A M. LUTTEROTH
formeraient des Grecs à leur école , et en peu de temps les ouvriers de cet atelier pourraient être destinés à d'autres travaux, tels que la confection de chars et autres constructions semblables. Si parmi les ouvriers il y avait un homme assez intelligent pour montrer aux Grecs la manière de se servir de la charrue belge, mes. vœux seraient au comble. Quant aux conditions auxquelles il serait possible d'engager ces ouvriers , je vous laisse carte blanche.
Vous me demandez aussi des notions positives sur la banque elle-même. Les seules qu'il soit en mon pouvoir de vous donner se trouvent dans le petit règlement qui est déjà sous vos yeux. J'ajouterai une notion de fait,, qui vaut mieux à mon sens qu'un volume de règlements. Malgré la détresse de nos finances , la banque a. rendu très-exactement à échéance aux actionnaires qui: ont voulu se retirer, les fonds qu'ils y avaient placés et les intérêts qui leur étaient dus. Elle a rendu jusqu'ici environ 30,000 talaris. Cette institution, est à peine ébauchée. Envoyez-moi des hommes, capables de la régler dans les principes. qu'on suit ailleurs avec succès, et elle le sera. Nous lui donnerons, alors, s'il le faut, une nouvelle garantie, celle des domaines nationaux.. Cette garantie se troave déjà énoncée dans les règlements existants.
Veuillez, Monsieur^ continuer à ce pays l'intérêt que vous lui portez; donnez-nous de vos nouvelles, et faitesmieux, apportez- les-nous vous-même..
168 DE NAUPLiE. JtlN 1829.
'€€ {Û6^nde<t ^n^n^^/eUe/!
26 mai Nauplie^ , . . 1829.
^ 7 juin
M. Tzounis vient d'achever sa tourne'e sur les côtes de la péninsule , et il nous a communiqué le résultat de son inspection.
Les rapports et les documents qu*il a mis sous nos yeux , et que nous vous transmettons par les présentes , prouvent deux vérités^ Tune plus incontestable que l'autre, La première, que l'administration des revenus publics était confiée en grande partie à des employés dont l'immoralité égalait l'incapacitéi. La seconde, qu'aucune mesure n'a plus répondu à l'attente du gouvernement, que ceUe par laqueUe les agents subalternes des finances oi^t été soumis, à une inspection extraordinaire..
Nous regrettons de n'avoir pas assez de temps à notre disposition , pour nous occuper nous-mêmes à examiner dans leur plus, grand détail les rapports de M. Tzounis. Nous confions cette tâche importante à un des membres de la commission des finances et aux trois secrétaires du Panhellénium.. Nous les engageons à prendre en considération ce compte-rendu, et à nous en faire un rapport.
M. Tzounis continuera sa tournée , et rendra encore des services importants à Tétat.
AU CHEVALIER MUSTOXIDIS. 169
^ ,. 26 mai ^^^^ Nauplie, , . , 1829.
*^ 7 juin
S. M. l'empereur de Russie a fait ordonner à M. le chevalier Naranzi d'employer 1,200 ducats pour acheter dea livres d'église au bénéfice de la Grèce. . M. Naranzi me mande en avoir employé déjà 500 pour Tachât de quatre collections complètes de ces livres, et me demande des directions quant à l'emploi de 700 qui restent. Je lui écris aujourd'hui de prendre vos conseils sur l'emploi de cette somme, que je désire destiner à l'achat de livres à l'usage des écoles élémentaires.
. Ce qu'il nous faudrait, ce serait quelques exemplaires de livres bien écrits et bien imprimés, pour que les élèves puissent faire leurs exercices, tant pour la lecture que pour les premiers éléments de la grammaire. Veuillez vous occuper du choix de ces livres, et engagez M. Naranzi à nous les envoyer le plus tôt qu'il pourra, conjointement avec les livres d'église qu'il a déjà achetés depuis l'année dernière.
. ,. 27 mai Nauphe, -— r-r- 1829.
^ 8 juin
M. de Ribeaupierre m*a transmis vos lettres du 29 avril et du 5 mai. J'aime à espérer que ces lignes vous trouveront de'jà à Paris; je vous les envoie également par son obligeante entremise. Vous devez avoir reçu à cette heure la lettre que je vous ai envoyée par M. Gosse, et celle que je vous ai adressée par M. Lutteroth , secrétaire du maréchal Maison. Dans la vie errante que je mène, et accablé comme je suis de travail, il m'est impossible d'avoir avec moi les archives, et souvent de faire tenir copie de ma correspondance. Ne vous étonnez donc pas, si je ne vous envoie pas les duplicata des lettres que j'ai citées plus haut.
Tout ce que j'ai appris ces jours me fait croire que la grande affaire de l'emprunt ne finira pas en paroles, comme beaucoup d'autres, et dans cette supposition je suis impatient de vous savoir à Paris. On dit que les deux ambassadeurs sont déjà à Constantinople. Nous attendons le résultat de leurs démarches; mais d'un autre côté nous remplirons aussi notre devoir, en comptant toujours sur la Providence. Elle ne nous abandonnera pas, et fort de celte conviction, je fais tout ce qui peut dépendre de moi pour réunir enfin un congrès national. Les provinces invitées à envoyer leurs
AU CHEVALIER MATSAROYITGH. 171
plénipotentiaires pour le 15 mai, m'ont repondu en me conférant leurs pleins pouvoirs. Je viens de leur te'moigner ma gratitude ; mais je leur demande une seconde fois leurs repre'sentants , et j'espère que vers la fin du mois de juin ils s'assembleront enfin à Ârgos.
