‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 28 sur 65 · A M. LESSEPS · texte numérisé non relu

A M. LESSEPS

Nous ne pensons pas que les habitants de l'Archipel y voient un avantage. Nous vous recommandons encore une fois d'appuyer de tous vos soins et de tous vos efforts le capitaine Carpoff,

Naup1ie> -- juin 1829.

J*ai reçu à temps la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'e'crire par M, Carvellas , fils de Teccle'siastique qui pre'side à Tunis au rite grec.

Je suis très-sensible à votre aimable et bon souvenir, et je ne saurais assez vous exprimer toute la reconnaissance que je vous dois , pour le bien que vous avez fait aux Grecs, qui, grâce à votre intervention jouissent de leur liberté' au sein de leurs familles. Vous ne doutez pas, j'espère , de l'empressement avec lequel je tacherai de payer ma dette envers vous , du moment que l'occasion favorable s'en pre'sentera. Veuillez aussi croire que je ferai tout ce qui peut de'pendre de moi pour procurer au jeune Carvellas ce qu il de'sire, puisque votre recommandation lui donne des droits à tout mon intérêt.

S^ m ^emoaeio^^e ae t3^^^^

Naupiie, — - juin 1829.

Nous venons de recevoir votre lettre du 7, et nous déplorons les scènes scandaleuses dont vous nous rendez compte. Trois citoyens de la classe du peuple nous ont aussi apporté une requête accompagnée de nombreuses signatures légalisées par vous, non plus en votre qualité de démogérontes, mais dans celle de primats.

Il nous est impossible de vous exprimer toute la peine que nous font éprouver ces égarements et leurs motifs. L'esprit de parti qui domine quelques-uns des primats pousse le peuple à ces mouvements, et les députés nous Tout avoué de la manière la plus sincère et la plus touchante.

Le commissaire extraordinaire a déjà reçu Tordre de vous faire connaître comment nous jugeons les mouvements du 3, et quels sont les remèdes qu'il est encore en votre pouvoir d'apporter, afin que ces scandales ne fassent plus tort aux véritables intérêts de votre île. Nous disons qu'il est encore en votre pouvoir d'apporter ces remèdes , parce que de toute autre manière les remèdes eux-mêmes vous feraient plus de mal que de bien dans l'opinion de la Grèce, et plus encore dans l'opinion de l'étranger.

Vous devez donc vous réconcilier avec vos adversai-

AU STRAT ARQUE YP9ILANT1S. 193

rcs, VOUS devez voiis entendre avec eux, pour établir de bonne foi Tordre et la tranquillité intérieure. Dans le cas contraire, le gouvernement sera forcé d'ordonner au tribunal de première instance de chercher dans une autre île du département une résidence, où sa dignité et Texercice de ses fonctions ne soient plus compromis.

Le gouvernement prendra encore d'autres mesures. Il vous abandonnera le soin tout entier de vos affaires ; il ne se mêlera d'aucune, et les conséquences et la responsabilité d'un pareil état de choses pèseront sur les citoyens qui ont le plus à perdre.

Nauplie, — juin 1829.

J'ai reçu vos rapports en date du. ... et je m'empresse de vous faire parvenir les directions que vous sollicitez, attendu que je doute que le lieutenant plénipotentiaire puisse vous les donner. Vos communications doivent l'avoir trouvé sur son départ, sa santé ne lui permettant pas de rester plus longtemps à Lépante.

J'ai appris avec satisfaction les succès qu'ont eus les troupes qui sont sous vôtre commandement, et je vous en félicite.

