves qui auront place dans l'école normale. Ds ne seront cependant admis qu'après avoir été examinés par une commission que nous instituerons à cet effet.
Désirant donner aux maîtres quelque indemnité des frais qu'ils ont déjà faits pour procurer des encouragements à leurs élèves, nous leur ofirons une gratification de 300 piastres pour chacun de leurs élèves qui sera admis dans l'école normale.
AU COMMISSAIRE EXTRAORDINAIRE DE l'aRGADIE. 121
È24 avril gine, :- 1829.
6 mai
A mon passage par Tripolitza, les employés de Tëcole d'enseignement mutuel m'ont remis une requête, laquelle m'accompagne la souscription faite pour couvrir les frais de cet établissement.
Conformément à la promesse que je leur avais donnée, j'ai envoyé déjà un ingénieur à Tripolitza. Le plan de Técole est fait et approuvé, et je me charge des mesures nécessaires à son exécution, en ce qui concerne Tingénieur qui doit surveiller les travaux , la confection des bancs, etc.
Lorsque je connaîtrai le montant de la souscription et le devis des dépenses que l'ingénieur m'enverra, je ne me refuserai pas à mettre à la disposition des éphores la somme qui sera nécessaire pour compléter cette œuvre de bien. Vous les engagerez, en attendant, à feire préparer sans aucun délai la chaux , les pierres, le sable , avec les fonds de la souscription.
. M. Rigas qui est du nombre des éphores, m'a itéra-^ tivement exprimé le voeu que la responsabilité de l'administration des fonds dont il s'agit, ne fût pas laissée à lui ni à ses collègues. Je vous autorise à prendre en considération cette demande, conjointement avec- ces.
122 d'égine. — MAI 1829.
messieurs, et à me proposer les personnes que les souscripteurs ou le gouvernement pourraient charger de cette responsabilité'. Il est entendu que ces personnes doivent jouir de la confiance des uns et des autres.
L'architecte arrivera sous peu de jours à Tripolitza, et pour qu'il puisse commencer immédiatement les travaux, et que l'e'cole soit achevée tout au plus tard dans le courant du mois de juin, je vous répète qu'il est d'une grande urgence que les ëphores fassent préparer tous les matériaux dont je vous ai parlé plus haut.
Enfin les éphores de Técole d'enseignement mutuel de Zygovistos sollicitent, par une requête qu'ils m^ont adressée à Tripolitza, quelques secours pour soutenir cet utile établissement. M'étant expliqué directement avec l'un d'eux, et ayant appris que ce secours pourrait se limiter pour le moment aux appointements du maître, je vous autorise à les lui donner, à raison de 200 piastres par mois, à compter du premier avril. En prenant cette mesure, vous en écrirez de notre part aux éphores de la dite école, dont nous vous transmettons ci-joints les noms.
K$/ %^^, ^ ^^Uixetnciif^ /Uau^cHte c(c iûo44^Me.
É25 ami ^^^^ «ne, r- tM9.
° 7 mai
Je vous ai expliqué de vive voix l'importance que
AU GUEVAL1£K EYNARD. 123
j'attache à procurer une heure plus tôt à la province de Corinthe le bienfait d'une école d'enseignement mutuel. J'ai appris à cette occasion avec satisfaction, que les habitants de la commune de Saint- Georges étaient disposés à concourir par une souscription à la fondation de cet établissement. Je vous réitère par la présente la recommandation la plus pressante, afin que vous encouragiez leurs bonnes dispositions. Vous profiterez de l'occasion où il s'agira de faire l'élection de la démogérontie provinciale, pour ouvrir la souscription de la manière la plus utile et la plus convenable. Vous ferez connaître aux habitants du pays que je prendrai part moi-même à cette souscription , que je leur enverrai un architecte poiu* que l'école soit construite dans les dimensions convenables, et que dans les entrefaites j'aurai soin de faire le choix d'un maître qui ne laissera rien à désirer aux nombreux enfants de la province. Vous me ferez connaître directement le résultat des soins que vous donnerez à cet objet important.
