‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 2 sur 65 · AU COMTE DE LOVBRDO · texte numérisé non relu

AU COMTE DE LOVBRDO

mes observations, non-seulement sur les questions dont nous nous occupons maintenant , mais sur d'autres encore 9 qui se rattachent à la crise dont cette malheureuse nation est menacée.

P. S. Vous ne doutez pas , Monsieur le marquis , de r impatience avec laquelle j'attends le moment où M. le payeur général de Farme'e recevra Fautorisation de remettre au gouvernement grec les subsides arrieVe's. Grâce à vos bons offices, ce moment ne doit pas tarder. Votre Excellence mettrait le comble à ses bontés, si elle voulait, le cas e'che'ant, m'en prévenir sans retard par courrier extraordinaire.

Egîne, -- janyier 1829.

A son arrivée en Grèce, M. le baron de Saint-Denis a e'té porteur d'une lettre de votre part pour moi ; il ne veut pas quitter sa place et ce pays, sans se charger de quelques lignes pour vous. D vous dira l'e'tat où il a trouve' la Grèce, et celui où il la laisse. Notre horizon nous promettait dans le mois de juin un avenir : aujourd'hui nous sommes entoures de ténèbres, et nous comptons les jours pour savoir la veille s'il nous sera donné de vivi'e le lendemain. Cette crise ne me décourage cependant

16 D^ÉGINE. — JANVICIl 1829.

pas. J'espère que vous répondrez à ma lettre du 3 (15) décembre, et que vos réponses seront satisfaisantes. Dans sa mission , M. de Saint-Denis n'a pas eu le bonheur de recueillir le fruit des peines qu'il s'est données. Je ne lui en sais pas moins gré de ses bonnes intentions, et à ce titre permettez-moi de le recommander à votre amitié'.

Je m'empresse de mettre sous les yeux de Votre Excellence l'extrait des rapports que le conseil de Candie vient de m' adresser en date du 11 et du 13 janvier. J y joins aussi la traduction exacte des circulaires par lesquelles Suléiman-Pacha somme les malheureux habitants de Candie de se soumettre. Je reçois ces a£9igeantes nouvelles par une députation qui invoque la protection des Puissances alliées et les secours du gouvernement grec.

Si l'arrivée des premiers bâtiments égyptiens est suivie d'une expédition bien plus considérable que Méhémet- Âli prépare à Boudroun et à Alexandrie , l'heure fatale sera sonnée pour Candie, et cela au moment où les cours alliées s'occupent peut-être de son sort, ou du moins des mesures qui peuvent en mitiger la rigueur. Je prie Votre Excellence très-instamment de prendre en consi-

AU PÂHHELLÉNIUM. 17

dëratîon les dangers imminents dont est menacée cette île. L'apparition dans ses parages de quelques-uns des bâtiments sous vos ordres rendront vains les projets du pacha d'Egypte. Il ne me reste qu à recommander encore une fois à votre bienveillante sollicitude Texistence de nos malheureux frères les habitants de Candie.

xS^ c^^anAeuenHi

-nHim.

É2i janyier gme, ;, . — 1829.

2 février

Le travail que vous m'avez communiqué par votre lettre sous le numéro 12, a fait l'objet de ma plus sérieuse attention , et j'ai taché d'approfondir autant qu'il était en moi les motifs qui ont dirigé votre opinion dans la confection du projet de règlement, concernant l'élection des plénipotentiaires qu'il s'agît de réunir en congrès national.

Ayant pris pour base de vos méditations les lois existantes, c'est dans la loi sous le numéro 17, concernant rélection des représentants, que vous avez du nécessairement vous renfermer. Ainsi que vous le faites observer, cette loi ne statue aucun principe stable, relativement aux conditions auxquelles un citoyen peut être électeur ou mandataire. Elle ne statue non plus rien d'applicable au cas actuel, quant aux formes d'après lesquelles les élections peuvent être légalement ou ar-

18 d'ÉGINB. FÉVRIER 1829.

bitrairemeDt faites. Vous avez du par conséquent ti*ouver dans vos propres lumières, et dans les sentiments patriotiques qui vous animent, les principes et les formes qui sont traces dans votre projet de règlement.

Je n'hésiterais pas à Tadopter, si je n*y voyais une difficulté insurmontable. Elle consiste en ce que je ne me reconnais pas le pouvoir de faire une loi quelconque, et moins encore une loi qui met des conditions au droit de suffrage, droit que le peuple Grec se flatte d'avoir exercé jusqu'ici sans restriction.

D'un autre côté je partage vos vœux, et je regrette infiniment de ne pouvoir les manifester qu'en partie , et en me bornant seulement à les recommander dans cette grave occurrence à l'attention des magistrats et du peuple. Vous verrez comment je tâche de remplir ce devoir dans la pièce ci- jointe sous le numéro 2.

Elle renferme aussi les indications relatives aux formes. Celles qui ont été suivies dans les élections des démogéronties ayant réuni le sufi&*age des provinces, nous obtiendrons des résultats également satisfaisants dans l'élection des électeurs et des mandataires.