Je partage complètement avec vous l'opinion qu'une

diversion dans Tile d'Eubée vous ménagerait le moyen de garantir aux populations que couvre votre ligne militaire, leur sécurité et la récolte actuelle. Mais dans un moment où le gouvernement grec est invité par les Puissances alliées, pour la seconde fois et de la manière la plus sérieuse, à rappeler ses troupes de la Grèce continentale, au moment où par des soins suivis il peut à peine conserver Fespoir que les Puissances s'arrêteront à ces seules invitations, il ne peut, sans encourir une grave responsabilité, autoriser une expédition qui aurait le caractère d'un mouvement offensif. Les plus grands intérêts seraient compromis, par le fait seul qu'on attribuerait au gouvernement grec le dessein de suivre un système politique qui serait improuvé par les Puissances alliées. C'est donc pour ne pas donner prise à une semblable supposition de la part des Puissances, c'est, nous le répétons, pour ne pas faire encourir à la nation la responsabilité des conséquences qui pourraient en résulter, que je suis dans la pénible nécessité de ne consentir pour le moment à aucune opération qu'on pourrait considérer comme offensive. L'armée doit se borner à garder ses positions et à les défendre. Il se peut que les circonstances du dehors deviennent plus favorables ; et dans ce cas je ne tarderai pas à vous donner de nouvelles informations.

L'affaire de Hadji Christos n'en est pas une; le gouvernement n'a jamais eu l'intention de faire sortir sa famille de la maison qu'elle occupe, sans se charger

Au STRATARQUE VPSILÀNTIS. 195

de lui procurer un autre logement, et c'est ce que j'ai fait dire par le commandant de la place à M""* Hadji Christos. Je réponds en deux mois à ce brave hipparqUe, et je l'engage a se tranquilliser sur ce point.

Je vous fais observer à cette occasion que l'on tâche de toute manière de de'moraliser l'armée et de la mutiner. Ces essais ont réussi à Lépante. J'attends des informations détaillées sur ce qui s'est passé, pour prendre une mesure décisive. J'aime à espérer que vous veillerez attentivement sur les troupes que vous commandez, afin de les préserver de la contagion. Elle nous vient du dehors ; mais elle ne manque pas de quelques sources dans l'intérieur. Le prétexte de la mutinerie de la garnison de Lépante est la prétention de recevoir immédiatement toute la solde arriérée. Je vais examiner ce qu'il y aura à faire ; mais en attendant, je vous engage à convaincre les chefs et les soldats d'une vérité qui est incontestable , savoir que le gouvernement actuel a fait pour eux, depuis qu'il a la direction des affaires, plus qu'aucun autre gouvernement n'a pu faire dans l'espace de huit années; qu'il fera plus encore; que leur solde leur sera payée aux époques et dans les formes que les moyens financiers pourront lui permettre ; enfin qu'il leur assurera un sort, du moment que leur conduite légitimera les mesures qu'il devra prendre à cet effet.

Nauplie> -- juin 1829.

Je viens de recevoir les lettres que Votre Excellence m'a fait Thonneur de m'ëcrire en date du 28 juin.

Je les reçois au moment oii le paquebot à vapeur est déjà parti pour Modon , portant à son bord le payeur du corps régulier, avec les quittances pour le subside du mois de juin.

Cependant M. de Saint-Martin vient de me dire, que Monsieur l'intendant de votre armée le preVient qu*il ne se trouve pas en fonds pour payer à échéance le subside susmentionne\ Cette re've'lation me paraît inconcevable, attendu qu'il y a six semaines on n'a pas élevé de difficultés sur le paiement de ce troisième subside, en alléguant le manque de fonds, mais bien la nécessité d'attendre l'expiration complète du mois. J'en appelle, Monsieur le général, sur ce fait à votre propre témoignage, et je vous laisse juger l'effet moral que produirait le retour du paquebot à vapeur sans le subside du mois de juin.