S^ ^^/pé. -^ i^netia^r ô^^taicCj. à ^aU^,
É29 ayril ^^^^ gine, r 1829.
° 11 mai
Mon cher Eynard, Au moment oîi j'allais vous écrire une longue lettre je reçois la vôtre du 28 mars datée de Florence.
124 DEGINK. — MAI 182».
J*apprends avec satisfaction que la présente vous trouvera à Paris , et que c'est à Paris que vous recevrez aussi celle que je vous ai adressée par le docteur Gosse , de Navarin le 3 (15) avril.
Les démarches auprès de la société pour renseignement élémentaire et auprès des philhellènes capitalistes, dont je vous ai entretenu par Tambassade de M. Gosse, vont avoir lieu aujourd'hui par le retour en France du maréchal et de son quartier général. Vous trouverez cijoints quelques exemplaires de lalettre que j'adresse à la société, et la liste des personnes que j'appelle à notre secours.
Les informations que le maréchal et les officiers de sa suite donneront à Paris sur Tétat intérieur de la Grèce, et sur les peines que se donne son gouvernement pour y apporter des améliorations graduelles, feront un contraste frappant, j'espère, avec tout ce qu'on a écrivaillé dans le temps , et sur ce même état intérieur, et sur la situation du gouvernement grec. Je désire que vous fassiez la connaissance de M. Firino, payeur général, lequel est lié d'amitié avec M. le duc de Broglie et avec M. Ardouin. Je désire aussi que vous voyiez souvent M. I^utteroth, secrétaire du maréchal et frère de sa belle-fille. Ces messieurs vous mettront à même de partager nos espérances. Si Ton nous laisse le temps , et qu'on nous accorde les moyens que je sollicite depuis le mois d'août , le peuple Grec dépassera plus tôt qu'on ne le pense les voeux et l'attente de ses amis les plus sincères.
AU CHEYALIER ETNARD. 125
Il s'agit maintenant d'obtenir ces moyens, et j'entre en matière en repondant à votre lettre du 28 mars.
Le maréchal a eu la bonté de me promettre qu'il appuiera de ses bons offices auprès du roi et de ses ministres les demandes suivantes :
V. Le paiement immédiat de quatre mois de subsides arriérés, c'est-à-dire de 2,000,000.
2*". La continuation du secours que le roi, dans sa muficence, vient d'accorder à l'organisation et à l'entretien de notre corps régulier*
3"". Enfin la garantie que le gouvernement grec puisse faire un emprunt.
Pour Êiciliter la continuation du secours mensuel destiné à l'organisation militaire , je propose que le ministère de la guerre nous en fournisse une partie en draps, toiles et autres objets nécessaires à l'habillement de nos troupes régulières. Avec cette assistance, je les porterai en peu de temps à 6 ou 8,000 hommes, sur la base de 2,700 qui existent aujourd'hui.
Je vais vous dire maintenant tout ce que je sais sur l'affaire vitale de l'emprunt.
M. le comte Bulgari m'a annoncé confidentiellement que l'empereur de Russie nous accorde la garantie, et que ses ambassadeurs ont l'ordre d'appuyer auprès des cours alliées les propositions du gouvernement grec, afin qu'elles consentent à en faire autant.
Les explications que j'ai eues ici à ce sujet avec M.Canning ne m'encouragent pas à espérer que le ministère
126 d'éginb. — MAI 1829.
anglais puisse être à même de nous accorder ce bienfait. Heureusement le ministère de S. M. T. C. paraît être en mesures d'accueillir nos vœux avec moins de difficulté'.
M. le maréchal, qui, dans son bienveillant intérêt pour ce pays, a bien voulu voir de près et dans le plus grand détail toutes ses misères, plaidera avec succès notre cause. Il convaincra aisément le ministère du roi que tous les sacrifices faits par la générosité française en faveur de la Grèce seront stériles, si sa restauration ne se fonde , sans retard ultérieur, sur rétablissement de son crédit financier.
