‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 26 sur 65 · AUX ÉLECTEURS DE SIPHNOS · texte numérisé non relu

AUX ÉLECTEURS DE SIPHNOS

en Grèce et à l'e'tranger que je redoute la puissance du congrès, et que je prends des précautions pour l'asservir à mes volonte's. Or je ne la redoute pas, parce que je n'ai pas de volontés. Ce que j'ai, c'est le sentiment profond de la pureté de mes intentions et de la droiture de ma conduite.

La nation en jugera; le petit nombre d'intrigants qui prétendent se mettre à sa place en jugeront aussi, et la Providence fera le reste. Bornez-vous donc à ne négliger aucun soin, afin qu'on choisisse des citoyens qui jouissent à juste titre de la confiance de leur pays. Je ne demande pas davantage. Je joins ici la réponse que j'adresse aux électeurs de Siphnos. Vous la leur accompagnerez , en leur recommandant vous-même ce que je leur recommande.

,. 30 mai ^ Nauplie, ^ . . 1829.

11 juin

La lettre que vous m'avez adressée en date du 13 mai m'annonce que le choix que le gouvernement a fait du président de votre collège n'a pas répondu à votre attente.

Xattache du prix à vous savoir tous également satisfaits, et à suivre en toute chose la plus stricte justice; je ne crois pas m'en être écarté dans le choix dont il s'agit,

si toutes les informations que j'ai eu le soin de recueillir sont conformes à la vérité. Au reste les fonctions auxquelles le président du collège des électeurs est appelé, n'exigent de sa part que de l'intégrité et de l'exactitude. Je vous remercie des pleins pouvoirs que vous m'envoyez; mais vous connaîtrez à cette heure que ce sont des plénipotentiaires, et non des pleins pouvoirs, que je vous demande. Choisissez-les de manière à justifier la confiance de vos compatriotes ; vous aurez alors des titres à la reconnaissance de la nation et à l'estime de son gouvernement.

-, ,. 30 mai ^^^^

^ 11 JUID

J*ai reçu votre lettre du 28 , et je n'ignore pas les détails concernant les plénipotentiaires élus à Tripolitza et les instructions dont ils sont munis.

Je regrette que beaucoup de personnes se mêlent d'affaires qui dans le fond ne les regardent pas. Quels que soient les sentiments qui les animent en faveur du pays , elles peuvent faire des vœux pour son bonheur, mais elles doivent s'arrêter là. Que les plénipotentiaires aient ou n'aient pas d'instructions, peu importe, pourvu que ces hommes soient honnêtes, et revêtus de la con-

fiance du peuple. A défaut de ces qualités essentielles, de quelle utilité pour le salut du pays peuvent être des instructions? On se trompe, et Ton se trompe lourdement, si Ton me suppose dans cette circonstance, comme dans toute autre, des arrière - pensées ou un projet quelconque qui me soit personnel. Si le congrès national veut de mes propositions, elles seront faites sous la sauvegarde de la publicité. La nation Grecque et le monde en jugeront.

Cest dans ce sens que je vous engage à vous expliquer envers tous ceux qui voudront vous consulter sur la question de savoir si les plénipotentiaires doivent avoir des instructions, et lesquelles. Qu'on laisse agir librement chacun comme il Tentend. S'il y a des hommes de bien dans le pays, ils n'ont qu'à faire leur devoir. Le reste sera comme il plaira à Dieu.

M. Rados vous enverra la pre'sente. Il vous dira aussi ce que je pense en mon particulier quant au traitement des plénipotentiaires. S'ils veulent être paye's, ils seront, non pas les hommes de la nation , mais de celui qui les paie. Dans aucun pays du monde il n'est alloue de traitement aux de'pute's plénipotentiaires d'un congrès.

Nauplie> —- juin 1829.

Je réponds à votre lettre du 3 mai que je n'ai reçue qu'avant-hier. Si ce n'est pas la fisiute de votre secrétaire en marquant la date, j'ignore pourquoi elle m'arrive si tard. C'est M. Métaxas qui me l'envoie d'Egine. Vous me demandez des conseils pour des arrangements déjà faits. Il est connu que vous vous êtes accordé avec MM. Déligianis et Coliopoulos pour obtenir la ferme de Cariténa aux meilleures conditions possibles. Je n'aurais rien à redire à tout cela, si l'intérêt de l'état n'était un de mes premiers devoirs.

En ce qui concerne l'alliance de famille que vous vous proposez de conclure avec M. Déligianis, je n'y vois que du bien, parce que ce n'est ni par la division ni par la discorde entre citoyens que la tranquillité et l'ordre peuvent s'établir. Mais ni cette alliance ni aucune autre ne peuvent changer l'opinion que j'ai dû malheureusement former des hommes dont la conduite a été et se trouve être très-répréhensible. Vous me parlez de repentir; je le désire bien, mais ce n'est pas sur des paroles que je dois fonder mon jugement. Il y a vingt mois qui déposent contre certains hommes : il faut qu'au moins vingt mois déposent pour; alors je les croirai.