Nous joignons ici deux autres pièces sous les numéros 1 et 3. La première est le décret de convocation; la seconde, la proclamation par laquelle le gouvernement invite la nation à procéder au choix de ses représentants. Nous vous transmettons ces pièces, afin que vous en preniez connaissance. Nous aimons à croire que votre opinion sera conforme à la nôtre.

AU STRÂTAKQUE TPSILANTIS, ETC. 19

-e, . 23 janvier

février

Dans la situation périlleuse où se trouve la Grèce continentale , et au moment où son salut dépend d'une part des fortes positions que Tarmëe saura prendre et garder, et de l'autre de la se'curite' qu'elle saura procurer aux habitants du pays , il eut ëte' du devoir du gouvernement de se rendre sur les lieux, afin de prendre sans retard toutes les mesures propres à opérer ce résultat si désirable.

Ne pouvant pas, pour d'autres intérêts non moins graves, nous éloigner de la résidence du gouvernement, et dans le but de satisfaire au désir que nous ont témoigné les différents chefs civils et militaires de la Roumélie, nous envoyons au milieu d'eux en qualité de notre lieutenant plénipotentiaire notre frère Augustin.

Il est muni de nos instructions, et il n'hésitera pas à vous en donner connaissance. Nous vous engageons à vous y conformer, en faisant preuve à cette occasion du dévouement et du patriotisme qui vous caractérisent. Les circonstances sont graves, les dangers imminents; il dépend de nous de concentrer tous nos efforts pour sortir honorablement de la crise qui nous menace.

20 d'ÉGINE. FÉVRIER 1829.

^ . 24 janvier ^^^^

MM. Mëtaxas, Clonarès et Zographos, vos collègues, ont rempli leur mission avec le zèle et le talent qui les distinguent^ Ils m* ont donné les explications dont vous les aviez chargés sur la teneur de la lettre par laquelle vous répondez aux communications que je vous ai adressées sous le numéro 8,874. Je leur ai fait connaître avec un entier abandon les motifs qui me portent à ne pouvoir pas changer d*opinion sur la question grave du principe et des formes à suivre, pour réunir aussi régulièrement que possible le congrès national. Us vous rendront compte de notre entretien, et j'aime à espérer qu'en appréciant à leur juste valeur les faits sur lesquels j'ai appelé leur attention, et que je recommande à la vôtre , vous n'hésiterez pas à partager tout entière mon opinion. Si contre mon attente et à mon grand regret il en était autrement, encore trouverons -nous le moyen d'aplanir toutes les difficultés, en ne nous écaii:ant ni de l'esprit ni de la lettre de l'acte du conseil législatif du 18 janvier, auquel. Messieurs, nous nous sonmies mutuellement engagés de nous conformer. Plus il vous plaira de considérer attentivement cet acte et le règlement du gouvernement provisoire qu'il sanctionne, plus vous voudrez passer en revue tous les décrets que le gouver-

GIKGULAIRE. 21

nement a rendus sur vos rapports, et plus vous serez conyaincus que la difficulté signalée dans mon message subsiste tout entière , et qu'elle est insurmontable dans la question dont il s'agit, sans cependant que cette difficulté puisse porter aucime atteinte aux décrets législatif déjà rendus.

(^4tcu^a4ie cuio^ iûo^n^9n€^aùed €a>Âao4(/(^uxùed ^

ae tS^Hcn^ie/.

-5, . 26 janvier ^^^^

Pour répondre au but de son institution, le conseil ecclésiastique, en se partageant les différents départements de Tétat, se rend sur les lieux, à Tefifet de connaître de près l'état de Téglise , et d'en faire son rapport au gouyemement. Les archevêques de Talandi , de Tripolitza et d'Ândroussa, se rendent par conséquent dans le Péloponèse , et les archevêques d'Egine et de Damala dans l'Archipel. Vous voudrez bien^ Messieurs, leur faire l'accueil qui leur est dû* Vous, leur fournirez en même temps tous les renseignements qui sont à votre connaissance, afin qu'ils puissent mieux remplir leur mission, et en général vous vous empresserez de leur donner toute l'assistance qu'ib seraient dans le cas de vous demander.

22 d'ÉGINE. FEVRIBR 1829.

Vous devez avoir reçu à cette heure les directions du gouvernement sur la question importante de la dëmoge'rontie provinciale. Après avoir considère sur le rapport de M. Calergis la situation oii se trouve actuellement la province , nous avons juge que pour le moment et jusqu'à ce que la province ait une ville centrale , on s'abstiendrait de proce'der à Tëleetion de cette de'moge'rontie.

Le gouvernement a approuve' votre proposition quant au mode de procéder à la confection de la liste des candidats pour Tordre judiciaire. U faut cependant pourvoir à temps au mode d'après lequel la province élira ses plénipotentiaires au congrès national. L'ordonnance suppose une démogérontie provinciale à Corintlie, com-^ me dans toutes les autres provinces. A défaut de cette démogérontie , il s'agit de trouver un terme moyen qui procure aux citoyens l'exercice tout entier de leurs droits dans cette occurrence majeure. Nous vous engageons h nous donner confidentiellement votre opinion à cet égard. Nous la croirons bonne lorsqu'elle sera fondée en justice^ et elle ne sera fondée en justice que lorsqu'elle sera complètement favorable aux intérêts de la grande majorité des habitants du pays. Vous connaissez

Page 1