J'enverrai sous peu de jours les enfants de Miaoulis et de Sactouris à Munich, et à cette occasion je mettrai aux pieds du roi de Bavière l'hommage de ma reconnaissance pour tous les bienfaits dont il comble ce pays. Le bon et excellent colonel Heideck a besoin en effet de sortir d'ici pour sa santë; elle dëpërit tous les jours, et je n'ai pas le courage de l'engager à rester en Grèce plus longtemps. Une fois re'tabli il pourra revenir.
S^ K^m, -^ {^netiauey^ fy^a/daio4ji4^cA,.
28 mai
Nauplie, , . . 1829.
^ 9 juin
Vous avez gi*andement raison de vous plaindre du long et e'ternel silence que j'ai garde' envers vous. Mais je n'ai pas tort, si la vie d'enfer à laquelle je suis condamne depuis vingt mois, ne me laisse guère le temps de songer à mes propres affaires.
Votre dernière lettre est du mois de juin de l'année dernière. Je suis touche' de votre souvenir cordial; j'aime à espe'rer que vous ne doutez pas du retour sincère dont je vous paie.
172 DE NAUPLll* JUIN 1829.
Je ne vous parle pas des misères et des désagréments qui m'environnent et qui m'accablent. Je tâche de ne pas perdre courage. Jusqu'à présent j'y ai réussi. Il en sera de même par la suite, parce que je puise mes forces dans ma confiance en Dieu et dans la pureté de mes intentions.
Lorsqu'on a vieilli , on ne change plus. Je marcherai donc sur ma ligne, n'importe les obstacles. Elle est droite, et par cela même la plus courte, et ne peut que mener au port de salut; celui qu'on peut atteindre avec une conscience nette est le meilleur de tous.
Si vous écrivez à Ydme antique^ dites-lui mille choses de ma part.
Vivez heureux , mon cher Matsarovitch , au sein de votre aimable et bonne famille. Pensez quelquefois à moi ; il n'est pas dit que nous ne nous reverrons point encore quelque part.
Pourquoi pas dans une île solitaire de ce bel Archipel ?
li^ cx^. ^ ^am^e cz^i^Moi^'j c^ed^c/e^/ de
29 mai Nauphe. ;: — ;— r 1829.
^ 10 juin
Noj^s regrettons que Tétat de votre santé vous ait obligé à solliciter 'de S. M. I. la permission de rentrer
A M. N. CAURGIS. 173
en Russie. Nos regrets sont, s'il se peut, plus profonds et plus vife en vous voyant quitter la Grèce dans ce moment. Nous aimons à espérer. Monsieur le comte, que vous continuerez à lui porter F intérêt dont vous lui avez donne des preuves si nombreuses et si touchantes. Vous y mettrez le comble en portant aux pieds de S. M. I. l'hommage de sa reconnaissance et l'expression des vœux qu'elle forme pour que S. M. I., conjointement avec ses augustes allies, daigne achever l'œuvre de salut qui fait l'objet de leurs généreux eflForts.
M. le gentilhomme de la chambre, le comte de Panin, en vous remplaçant. Monsieur le comte, justifiera la confiance dont l'honore S. M. I. Les relations que nous avons eu occasion d'entretenir avec M. de Panin dans d'autres temps, et depuis son arrive'e en Grèce, lui donnent déjà de pleins droits à la nôtre.
En notre particulier nous vous remercions, Monsieur le comte , de l'opinion que vous voulez bien e'mettre en faveur du gouvernement provisoire actuel.
-, ,. 30 mai .^^^ Nauplie, ,, . . 1829.
^ 11 juin
Je réponds à vos lettres du 26 et du 27 du courant. Je suis bien aise de vous voir assez pénétre' de l'esprit dans
lequel sont conçues et rédigées les directions que vous avez reçues, ainsi que vos collègues, relativement à l'élection des plénipotentiaires. Vous vous y conformerez donc avec une religieuse exactitude, et les résultats répondront complètement à mon attente.
Je n'ignore pas tout le mouvement que se donnent les hommes qui aiment à faire preuve de dévouement dans cette grave circonstance. Chacun d'eux me comprend et m'explique à sa manière , et dans les meilleures intentions du monde il fait peut-être plus de mal que de bien. J'ai fait et je ferai tout ce qui peut dépendre de moi pour que personne ne se charge des intérêts de l'état que lorsqu'il y est appelé par ses devoirs; mais je ne me flatte pas de pouvoir réussir au point, de faire cesser les écrivailleries et les commentaires. C'est une maladie comme une autre, et malheureusement les Grecs ne sont pas placés de manière à en être guéris facilement. Je vous sais gré au reste des informations que vous me donnez à cet égard, et j'en ferai le meilleur usage possible.
Quelque pures que soient les intentions dans lesquelles vous avez conçu l'idée de mettre les élections des plénipotentiaires des différents départements sous la sauvegarde des commissaires extraordinaires et des gouverneurs provisoires , une mesure semblable serait considérée comme un acte par lequel le gouvernement voudrait influencer ou enchaîner la conscience et les suffrages des députés. En Vadoptant , je ferai croire et