Pour continuer le récit des embarras dont on m'environne, peut-être très-involontairement, je vous dirai , Monsieur le général , que les lettres de Paris du 24 mai m'annonçaient de la manière la plus positive que M. le baron de Rouen nous apporterait les subsides ar-

AU GENERAL SCUNEIDFR. 197

riérës que dans sa générosité le roi de France accordait à la Grèce. M. de Rouen est enfin arrivé. J'ai eu l'honneur de le Toir ici; et en me parlant des subsides, il m'a assuré avoir déposé à Modon 500, QQO francs ; mais que par une méprise de je ne sais quel ministère , l'ordonnance par laquelle cette somme pourrait être livrée au gouvernement grec n'était pas encore arrivée, et qu'il ne pourrait par conséquent me faire remettre cette somme qu'à son retour de G>nstantinQple, où il va se rendre.

D'une autre part, les hommes qui veulent arriver à leurs fins par le désordre (et malheureusement il y en a dans ce pays de toute espèce et couleur ) , ont porté quelques-unes des chiliarchies, et notamment celles qui sont à Lépante, ^ réclamer le paiement immédiat dç tous leurs arrérages, c'^st-à-dire 250 à 300,000 talaris. On a persuadé à ces malheureux, que si ce n'est pas le gouvernement qui leur donne cet argent , d'autres, le leur donneront en temps et lieu.

Je m'arrête ici , et je ne vous fatiguerai pas, Monsieui* le général, de plus longs détails sur ce concours de circonstances fâcheuses. Je n'ai pas fait cette grâce à M. de Rouen. Il se rend à Constantinople : je devais donc lui faire connaître au juste l'état des choses, et remplir ainsi en honneur et conscience les devoirs du gouvernement grec, tant envers ce pays qu'envers les Puissances qui T honorent de leur protection.

Je reviens à la question dju subside du mois de ^uln,

et je prie Votre Excellence de la trancher, de manière a ce que le service du corps re'gulier ne soit pas paralysé.

Je vous remercie infiniment, Monsieur le général , de Tintérêt bienveillant qu'il vous plaît de prendre à U tranquillité du pays et à ma sûreté personnelle. Je me trompe peut-rêtre, mais jç crois, que ni Tune ni l'autre ne sont en péril , malgré tous les efforts qu'on fait pour porter quelques malheureux à devenir les instruments de leur propre perte. Quoi qu'il en soit de mon opinion à cet égard, si les faits me prouvaient que le mouvement de vos troupes fut nécessaire, je m'empresserais d'avoir recours à votre généreuse assistance.

J'espère que la santé de M. Mauguin sera bientôt rétablie, et que j'aurai la satisfaction de le voir ici dans peu de jours.

Nauplîe, ili?|^ 1829.

^ S juillet

J'ai reçu la lettre que vous m'avez adressée en date 4u 25 mars. J'ai entendu aussi les explications que m'a données de vive voix le porteur, qui se charge également de la présente.

Je dois aujourd'hui vous conseiller, comme je l'ai fai| au mois de novembre, de demeurer tranquilles dans^ l^

position oïl vous vous trouvez. Confiez- vous en la Providence ; confiez-vous aussi dans la justice des souverains allies, et ne doutez pas de F intérêt bien sincère que tous porte le gouvernement grec. Au moment où il le pourra, il ira au-devant de vos désirs ; il sera le premier à vous donner leS directions que vous devrez suivre pour trouver enfin le port de salut. Jusque-là, je vous le répète, restez tranquilles , et ménagez avec prudence et sagacité le pouvoir sous lequel vous vous trouvez. Il n'est pas à présumer que dans les circonstances actuelles les Turcs eui(-niêmes n'apprécient la sagesse de votre conduite. Dieu est grand, et dans sa miséricorde il ne vous abandonnera pas.

4' -^ X^aattelneutd /Uati^Jatted.

^j ^aanelneutJ /Ui

21 juio

Vous n ignorez pas. Messieurs, que la loi défend aux membres du conseil législatif de prendre aucune part directe ou indirecte à la prise en ferme des revenus de l'état. Cette loi doit avoir une application plus sévère à l'égard du gouvernement lui-même et de tous les employés, attendu que c'est à leur surveillance et à leur désintéressement que la nation confiée cette branche vitale de son service.