J'aime par conséquent à espérer qu'après avoir recueilli les nouvelles que le maréchal aura la bonté de vous donner, vous m'en écrirez un mot, en expédiant, s*il le faut, vos lettres par duplicata, soit par la voie de Marseille ou de Toulon , soit par Ancône. Vous pourrez entretenir vos relations avec le maréchal par l'entremise de M. Lutteroth qui veut bien se charger de la présente, et qui désire faire notre connaissance. Ce jeune homme, qui est affligé d'une très-belle fortune, désire revenir en Grèce et travailler auprès de moi en m' aidant de sa plume et de ses talents. Durant son séjour à Paris il ne refusera pas de se charger, comme intermédiaire ou de toute autre manière quelconque, de nos intérêts auprès du maréchal et des autres personnes qui voudraient comme lui les protéger. Lorsque vous m'aurez dit que nous sommes à la veille d'obtenir la garantie de la France, je vous enverrai des députés, des pleins
AU CHEVALIER ETNARD. 127
pouvoirs et toutes les informations que vous me demandez par votre lettre du 28 mars. Je fais ti^availler à tout ceci depuis quelque temps, et j'ose me flatter que dans quatre ou cinq semaines je serai à même de faire cette expédition. Vous pourrez, mon cher Eynard, dans ces entrefaites préparer les voies et surtout vous occuper de Tancienne dette.
Je partage complètement Topinion que vous m'avez énoncée à cet égard depuis notre séjour à Londres; mais je vous prie de croire que, si je n'ai pas donné suite à votre plan, c'est que nul n'est tenu à l'impossible.
Si maintenant les bons offices du maréchal nous obtiennent les 2,000,000 à titre de subsides arriérés, je consentirai sans difficulté à mettre à votre disposition 1,000,000 pour que vous puissiez racheter une partie considérable de ces malheureux fonds; mais je n'y pourrai consentir que lorsque j'aurai quelque certitude sur les ressources que me procurerait immédiatement le nouvel emprunt.
Je ne vous envoie pas une lettre pour M. le comte Portalis, parce que je n'ai pas l'honneur de le connaître personnellement; mais vous portez avec vous-même vos lettres de créance auprès de tous ceux qui protègent la Grèce , et, le cas échéant, vous pourriez mettre sous les yeux de ce ministre, ou de tout autre personnage de sa sphère, la présente letti'e.
Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour vous envoyer des députés qui ne vous laissent rien à désirer.
128 d'égine. — MAI 1829.
Je ne finirai pas sans motiver le retard qu'a éprouve la publication de votre don de 50,000 francs. J'ai voulu avant tout passer en revue moi-même le pays, et voir en personne les écoles d'enseignement mutuel existantes, et la nombreuse population d'enfants qui en demande.
Je ne vous parle pas de cette revue et de ses résultats, pour ne pas re'pe'ter ce que j'en ai dit dans ma lettre à la socie'le' pour l'enseignement élémentaire. Voulant e'tablir maintenant une école normale pour former les maîtres, j'emploie votre argent à bâtir cette école, et elle portera votre nom. Elle fera partie de l'orphanotrophe qui renferme à cette heure 500 orphelins. Par l'école normale toute la nation paii;»cipera à vos bienfaits, sans que le gouvernement soit placé dans la situation difficile d'accorder la préférence à la Morée sur les iles ou vice versd. On commencera à bâtir dans quelques jours, et c'est dans l'attente de votre approbation que j'ajourne jusqu'à la réception de vos réponses la publication du décret.
Ayant sous les yeux la liste des patrons que j'espère donner à nos écoles, vous voudrez bien m'aider de votre côté, afin que la chose se fasse aussi promptement que l'exige l'impatience légitime de cette admirable population.