À M. DÉMÉTRIUS BOTZARIS
entière* Permettez - moi , Sire, d'y joindre le mien. J'ai des actions de grâces très -respectueuses à rendre à Votre Majesté' de la lettre qu'elle s'est plu à m' écrire dltalie. Je regrette infiniment que la santë du colonel Heideck lui impose la nécessite d'aller chercher hors de la Grèce son rétablissement. C'est par le colonel que je prendrai la liberté d'entretenir Votre Majesté de notre situation , et des vœux que je ne cesserai de former pour qu'il vous plaise , Sire , de nous continuer votre protection.
Nauplie, -- juin 1821.
J'ai reçu avec plaisir votre dernière lettre^ et je vous envoie la présente par les jeunes Miaoulisi et Sactouris. Plus tard vous serez en plus.grande compagnie ^ je vous enverrai votre cousin , et deu^ ou trois autres de vos compatriotes. Vous êtes assez avancé dans vos études pour leur servir de modèle et pour les aider. Les informations que je reçois sur votre compte me font beaucoup de plaisir, et comblent de joie votre mère et vos oncles* Continuez donc à faire des progrès, et. devenez ainsi un citoyen utile.
184 DK NÂUPUE. JUIN 1829.
Nauplie, — juin 1829.
Si quelque chose pouvait ajouter à la douleur que nous fait éprouver la situation de votre patrie, ce serait assurément les plaintes et les dent^ndes que vous nous adressez, et plus encore leurs déplorables motifs.
Voua paraissez peq d'accord avec vos compatriotes des autres provinces, peu disposés à vous laisser diriger par le conseil, et epiin peu satisfaits de l'assistance que l'agent du gouvernement grec. M, Hane , tâche de vous donner, afin de maintenir Tordre et la tranquillité intérieure, et de vous ménager ainsi l'espoir d'un meilleur avenir.
Quoique nous n'ayons jusqu'ici aucune information officielle sur l'objet de vos plaintes, ni de la part du conseil de Candie, ni de celle de M. Hane, néanmoins nous leur adressons aujourd'hui nos observations sur vos demandes, et nous les engageons à faire tous leurs effort^ pour rétablir la concorde et l'union parmi vous. Nous vous engageons aussi d'y concourir en remplissant à l'égard de vous-mêmes et de votre patrie commune avec bonne foi et zèle les. devqirs qui vous concernent.
AU GÉIfÉAÂL SCHNEIDER. 185
Délivrez- VOUS des coupables; rendez-les à la justice publique. Vous n^ignorez pas les dangers imminents auxquels sont exposes les hommes accuses de piraterie. Croyez que les mêmes dangers existent encore, et sachez que votre conduite peut les aggraver de manière à ce qu'aucune intervention de notre part en votre faveur ne soit plus possible, et que lors même qu'elle serait possible, elle ne vous serait plus d'aucune utilité'. Nous vous le répétons avec une douleur inexprimable : l'avenir de votre patrie sera plus que jamais en danger, si vous continuez à donner le spectacle affligeant de la guerre civile et de la discorde.
Nauplie, — juin 1829.
Je profite de Toccasion que m'ofifre l'obligeance de M. le général Trézel, pour avoir l'honneur de vous remercier de votre lettre du 7 (19). Elle m'arrive au moment oîi le général se pro|>ose de continuer son voyage.
Les observations que vous voulez bien me faire relativement à M. Mavros, seront sous peu mises au profit du service public. On me dit qu'il a été nommé par son pays natal député au congrès. Il sera donc remplacé, et je tâcherai d'être plus heureux dans le choix de son successeur. Je vous le répète encore , Monsieur le géné^
186 DE NAUPL1£. JUIN 1829.
rai, toutes les observations que vous voudrez bien m'adresser sur Tétat des affaires, et sur la conduite des employe's dans les provinces où se trquve votre armée, seront considérées par moi comme de nouveaux gages des nobles sentiments qui vous animent en faveur de la Grèce, et en mon particulier je vous en serai très -reconnaissant.
Je partage entièrement le point de vue élevé, sous lequel vous avez envisagé , Monsieur le général , notre position en Roumélie. Les ordres que j*ai donnés du moment que j'ai connu Tacte du 22 mars, sont conçus dans votre pensée, car elle est la mienne. Les troupes grecques n'ont qu'à garder leurs positions et s'abstenir de tout mouvement offensif quelconque. Le fait est que dans la Grèce orientale les Turcs sous la conduite du Sélictar Podda tachent de déplacer nos troupes, pour se ménager la libre communication avec l'Âttique et la garnison d'Athènes , et les nôtres se défendent. Telle est la vérité pure et simple; et à tout événement je pourrai en offrir les preuves les plus incontestables.