Les Informations qui nous parviennent de toute part nous font soupçonner que ces principes ont e'te' souvent méconnus pour le passe, et qu*actueUement même quelques employés du gouvernement seraient disposés à les méconnaître encore.. Il est de notre devoir de vous prévenir que, dès le moment où nous apprendrons que quelqu'un des employés qui sont sous votre direction aura pris une part directe dans Tachât des revenus qui ont été vendus ou qui seront mis à Tenchère, nous serons forcés de destituer cet employé, et d'articuler dans le décret de destitution les moti& qui auront nécessité cette mesure.

Il vous est enjoint de notifier le contenu de la présente à tous les employés qui sont sous vos ordres.

-- ,. 22 juin ^

Désirant mettre sous les yeux du quatrième congrès national un compte-rendu de chaque branche de Tadministration, je vous engage, Messieurs, chacun pour la partie qui vous concerne, à vous occuper de ce travail.

Vous vous bornerez à énoncer des faits, Cfa abandonnant les détails à Texamen que le congrès pourrait vouloir faire des différents documents dont vos archives sont dépositaires.

A LA DÉMOGÉRONTIB D^HYDRA. 201

Si le service dont vous êtes chargés ne souffi*ait pas de votre absence d'Egine , vous pourriez vous rendre à Argos, afin d*être auprès du gouvernement pour les affaires courantes, et pour lui fournir les renseignements dont il pourrait avoir besoin dans ses relations avec le congrès.

kS^ ^ ^Ô€^9noaeio^4€

«T 1. 26 juin

Vos collègues, MM. Tzamados et Orlandos , nous ont remis la lettre que vous nous avez adressée en date du 20 juin. Ils nous ont expose aussi de vive voix, avec les honorables sentiments qui les animent pour le bien-être de leur pays, Tobjet de leur mission, et lesmoti& qui vous portent à attendre avec impatience le résultat heureux de leur démarche.

Vous désirez obtenir Tinstitution d'un port franc à Hydra, et vous espérez ainsi procurer des ressources à la nombreuse population de Tîle.

Cette demande a été prise en considération par le Panhellénium; le principe en a été adopté, et le rapport sur lequel une délibération ultérieure devait avoir lieu expose, ainsi que vous le savez, les mesures auxquelles il faut pourvoir d'avance, afin de connaître si cette institution peut avoir lieu ou non. Il s'agit en effet de savoir

quels seront les fonds qu'on emploiera pour préparer matériellement cet établissement, et de quelle source on tirera ces fonds. Le conseil ministériel, qui a délibéré encore une fois sur cet objet important, reconnaît la nécessité de vous engager à nous indiquer, relativement aux fonds en question, les moyens dont vous comptez pouvoir disposer. Lorsque nous aurons cette information, nous n'hésiterons pas à porter votre demande aux délibérations du congrès national , et nous Tappuierons de nos bons offices.

Nous doutons que le port franc puisse offrir les ressources dont vous paraissez avoir un besoin immédiat, pour ofiFrir du travail et du pain à votre nombreuse population. Vous n'ignorez pas non plus que l'île de Spetzia fait la même demande, et qu'en obtenant la même concession , les avantages minimes du port franc ainsi partagés rendraient plus qu'illusoires les espérances qu'auraient conçues les populations de ces deux îles.

Cependant on leur a fait concevoir ces espérances. Il se peut aussi que si elles se trouvent déçues, ou parce que le port franc ne serait pas accordé en même temps à l'île de Spetzia, ou enfin parce qu'il ne produirait pas les bénéfices auxquels on s'attendait; il se peut, disonsnous, qu'on attribue un pareil résultat non à la nature des choses, mais au peu d'empressement ou à l'ingratitude du gouvernement central. Soyez donc sur voa gardes, et tachez de préserver le peuple de ces perfides insinuations; car à tout événement le gouvernemeat

Page 1