AU GOMMISS. EXTRAOKD. DES 8P0RADES OGCID. 179

Ce que je viens de vous dire avec une entière franchise vous prouvera, j'espère, que je ne renonce pas à l'opinion que j'ai de votre bon jugement et de h droiture de vos intentions.

Nauplie, —juin 1829.

Le projet de règlement pour Torphanotrophe, ainsi que Te'tat des employe's et de leur traitement, vous arriveraient aujourd'hui avec une approbation formelle, si l'ensemble de ce projet ne manquait de l'ordonnance relative à l'école normale. On voit que les élèves de l'orphanotrophe y prennent part; mais il n'est pas parle des externes, ni des élèves qui peuvent arriver des écoles d'enseignement mutuel des provinces.

A cette addition je de'sire qu'on en fasse une autre , pour marquer d'abord les maîtres qui donneront des leçons, les heures et les jours dans lesquels ces leçons seront données. Cette école doit embrasser au moins deux classes, parce qu'il faut supposer que les externes et ceux qui y seront admis pour devenir des maîtres, seront en état de recevoir des leçons de la seconde période.

Veuillez proposer à la commission de s'occuper de ces

additions, et renvoyez-moi tout le règlement, pour qu'il soit approuve' et mis à exécution.

Nauplie, — juin 1829.

Les ouvertures que les Liappis* vous font parvenir par l'intermédiaire du chef de votre garde sont d'un grand intérêt, et méritent une mûre et profonde méditation. Il m'est impossible pour le moment de vous donner des instructions positives, et de vous autoriser à entrer en négociation avec les braves primats de la Liappuria. Le chef de votre garde pourra néanmoins écrire à son père que les propositions ont été portées à la connaissance du gouvernement, et qu'il ne manquera pas de lui faire savoir le plus tôt possible les réponses que celuici jugera pouvoir donner. Il se peut que les ouvertures dont il s'agit aient pour but de compromettre le gouvernement grec. On l'accuserait de vouloir remuer l'Albanie, et pour donner du crédit à cette accusation, on cherche peut-être des documents et des preuves. Veuillez donc être sur vos gardes , et ne négligez pas les précautions qui sont nécessaires pour ne pas donner dans le piège, si piège il y a.

* Peuplade albanaise.

AL STRATARQUE YPSILANTIS. 181

Nauplie, — juin 1829.

Les observations que vous adressez au gouvernement par vos dépêches du 2 du courant, ainsi que la demande du secours en troupes, en vivres et en munitions, étaient parvenues à notre connaissance par les dépêches du lieutenant plénipotentiaire en date du 5. Le retard qu'a éprouvé Tenvoi des renforts qu'il vous avait destinés, tient au désordre que de mauvais esprits ont fait prévaloir dans diflférents corps de l'armée.

Le lieutenant plénipotentiaire a fait tout ce qui pouvait dépendre de lui pour accélérer l'expédition de la cavalerie ; à cette heure elle est à sa destination. Il a de même réitéré les ordres les plus pressants pour vous faire arriver une cliiliarchie. Je viens de lui écrire de vous envoyer des renforts ultérieurs; et n'en doutez pas, il s'acquittera avec zèle et sollicitude de cette tâche.

Je déptore comme vous, et plus que vous, le peu de prévoyance du commissariat. Les munitions de guerre auraient dû être préparées pour l'usage de l'armée, et elles ne le sont pas. On y remédiera le mieux possible; on enverra, par le bâtiment chargé de vivres qui va mettre à la voile pourTalandi, toutes les cartouches prêtes dont on pourra disposer ici. On vous enverra aussi à SaJamine de la poudre^ du plomb et du papier,

pour qu'on en confectionne. Je rëitère aujourd'hui des ordres très-seVères au commissariat sur tous ces points ; je ne puis pas faire davantage.

Je ne doute pas que dans la situation difficile oîi vous vous trouvez, vous ne fassiez preuve de fermeté' et de persévérance. Les forces de Tennemi ne peuvent pas être considérables. Toutes les notions que nous avons nous portent à être persuade's qu'il n'y a tous ses ordres qu'à peine 1,500 ou 2,000 hommes. On prétend que ses efforts pour en amener un plus grand nombre ont ëchoue\ Néanmoins il ne faut pas le mépriser; et vous ferez bien de prendre toutes les mesures les plus énergiques pour déjouer ses plans, pour garder vos positions, et pour préserver d'une irruption les provinces délivrées.

Nauplie, — juin 1829.

Sire, Votre Majeaté daigne accorder à la Grèce de nouveaux gages de sa bienveillapce auguste , en honorant de sa bienfaisante protection les enfants de deux de ses plus illustres citoyens, l'amiral Miaoulis et le vice-amiral Sactouris. Ces enfants viennent , Sire , déposer à vos pieds l'hommage de la reconnaissance, non-seulement de leurs familles , mais de la Grèce tout

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