Je vois avec infiniment de regret que M. le colonel Mauguin est retenu à Patras à cause de sa santé. Ce retard me contrarie au delà de toute expression ; cependant je m'y résigne, dans l'espoir que dans le courant de ces jours le colonel Mauguin sera en état de nous arriver à Nauplie. Dans le cas contraire , je vous supplie d'y trouver remède; car le colonel Heideck est si
souffrant qu'il ne peut plus s'occuper du corps régulier; et avec la meilleure volonté du monde, je ne puis pas me mettre à sa place pour cette foule de détails, desquels dépend, je ne dirai pas le succès, mais la possibilité de l'organisation de ce corps.
J'étais sur le point de garder ici le général Trézel, et de l'engager à m'aider dans l'attente de l'arrivée de M. Mauguin ou de vos nouvelles dispositions. Je n'ai pas osé insister, car les raisons qu*il m'a données n'admettent pas de réplique. Il est cependant si bienveillant pour nous, qu'il ne refusera pas d'accepter les fonctions auxquelles j*appelle de tous mes vœux le colonel Mauguin , si la santé de cet officier s'oppose plus longtemps à ce qu'il puisse s'en charger lui-même.
Je ne saurais assez vous exprimer. Monsieur le général, la reconnaissance que m'inspirent les bonnes dispositions du général Trézel. Il dépend désormais de vous de les utiliser, le cas échéant , au bénéfice de la Grèce. Veuillez accélérer autant que possible la décision de cette affaire majeure.
M. le colonel Pauzié est nommé inspecteur du personnel et du matériel de notre artillerie. Les explications que je viens d'avoir avec lui me font espérer que cette mesure aura les résultats les plus satisfieiisants. Si M, Gamot se donnait la peine d'arriver ici, dans peu d'instants nous réglerions ensemble la partie qui concerne le service du génie. Le général Trézel, avec lequel j'ai eu plus d'un entretien, vous dira que rien ne
me tient tant à cœur que de voir enfin dans de bonnes mains l'œuvre aussi difficile que vitale de Torganisation du corps régulier.
Nauplie, — juiu 1829.
C'est avec infiniment de reconnaissance que je reçois les informations que vous m'avez fait l'honneur de me transmettre par votre office du 6 (18) du courant relativement aux démarches que le ministère impérial a faites et poursuit encore, afin d'obtenir la réalisation d'un legs de M. Zoé Zossimas en faveur de la Grèce.
Il m'est cependant bien pénible d'apprendre que les effijrts du ministère n'ont produit jusqu'ici aucun résultat satisfaisant, et que vu le dérangement total de la fortune du del)iteur, il lui sera impossible d'acquitter les deux traites pour la valeur de 100,000 roubles qui constituent le don fait par feu M. Zossimas à sa patrie. Cette somme aurait fourni au gouvernement grec le moyen de fonder et d'organiser une dixaine d'écoles d'enseignement mutuel, et de prêter quelque secoui-s aux nombreux orphelins qui, livrés au dénuement le plus complet, implorent son assistance. Dans un moment oii les faibles ressources de l'état ne lui permettent point
de destiner des sommes considérables à cette partie essentielle de la régénération du peuple Grec, il aurait rempli avec la plus grande utilité pour le pays les nobles intentions du légataire.
Les assurances néanmoins que vous me donnez, Monsieur le comte , m'encouragent à espérer que dans sa bienveillance le ministère impérial voudra bien continuer ses instances auprès de M"*' Zoucikofifeky, pour obtenir le paiement soit total soit partiel des deux lettres de change mentionnées ci-dessus. Mais si ses démarches pour faire avec les débiteurs un arrangement à Tamiable étaient infructueuses, et que M. Zossimas, frère du légataire, fut obligé de recourir aux voies judiciaires pour les contraindre au paiement de leur dette, j'aime à espérer que le ministère emploiera tous les moyens en son pouvoir pour engager les tribunaux saisis de cette affaire d'en hâter autant que possible la décision.
Vous êtes prié. Monsieur le comte, de porter à la connaissance du ministère impérial le vœu que je viens d'exprimer ici.
Nauplie, ôô J"'" 1829.
Le capitaine Carpoflfest envoyé' dans FArchipel pour engager les anciens soldats du corps régulier à reprendre du service dans la ligne , et pour engager aussi des jeunes gens bien constitue's et de bonnes moeurs à se vouer à ce service.
L'organisation du corps régulier étant sous beaucoup de rapports améliorée, le sort du soldat étant assuré et aussi avantageux que possible, M. Carpoff n'aurait dû trouver aucune difficulté à envoyer au dépôt de Nauplie un nombre considérable de vieux et de jeunes soldats. Il en est autrement, et nous vous recommandons de ne négliger aucun effort de votre part pour faciliter le succès du recrutement. Faites la même recommandation de notre part aux démogérontes et aux notables du pays, et faites-leur bien comprendre qu'au succès complet de l'organisation militaire se rattachent les plus grands intérêts de l'état.
Si ce second essai de recrutement volontaire ne réussit pas à }fà. satisfaction du gouvernement, si dans sa tournée M. Carpofif ne peut envoyer aux dépôts 4 ou 500 bonnes recrues, le gouvernement sera obligé d'avoir recours à l'exécution de la loi de conscription.